Car je veux continuer à faire entendre mes non et mes refus de compromis face à la torture devenue divertissement, face à la maltraitance qui abreuve l’économie, face au meurtre que l’on banalise, face au sadisme qui se fait école, face à la cruauté que l’on se permet de qualifier de belle, face à la glorification de l’humiliation, face à l’élévation au rang d’art d’une pratique qui exalte le goût dégénéré de la souffrance infligée à la différence, face à la basse, à la surtout fausse excuse de la tradition et de la culture qui autorise l’appel du sang encouragé et la mise à mort applaudie.
Je marcherai ce jour-là sous le soleil de mon Sud, assombri de honte, de douleur et de massacre institutionnalisés, officialisés, légitimés.
Je n’aurai donc pas chaud.
Mon sang se devra de rester froid. Mon sang restera froid.
Aussi froid qu’est chaud celui qui gicle en geysers des flancs noirs des taureaux, aussi froid qu’est bouillonnant celui qui éclabousse le sable depuis les ventres étripés des chevaux, aussi maîtrisé et fluide qu’est trouble et pestilentiel celui des bouchers et charognards des arènes.
Je dirai NON à la corrida, en m’imaginant être le plongeur sondant ce qui gît dans les yeux d’un bourreau, qui salive, en pensant au crime salarié qui lui permettra de torturer et de tuer, en étant satisfait, heureux, tranquille de sa situation d’infirme d’une conscience évolutive.
Je marcherai. Sans fatigue. Je dirai. Sans lassitude.
Et la Princesse aux Petits Pois marchera et dira.
Elle aussi.
Comme Eux …
- Eux, Elle, moi - ont décidés de vivre, debout, sans contrebalancer leurs opinions,
sans autoriser la décharge du vain, l’attentisme ou le déni à lapider leurs évidences,
sans voûter le dos de leurs convictions,
sans courber l’échine de leurs indignations.



















