Je remercie infiniment les deux interprètes qui ont partagé mon courroux le plus lacéré, avec la grande volonté de ceux qui ne savent pas se résigner.
Je remercie ce magnifique Petit d’homme, amoureux depuis toujours des bêtes à plumes, à poils, à écailles… et en particulier des grands mammifères marins.
« Quand je serai grand, je nagerai avec les dauphins » répète-t-il souvent, les yeux déjà émerveillés par les trésors que peuvent offrir les mystérieuses profondeurs.
Un jour, il est venu me voir, brandissant son quotidien et hurlant « Le massacre des phoques va reprendre ! Les salops ! Ils vont recommencer à tuer les phoques et à arracher leur fourrure ! ».
Il n’a pas encore 11 ans.
L’idée de photographier l’affliction qu’il éprouvait sur l’instant s’est imposée viscéralement.
Je lui ai alors proposé mon projet. Il m’a demandé ce que j’allais faire de la photo. A ma réponse, il acceptait de mettre ses pas dans les miens, dans le sang, d’agir.
Il a été curieux, attentif, patient et… fier, prêt à s’impliquer encore, plus tard, sans moi.
Ce Petit est un grand.
Parler. Dénoncer. Diffuser. Agir.
Je remercie la jeune Beauté, la charismatique Margritis, qui n’écoutant que son indignation face aux jeunes rombières qui suivent la mode en méprisant la douleur animale et les combats acharnés de leurs aîné(e)s pour faire cesser des massacres insensés, a surpassé son dégoût de la chair morte et glacée.
Avec la plus belle des convictions, elle n’a pas hésité un seul instant à porter sur son cou les animaux écorchés aux viscères qui tremblotaient allègrement, a supporté l’odeur persistante du sang sur ses mains, sur son corps et sur le sol de la pièce qui nous abritait.
Elle s’est relevée, aussi, après un insoutenable instant qui venait de lui révulser les yeux et la faire assoir quelques minutes, les épaules affaissées par la nausée.
Je remercie la jeune Beauté pour avoir également grandement participé à jouer avec moi de l’expérimentation, de la mutation des couleurs et de la lumière, afin de parvenir à l’idée précise que je me faisais du rendu des clichés.
Margritis, comme le Petit d’homme ont toutefois émis la même réflexion…
« Mais, te rends-tu compte ? Tu as tout de même acheté deux lapins morts pour faire ces photos… »
A tous deux j’ai eu la même réponse…
« Au moins, je peux me dire que ces deux là sont morts pour une cause, pour ma raison et non pour un goût sans conscience ou une mode sans cervelle».
Tous deux ont opiné du chef. J’étais alors satisfait.
Pour terminer ce commencement, je tiens à préciser l'une de mes importances :
Ces photographies n’ont pas pour but
de rester cloîtrées entre mes pages.
J’ai le souhait, l’espoir, que certains d’entre vous qui me lisez
à l’instant se sentiront interpellés et auront
l’envie de les saisir et de les diffuser, chez vous, ailleurs, autour.
Si ce vœu s’exauce, si ce partage s’exécute, je vous demande seulement de me joindre, ici ou par courriel (plaie-fur@live.fr), afin de me faire part de votre démarche, de m’indiquer le lieu qui me permettrait de suivre mes images et de lier mon article, ainsi que le nom de Margritis.
Et à présent, je me lance un corpulent défi, celui de trouver une belle carcasse de bœuf et le décor réel et glauque qui va avec.
Bien à vous