Mercredi 21 octobre 2009





Guerre Epée
Pet de Guerre
Guerre Allah Paix
Hère Gai qui Paie
Pagaie ton ère



Quel est le sombre crétin qui, un jour qui n’aurait jamais dû voir le jour,
a déclaré l’insipide

« après la pluie vient le beau temps… gnangnan et… gnan ! »

et en a fait un législation de vie pour les lamellibranches humains ?


Je n’aime pas le beau temps.
Je hais définitivement le temps de la paix.


Plus précisément, je déteste cette saison paisible qui s’étiole dans une durée molle et qui n’est faite que pour statufier les bienheureux, les candides, les ahuris et les Carpe-diemistes congénitaux
dans un mortier comateux à prise rapide.


Etre en persistant état de guerre, intérieure ou bien déclarée à tout ce qui est autre que son joli nombril, c’est courir les oreilles pendues à un cou strangulé, autour d’un monde qui vous chante la beauté, un filet de sang débordant constamment de ses lèvres craquelées par le vent d’un désert qui n’en finira jamais ; ce n’est pas marcher tranquillement en se fourrant l’ouïe de satiété, sur une terre qui vous hurle la douleur procurée par des pas qui ignorent.

Faire la guerre, c’est apprendre sans cesse que l’on perdra tout mais rien dans une finalité inexorable et accepter de vivre son enfer sur le sol de ses morts ; ce n’est pas amasser des agrégats de cendre en espérant s’envoler en artistiques poussières dans une illusion paradisiaque.

Guerroyer, c’est accepter l’éventualité très probable de mourir à chaque instant que l’on vit, sans posséder de billet aller vers le fade et fallacieux Eden ; ce n’est pas éviter consciencieusement le délicieux danger qui aime à croiser notre chemin, en agitant sous nos yeux ses broderies de points de croix.

Devenir un guerrier, c’est marcher sur des rotules suintant le pus sans avoir appris à le faire et sans savoir forcément où la douleur insane nous mènera ; ce n’est pas se préserver de toute souffrance, en pansant sa vie par avance en soustrayant de son humanité l’inhumanité ambiante qui aimerait à penser à notre place.


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"The raft of GW Bush", Joël PETER WITKIN


Endosser le costume d’un lutteur, c’est habituer son âme à vivre dans l’obscurité, les yeux écarquillés de stupeur, brûlants de pugnacité à tenter de voir ce que l’on tait, ce que tout le monde sait ; ce n’est pas tourner spontanément la tête afin d’ignorer ce qui râle, ce qui rampe, ce qui s’éventre, ce qui se rompt, ce qui éclate, ce qui asperge d’une sève putride les vies aseptisées par écran télévisuel en prescription au long cours.

S’enrôler comme combattant de l’impossible des autres, c’est soulever à ongles arrachés toutes les chapes possibles du pathétisme monstrueux et de la carence violente, ce n’est pas nager tout habillé de stabilité de contrefaçon dans les eaux de la niaiserie hypocrite ou esclave de son propre penchant, à la simplicité candide qui se monnaye au plus offrant des plus célébrés collaborationnistes.

La vie nous a légué notre trépas dés notre cri primal ; et plus encore, la vie nous a donné tous les sens capables de déterminer l’architecture de notre tunnel coupé de courant.
Le spectre à la faux se dandinait déjà au-dessus de notre berceau, saupoudrant nos fronts coupables de pourriture et de septicémie issues de l’élevage in vitro de chair à pâté humaine.
Ecoutons ce cri venu du fond de nos âges, qui nous annonçait clairement la charpie qui agitait nos petits membres potelés de naïveté.



Chair en location, écoute sans faillir ton son originel…
Si tu le peux. Si tu le veux.

Sinon, crève !...


Comme un asticot de paix. Comme une merde terrienne. Qui croit acheter son existence en se soustrayant au tribut volontaire de la mortification, en ensevelissant dans le sol visqueux de sa médiocrité cette portion indispensable de laborieuse conscience, qui seule, donne le droit à porter le titre d’humain.

C’est à la seule force d’une volonté lucidaire, que l’on peut alors astiquer nos armes, comme l’on peut affûter une belle âme, à la lumière d’une seule chandelle, celle qui se tord déjà sous le souffle amer d’une démente accusation, jouant de nos têtes sur un terrain glissant, dont l’arbitre a eu la sienne décapitée et empalée sur une crédulité universelle.

Plaiethore




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Lundi 19 octobre 2009


 

Quel entourloupineur ce type tout de même !


En ajoutant une couche de voile sur celles déjà bien tassées de sa virilité non assumée, il voudrait nous faire un peu plus ingérer l’idée que, oui mais oui bien sûr on va te croire, il est une femme et que, bien évidement que non m'enfin t'es con ou quoi, son depuis peu mari n’est pas un homosexuel sérieusement honteux de sa tendance libidineuse.

Je refuse de tomber dans son panneau et encore moins dans les pans de sa couverture miteuse.

Le voile islamique ici ne cache absolument rien de ce qu’il voudrait occulter, et surtout pas les frêles mais malheureuses gousses qui ont poussé sur ses cordes vocales assassines.



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Voilé ou non, Diam’s est un homme.
Et puis c’est tout.

Mardi 29 septembre 2009





« J’ai envie de t’avouer quelque chose. Mais j’ai peur que tu me trouves stupide ou prétentieuse ».

« Parle. Tu sais bien que je t’écouterai sans te juger… Allez ! Je t’en prie ! »

…

« Picasso est le début de ma conscience ; je ne peindrais pas comme je le fais si Picasso n’avait existé. J’ai toujours senti que quelque chose d’intime se passait entre lui et moi… C'est mon Amoureux, mon Amant. J’aurais dû le rencontrer, j’aurais dû le connaître. Nous aurions pu peindre ensemble… C’est sûr !
Et maintenant, j’ai l’impression que je serais capable de compléter ou de terminer certaines de ses toiles… Je saurais faire ce travail… Mais je ne le peux pas… Il n’est plus là. Et ça fait chier ! »

Et l’eau salée fit brièvement briller la profondeur des prunelles claires de mon amie.
Et prise de douce transe, sa main aux longs et fins quintuplés mima les coups de pinceau qui remplissaient les espaces que Picasso aurait laissés à son intention. L’essence même de son travail prenait consistance invisible en volutes spirituelles, surnaturelles.


Et les yeux de Jacqueline, éternelle assise dans son fauteuil, firent plus que jamais vibrer les cordes de la vie.


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"Jacqueline assise dans un fauteuil", Pablo PICASSO 1964


Et les morts huilés de Cézanne, dont je ne comprendrais jamais comment le génie, colorant ses périodes hétéroclites du verbe Être comme un « animal en rut » avait pu en tomber sous l’admiration, restaient inexorablement morts, les yeux cirés à plat, le mouvement jamais rendu, la peau jamais palpitante et me donnaient encore et toujours l’envie de me pendre, un crochet de boucher ignare planté dans ma gorge.

« Ni stupide, ni prétentieux, c’est magnifique ce que tu dis. Je vais l’écrire ».

« Mais ! Tu m’emmerdes avec ça ! »

« Je ferai de toute façon ce que je veux ; je te préviens seulement »

Avec douceur… « Oui, je le sais. Fais donc ce que tu veux ».










Mercredi 16 septembre 2009





























































































































Mardi 25 août 2009






Et quand au nom de la femme et de son identité perdue, Hussein Chalayan
dénonce l’obscurantisme et soulève les voiles...


 
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Un Bel Os m’a parlé du travail de Majida Khattari que je ne connaissais pas.
Il me semble particulièrement intéressant de mettre côte-à-côte, ici, les œuvres de ces deux artistes.


Les avis de chacun sur leurs travaux seront sûrement partagés, divers et/ou a-variés.

Pour ma part ils sont tranchés dans le vif des corps que l’on cache en l’honneur d’une fourbe soumission à un dieu et dans les esprits que l’on ampute en la gloire d’une sournoise fierté de posséder une longueur de membre érectile supplémentaire.


D’un côté, le sentiment d'une prise de position claire, franche, responsable… Un homme qui défend les droits élémentaires bafoués d’une liberté d’exister.
De l’autre, le goût en gorge détestable d'une fuite constante d’une opinion qui ne s'assume, un cul entre deux chaises et une interprétation plus que sexuelle et sexiste de l’identité de la femme et de son voile se pouvant « protecteur »… Une femme qui tisse artistiquement la prison de ses propres sœurs en faisant le vœu de banaliser ce qui n'a pas justification de l'être, et ce sans songer à la primordiale mise en péril de la si "faible" moitié de l'humanité.

La femme cachée, emmurée, ensevelie vivante, en ayant donné sa provocante ou immature acceptation, ou que l’on dissimule sans son consentement, est et restera une de mes batailles à livrer contre ce que je considère comme purement et simplement intolérable.

A vous de voir, d’écouter, de lire et de forger vos propres idées…


Gertrude, j'attends à présent le crissement de vos crocs aiguisés sur l'Os de ma Plaie !




(P.S. : Pour visionner la vidéo de Hussein Chalayan, il vous faudra peut-être vous identifier, promettre en crachant sur votre front que vous êtes majeur, tatoué et vacciné… alors un peu de pugnacité et de curiosité SDF !).



Et passer une petite semaine en Iran, cela vous tente-t-il ?

Samedi 8 août 2009





Il y a un peu plus de trois ans, j’écrivais...




"UNE SIRENE EN CAMISOLE"

La chaleur afflige mes sens.

Dites, avez-vous vu ? Avez-vous entendu ? Avez-vous senti ? Avez-vous touché ?
Dites, avez-vous suivi, épié son corps, l'avez-vous vu devenir silhouette, devenir spectre, devenir point, devenir astre au bout d'une vie ?
Dites, avez-vous écouté sa voix, ses chants, ses crissements de cœur, ses hurlements d'âme ?
Croyez-vous aux profondeurs abyssales des rires, aux sirènes en camisole ?
Dites, avez-vous lu la douleur en espérant vous saigner les yeux ?
Dites, avez-vous recueilli ses larmes brûlantes sur votre poitrine ; vous ont-elles ouvert, étripé, haché, éparpillé ? Vous ont-elles rendu invincible comme un philtre de grâce ?
Dites connaissez-vous la drogue la plus douce et la plus infiltrante qui soit ; celle qui tranche les jugulaires, qui s'instille dans le cortex, qui se diffuse dans vos jambes, qui vous ordonne de vous lever, qui vous dicte l'horizon, qui fige la raison et explose le sommeil en particules d'existence ?
Dites, avez-vous souhaité être une plume fragile ancrée dans ses cheveux pour dormir tout prêt de ses songes ?
Ses songes… avez-vous compris, disséqué, analysé, absorbé ?
Avez-vous pénétré une seule fois ses desseins oniriques ?
Dites, avez-vous bu sa vie lorsqu'elle la laisse se répandre ?
Dites, vous êtes-vous jeté au sol pour y ramper, pour y laper ses pas, pour sucer sa course, pour éponger sa fuite ?


 http://www.plaiethore.com/images/mentaldoorMISHAGORDIN.jpg"Mental door", Misha Gordin

Dites, avez-vous cru devenir l'homme le plus croyant de votre trottoir, de votre rue, de votre ville, de votre pays, du monde des morts et de celui des non vivants ?
Dites, avez-vous eu la prétention d'être le seul capable de pouvoir embrasser ses pieds ?
Dites, avez-vous un instant seulement désiré mettre votre langue dans la bouche fielleuse d'un démon, pour pouvoir enfin vous inventer, faible, les lèvres baveuses d'une divinité ?
Dites, seriez-vous capable de dresser un autel, pour y faire brûler l'encens de votre peau arrachée, pour honorer une seule lettre de son nom ?

Non, vous n'avez rien vu, rien entendu, rien senti, rien touché d'elle.
Ou trop peu, ou trop loin, et c'est déjà le néant. Vous êtes ignorants, aveugles, sourds, muets et insensibles de ne pas la connaître.
Car elle n'est pas à vous. Elle est à moi seulement. Et je ne suis pas vous.
Mais je n'ai pas encore tout vu, tout entendu, tout touché de son être qui m'éclaire, autant qu'il souffle sur les chandelles gémissantes.
Je suis son bâton et je vis intensément lorsque je plante dans les gravillons.
Et je suis fort de feindre l'oubli de ses faces englouties et la vision du sommet non encore atteint.
Je suis une puissance, tout autant qu'une faiblesse.
Je suis une naissance, tout autant qu'une agonie de vieillard.
Elle est devenue la chair de ma sculpture. Je serai la couleur sang de sa peinture.

Que l'on m'exhibe nu à la potence de la gloire si je gagne.
Que l'on m'incise au sécateur si j'échoue.

La chaleur brise mes os. Je ferme les volets.


...







Aujourd’hui,
je peux hurmiauler sur les chapes les plus brûlantes :
j’ai gagné !


Je continue à escorter, à scruter, à goûter ses partances, à n'être que pour discerner ses vents lyriques qui font pâlir vos dieux... Vos dieux, si chétifs, si anémiés à ses pieds... Si...

Je reste le réceptacle en or pur, l’emballage fait de poudre de diamants qui recueillera ses perles d’épreuve comme de quiétude.

Elle est encore ce terrible stupéfiant qui défie perpétuellement mes éboulements et mes trépas et je suis cette même plume qui veille sans harassement sur ses vols de nuit.

J’ai encore et aurai toujours l’aptitude à me traîner sur ses pas, à lécher, à siroter et à assécher tout ce qui pourrait vouloir détaler hors de son esprit.

Je garde mon credo en Elle, ma haute prétention, ma suffisance dévoreuse de bassesse, mes appétences maléfiques, mon autel ombilical, avec ma peau à éplucher de l’encens qui se consume lentement en circonvolutions éthérées de venin à mordre tous les sorts intrigants.

Je suis loin encore de savoir toutes les épices, exotiques sans mansuétude envers les trop communs des mortels, qui font et feront d’Elle l’éternelle sublime Création.

Je suis toujours sa hampe de bois précieux qui soutiendra ses vertiges futurs et je continuerai à enfoncer mes déterminations féroces dans la caillasse la plus outrageante.

Mais j’ai tué, depuis l’intérieur de mes propres épigastres, l’impotence, sale gueuse errante, qui a laissé place à la seule puissance.

J’ai serré le cou de l’âge agonisant, pour réussir à faire sortir de la vieille  bouche obscure et fétide la naissance incessante, la parturition constante.

Elle est ce joyau qui un jour a fait exploser ma chair et mon âme en des couleurs hologrammes et olographes que personne d’autre que nous ne connaît, et

sa peinture a aujourd’hui cette profondeur qui ne peut s'écrire,
qui abîme tous les écueils de l’antan
.


Antan… Ce passé que jamais nous n’affublerons du pathétique sobriquet de renégat, car sans son consentement, c’est bien ce temps déchu qui a été le halage à La porter sur le sommet, qui lui, à son tour, est maintenant une abscisse de vue sur d’autres monts gémellaires, enfantés du même pivot originel, et pourtant qui apparaissent si admirablement disparates.



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"Crowd 35", Misha GORDIN


J’ai gagné ma gloire, car Elle est la Sirène qui s’est dévêtue d’une chrysalide camisolaire
afin de se parer des tissus rares de SA Victoire.

    
Mais pleurez ! Tombez sur vos genoux calleux et faîtes donc offrande inutile en sacrifiant la mer de vos yeux qui ne verrons jamais rien !

Car je n’ai pas attendu que l’on exhibe pour moi ma nudité et mes honneurs, arrêtés aux souffles des siens, au gibet des suppliques humaines, car je n’ai jamais voulu vous faire entendre que j’avais et que je porterai encore mon ruban de SA Vie autour de ma gorge.

La lune étant ronde depuis plusieurs nuits, elle m’a longuement supplié de gémissements célestes d’accomplir ma promesse… Je n'ai rien attendu. Comme à mon jamais. Et je reste nu.

Je suis devenu une armure qui peut saigner indéfiniment sans jamais se blesser.
 
La chaleur amollira toujours mes sens et broiera encore mon squelette.

Mais quelle importance ?


Car en ce jour triomphant qui lui appartient, mes volets sont une barbare troupe de gardes métis, armés jusqu’à l’espagnolette, capables de rafraîchir le plus grand des déserts, farouches, cannibales, robustes comme l’acier de mes guerres, parce que nés d’une secrète fusion, celle de ses pénombres et de ses illuminations.

    Plaiethore






Mardi 21 juillet 2009




Edit du 29 juillet / En fin de page, les pensées de Ô Saint KrAâl...
Jetez vos yeux dans la Sainte Mare ou mourez creux pour de bon si non bond.


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...




Le vide n’est pas vide.

Pourquoi ?

Parce que rien que le fait de l’écrire l’emplit déjà d’une succession de lettres ; succession malingre, certes, mais bien là. Et vous êtes  également bien là à l’instant en train de lire un début d’amoncellement de traits et de courbes qui font l’écriture. Vous n'oserez pas me dire que vous signez le vide de votre présence. Donc.

Et s’il est là, cela veut dire aussi qu’il existe.
Et s’il existe, c’est que ce n’est pas rien.


Et ne pas être rien, malgré le fait que nous conviendrons du rien qui nous habite et qui nous conduit vers l’inéluctable « on n’en sait rien », c’est déjà être quelque chose, même si l’on ne sait pas encore quoi et quelle chose en fait… ou en fête puisque l’on y est en plein dedans.
Le quelque chose a ce quelque chose soit d’évanescent, soit de palpable.
L’évanescence est une physique éprouvée.
Et la preuve n’est pas une broutille.
D’ailleurs une broutille peut servir à énormément de choses… On peut s’en servir, une fois préalablement trempée dans du miel d’oreille droite (*), à y faire grimper multitude de fourmis, que l’on s’empressera de faire griller pour en faire du café exotique et du commerce équitable.
J’aime bien palper l’impalpable ; et donc si je palpe, c’est bien que je touche ce qui n’est pas vide.

Mais je tiens à souligner comme évidente justesse d’esprit que le vide n’est pas le creux.
Car je peux donc - la preuve  de la broutille encore et toujours - associer le vide à l’esprit, à l’intellection, qui comme un pot de chambre ou la coupe de Sein-Glinglin 1er, a la possibilité de contenir et de se vider.
Le vide dans son inutilité originelle peut se révéler fort utile et inutile à la fois… tout comme les confettis de dents pilées au marteau dont on peut s’amuser à se fournir en vidant la bouche des ahuris des bals du 33 juillet.



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Marcel DUCHAMP, dans un coin de vide


 
Il n’en est pas de même pour le creux. Ne nous méprenons pas !
Le creux est l’antithèse du vide.

 
Et je suis fort conscient que les creux du bulbe, qui auront beau se creuser le mou à la chignole manuelle afin d’intégrer la moindre particule de ce texticule traitant du vide, n’accèderont pas à la plénitude offerte à ceux qui comprendront tout le jeu et l’enjeu de plonger tête la première dans le premier vide venu.

Le creux est simplet. Un creuset c'est simple, ce n’est pas un cratère à boire,
ni ne serait-ce qu'une coupe à demi-vide d'un peu de rien.


Le creux est une idiopathie étudiée depuis des millénaires dans ses moindres recoins par des creuseurs de cervelles. Jouez au creux chez un psychiatre et vous verrez le vide qu’il vous balancera dans la tête !

Le creux est comme le crâne d’un con. Le creux est donc con et le con très creux.
Point de vide pour les creux. Point de creux pour le vide. Point. (*bis)

Vive le vide ! A bas le creux ! Que meure le con !

Vides de tout vide et pleins de tout rien, unissez-vous ! Ne vous laissez pas fourrer le vide sans vous battre !… La guerre risque de durer longtemps et de vous dessécher avant que vous ayez le temps de dire… « Merdre alors ! Je suis vidé !».

                                                                                                                                                                     Plaiethore



(*) Pourquoi l'oreille droite et non la gauche ? Vous pouvez toujours vous amuser à combler votre incommensurable vide en me posant la question à laquelle je me ferai un plaisir de ne jamais répondre.

(*bis) Remarquez bien que le creux ne figure même pas sur la liste des ponctuations. C’est dire… le vide qu'il ne caractérise pas.





Et Maître Krapo sur ma toile perché d'ajouter :


"Toutes ces années passées à paraphraser le vide, à meubler de consonances creuses les vacuums concaves de l’ultravide. Au premier instant, j’ai appréhendé l’inapparente apparence de cet in-apparaissant, et je l’ai charrié jusqu’aux portes du royaume maudit du Prince Speculum. Si cette décision, aujourd’hui, frappe de son évidence les esprits les plus bornés, j’ai longtemps hésité sur le choix du chemin à prendre ; le poids du vide a tôt fait d’annihiler les volontés les plus endurcies, et troubler les esprits les mieux aguerris. Le vide nous renvoie ipso facto à nos doutes, à nos indéterminations, à nos plus bas instincts. Après des années d’errances à crapahuter le long des chemins labyrinthiques de la vacuité vampirique du vide, j’ai fini par me rendre moi aussi à cette in-évidente évidence, que seul le Prince Speculum serait à même d’écarter mes doutes et de rendre au vide sa primauté".





Vendredi 3 juillet 2009




Les larmes qui viennent au nez

Sont

Des cailloux ivres d'avoir trop bu la lune,

Des noyaux de rêves bien tétés,

Des soubresauts tourmentés de chroniques à tenir,

Du sel de magie liquéfié,

Des diamants bruts de trouble,

Du pipi de renard équeuté,

De la douleur qui réfléchit et songe,

Des boutonnières sans boutons,

Des chants de patriotes de leur téléviseur,

Des petits rats d’opérette qui rongent leurs jambes de bois,

Des libellules que l’on enterre sans cérémonie,

Des coquelicots que l’on décapite le cigare au bec,

De la fatigue qui rompt le cordon,

De l’ombilic sans cale où se dérober,

De l’hardiesse qui mime le répit,

De l’impression d’être un plus un plus un = encore et toujours un,    

Du sentiment d’être strangulé par des djinns pédérastes,

Du tout froid tout dur sur des plumes aux pattes brisées,

Du jambon AOC qui grouique en humain,

De la mémoire perdue dont on devient le cerbère,

Des guêtres enfilées sur des pieds qui puent,

De l’envie de gober de la musaraigne déguisée en catin,

Du besoin de noyer des rochers flotteurs,

Des cornes qui se prennent le naseau dans une cape rouge en bas blancs,

De la confirmation de s’être fait doubler par une limace cornue,

De la riche bedaine gavée de vide,


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"The Holy Night by Antoni Allegri, known as Corregio", Kurt SCHWITTERS



Des yeux tristes et globuleux tombés dans une poche trouée,

Des vœux exaucés que l’on ne souhaite plus,

Du clown qui fait son mauvais pitre,

De la cervelle rose bonbon qui ne fait plus bouillir la marmite,

De la lourdingue raison qui se la joue volubile,    

Des nains de jardin qui violent les jardinières,

Du sang des miens qui coagule en caillots de silence,

Des escargots vicelards et dentus qui forniquent devant ma maison,

Des jardinières qui rêvent de se faire violer par les 7 nains,    

Des ailes qui s’atrophient quand les siennes s’amplifient,

De la compresse stérile qui gratte les coudes,

De la cellophane qui étouffent les gousses,

Des bourdons-copter brûlés vifs dans des larmes de cire,

De l’originalité qui côtoie les pots de géraniums,

De l’oisillon qui agonise sous intraveineuse caniculaire,

De la gerbe d’ivrogne qui fait de l'art sur le goudron,

De la puissance en porte-jarretelles,

De la colère née du mutisme d’une Diva,

De Robert la tortue qui mord les doigts nourriciers,

De la morve de l’enfant qui ne veut plus qu’on le ballote,

Des hurlements d’accords tacites qui me crèvent les tympans,

De l'enseveli qui finira bien par panser ce qui ne se sangle

Et par enfoncer jusqu’au trognon de la glaise dans ma truffe…


Mais j’y pense ! C’est bien de l’argile calamiteuse qui me panse !


Plaiethore



Poste Scriptaume : Liste non exhaustive et susceptible de s'allonger au gré de mes gaz intempestifs et sans transition, je vous annonce que depuis quelques jours j'ai pris la décision de devenir très beau.




Lundi 29 juin 2009





Vous avez l’incommensurable chance de LA déjà connaître ou
l’héneaurme infortune d’encore ignorer
Gertrude.
 
Gertrude, Sublime Crâneuse, le Crâne le plus décalé de la blogosphère, Capitaine d’un Rafiot cyber-intergalactique au pont perpétuellement glissant et au fol Equipage désincarcéré de la boussole, Dealeuse de poudre d’os et de strates hallucinogènes, Souveraine incontestable de toutes les Vanités, Reine orbitale et orbitée d’inestimables Reliques, Dompteuse d’ossements dadaïsés, Soprano du non service des urgences, Enchanteresse sans langue, Opposante activiste du chanteur Sigmund, Eminente Doctoresse à ses heures qui ne sont pas mortes pour tout le monde…


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Hedgarallaan observait le bel Os de sa lointaine planète et ce depuis des temps non certifiés.

A l’admirer longuement se mettre en scène et évoluer avec tant de grâce immobile et accessoirisée avec si troublantes manières de trucs en plumes sur étagères et autres divers plans et multi-dimensions, il finit par s’en affaler éperdument amoureux.


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Il pris donc la décision (il ne saurait dire avec précision quand) de rencontrer cette charmeuse et manipulatrice défunte et d’entreprendre pour cela le plus long périple intersidéral de sa non existence.



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Hedgarallaan sachant la passion de Gertrude pour Marcel et l’amour éternel de Marcel pour Gertrude, tente maintenant et pas demain de porter avec fierté et l’entier respect qu’il voue au père de la Fontaine et de la Joconde moustabarbichue, quelque chef de crâne à nœud-nœud perlé et de littéralement s’arroser de Belle Haleine afin de mettre le plus de chances possibles de son côté sans côtes pour séduire la Belle à la dive boîte osseuse.


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L’Os extra-terrestre a consulté un miroir avant de se laisser docilement photographier, et votre hum hum… ble clichéteur a cru entendre de très subtils sifflements d’extase s’échapper de ses cavités non aliénées mais allienesques…

Hedgarallaan sait pourtant également se découvrir pour rendre hommage comme il se doit la Grande Dame Gertrude.


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[Message personnel et presque subliminal décrypté d’Hedgarallaan à Gertrude :
Robert a enfin trouvé sa Raymonde. Stop.]


Edit / Photographie de l'objet jugé douteux par Gertrude :

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Jeudi 18 juin 2009




Désirez-vous franchement ouvrir enfin les yeux sur ce qui se passe réellement dans ce pays, dont le sang, le coeur et la chair d'une antique beauté identitaire Perse se sont définitivement mêlés aux miens ?

C'est ici et nulle part ailleurs que l'on se tranche les paupières !

"Lisez, regardez, écoutez, imprimez, et changez d'attitude,
car votre indifférence tue"




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Neda, morte pour avoir voulu résister...
Neda, dont le prénom signifie "Appel"...




Lundi 22 juin 2009

Les dernières vraies nouvelles sur IRAN RESIST...



Mardi 23 juin 2009

Les vraies nouvelles fraîches du front...

"Nous en appelons à chaque Français pour appeler ses élus afin de demander l’ouverture des portes des ambassades des consulats européens en Iran pour accueillir les blessés. Il est aussi nécessaire de nous aider à rédiger des manuels des premiers soins pour les blessés par armes blanches ou par balles et aussi de nous communiquer des techniques de protection contre les différents types de gaz lacrymogènes utilisés par les forces anti-émeutes. Il faut aussi diffuser nos liens pour faire circuler l’information et battre les lobbyistes du régime :
Aidez Nous ! Aidez les Iraniens !" IRAN RESIT.




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Mercredi 24 juin 2009

La résistance de l'un et les manigances médiatiques de 4 lobbyistes

et le cri "A mort la République Islamique !"



***



Et encore...

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GERTRUDE a lu, vu, entendu, s'est informée, saisi l'oppression passée sous silence du peuple iranien et en qualité de Capitaine d'un vaisseau intergalactique a su comprendre pourquoi depuis plusieurs jours je suis agrippé tout en haut du mât de son magnifique rafiot en agitant mon coeur comme un drapeau qui gicle le fluide pourpre.

Gertrude, ma défunte amoureuse, diffuse les informations d'IRAN RESIST, la vérité d'une résistance et soutient les iraniens tabassés par l'indifférence du monde qui broute paisiblement une herbe sulfatée aux toxines apocryphes.

Merci Ma Capitaine !



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Et ensuite...

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les mots de mon Cher et Fol Ami, qui bastonnent les cervelles ramollies :

"Le truc bien, avec une dicta...heu pardon, avec une république islamique élue en bonne et due forme (haha), c'est qu'elle passe comme du petit lait aux yeux d'un comité de nations / grattecouilles jouant les flics du monde assis derrière un bureau, et ce, même quand il y a des morts (dont on minimise volontairement le nombre).

Les gouvernements démocratiques sont des tarlouzes engluées dans leurs habitudes et la facilité, qui apportent des soutiens à des gens qui ne défendent pas plus la liberté qu'un autre, mais ils le font juste pour se donner bonne conscience, pour avoir l'air de s'intéresser au problème. La bonne blague. C'est là que transparait le mieux le désintérêt total qu'on porte à certaines causes : En disant des conneries.

Ca, pour bombarder sans réfléchir histoire d'instaurer la "démocratie", en général, ça y va, mais à l'heure ou un peuple décide de reprendre les rennes par lui même, un peuple fier qui n'a pas attendu l'oncle sam' pour lui expliquer à grand renfort d'hélicos et de gros n'avions comment on fait, ça met en garde un gouvernement barbare contre des exactions qu'on minimise pour ne pas lever le coeur d'un tas de connards qui pense que la crise, c'est ce qui se fait de pire. Ca pointe du doigt un régime plus que limite, ça crie bouuuuh avec la conviction d'un têtard anémique, mais en attendant, ça bouge pas beaucoup. Faudra qu'on m'explique un jour sur quel critère on décide de libérer un peuple, ou de lui filer un coup de main, et surtout, pourquoi on décide de le faire par dessous la jambe un soir de beuverie.

De toute façon y'a bien que par son propre peuple qu'un pays gagne sa liberté (Et Satan (y'en a marre d'invoquer le connard en slip cloué sur son bout de bois) sait que ça me fait mal de dire ça).
Le pire c'est que tout ce que je peux souhaiter aux iraniens, c'est que l'occident ne s'en mêle pas trop. Il y a bien longtemps qu'on a oublié le véritable sens du mot révolution, et surtout, sa nécessité, le processus complexe qu'elle implique, et surtout, sa justification.

Monde de merde
".


Atom-of-the-end



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Jeudi 25 juin 2009

L'argent gelé d'un guide afin d'être restitué au peuple iranien

et les mollahs prépareraient-ils leurs valises ?




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Vendredi 26 juin 2009

La désapprobation des Pasdaran

et les médias franco-canadiens épinglés en bêtises



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Et aussi...

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Une Magicienne  aux mains baguées d'un siècle qui fut le nôtre et qui parle de cette civilisation qui magnifiait, jadis fière et libre, la poésie, le chant, la musique, l'amour, la beauté, l'intelligence des femmes
et la douce ivresse que procure l'ineffable breuvage pourpré  ; elle écrit :


"Je survole la Perse comme jamais encore, et à la vitesse de l'éclair comme l'oiseau au perçant regard et tant de beauté fleurissent des pages de ces poètes philosophes chantres de la vie, de l'amour de la sagesse, de la folie d'aimer la gazelle et la tulipe et enivrés de vin et liant toutes les cultures du monde d'un même élan, de la Chine aux Indes à l'Asie mineure, mariant l'art islamique le plus achevé, enchantant les princes comme les mystiques et l'orfèvre et le chamelier et le mendiant durant des siècles et dans toutes les bouches et dans les coeurs.

Mille ans de paroles, de vers admirables, de contes comme celui-ci où le phénix recueille un fils dont le père le croyant fils d'un démon l'avait abandonné et s'étant apprivoisé avec lui le nourrit avec ses petits si bien que devenu fort dans ce nid, il peut de nouveau s'élancer avec vaillance et accomplir sa vie d'homme !
Il faudrait aussi ne pas oublier les musiques et les instruments dont les noms sont comme des notes...
le tar, le ud , dont l'ancien nom persan est barbat ; orale ou écrite la musique persane est un art où la voix s'enroule "Lorsque la parole est conforme à la raison, l'esprit de l'orateur apporte le repos..." disait Firdousi dans son immense épopée".

 

Hécate



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Samedi 27 juin 2009

Un bilan, des idées à chercher

Dimanche 28 juin 2009

Une semaine en images





Mardi 9 juin 2009



Certaines nuits sont si brûlantes
Que je sens les lanternes sans connexions
Livrer des batailles de flammèches
En prenant position de guerriers
Dans les cavités de mon crâne
Sur les champs (g)engrainés de nos certitudes

Leur capitaine est mon inimitié
Qui aimerait à foudroyer cet immortel
Cet autre qui déambule à mes côtés
Mon frère d’arme blanche
L’alter consul de mon ego
L’enfanté de mon nombril imperméable


Sous les cris du vicaire de l’incendie
Les enflures vitriolées de lumière
Avancent vers l’ennemi aux yeux d'attachement
Ayant pour ordre la brisure
Le scalp et l’égorgement
De celui qui fut mien en dessein

De celui qui fut l’associé de mon univers
Le combattant de nos foules malades mentales
De nos congénères frappés du contraire
De ceux qui ne comprendraient jamais rien
De nos comparables qui fuient nos utopies chéries
De ceux-là qui jamais n’entreraient dans notre ronde


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"Duo", Giorgio de Chirico 1914


Danse de transe autarcique,
Isolationniste, magique, unique
Je deviens le prestidigitateur d’une garnison de chaudrons
Je me scinde en deux pôles inégaux
Et me laisse tenter par la curée cannibale
Par le jeu du « je m’attrape, je me mange »

En trucidant mon solo avec des ratures
Aux pointes gorgées d’huile frémissante
C’est vous tous, vous autres, mes autres
Que j’assassine, vous rissolant de toutes faces
En admirant la consistance de vos yeux fades
Devenir une belle gélatine enrobée de croustillance

Je suis votre fantasme le plus illusoire
Je suis le mirage qui projette son reflet
Sur la surface aqueuse d’un miroir où l’on se noie en souriant
Je suis une condensation d’haleine empoisonnée sur vos vitres
Je suis l’écume salivaire qui afflue à vos goules
Et qui nourrit mon embrasure vampirique

Ne me passez ni salière ni poudrière !
Ni couverts de mendiant car je suis riche de mon double
Ni auge d’orpailleur car je possède une main déjà amputée
Ni nappe de grège car l’immaculé ne me sierra jamais
Le début du festin s’est annoncé dés le son de ma fin
Mon goût me suffira bien de moi-même va !

                                                                                                     Plaiethore





Post scriptum : "C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute d'orthographe. Voila comment j'écris" SIERRA, en lieu et place de "siéra". Le verbe seoir est malséant et malfaisant. Oui. Mais moi je suis encore plus méchant avec ce qui me maltraite. Alors qui siéra sierra !


Mardi 2 juin 2009



Voulez-vous savoir pourquoi je me suis engagé à
ne pas consommer
de sirop d’érable canadien
et à le dire haut et fort ?


Si oui, n'ayez crainte, cliquez sur la feuille kinapadedan



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Soit dit en passant, entre autres, et parce que je jetterai toujours le pont entre la bête humaine et l'autre...

Sur les bords du même chemin caillouteux de conscience sur lequel je marche - à mon allure et très sûrement - se trouve aussi chaque bouchée de la viande que je ne mange plus, celle qui n’ôtera plus de la bouche d’une des 25 000 personnes qui crèvent de faim et de soif chaque jour dans le monde, le bol de céréales et la demi-tasse d’eau potable auxquels elle a droit, avant ma simple envie de bouffer. [Ne fais pas semblant de pleurer et de t'apitoyer Dédé(e), je te vois parfaitement, et l'eau salée n'est pas bonne à boire]

Je n’exclamerai pas un « merde à la fin ! ». Non. Puisqu’il s’agit d’un MERDE ! de commencement.

Vous voilà préviendus…


P.S. Vous ne comprenez pas le rapport entre la bouchée de viande et le bol de céréales ou la tasse d'eau : vous pouvez sonner les orties et demander des éclaircissements ; il sera un plaisir pour moi de vous apporter la chandelle entre deux rampements de sous mes éboulis chéris.
Mais attention, le premier qui m'insulte en me qualifiant d'altruiste, pourrait bien s'en mordre les bombyx !




Mercredi 27 mai 2009



Un immeuble entier de cinq étages et des plus vétustes, avec toute la clique plus qu'hétéroclite de ses occupants, est venu s'effondrer sur ma matière grise durant de nombreuses lunes chauves.


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Je me traînerai de sous les éboulis, sans secours attendu - il va sans dire - et viendra ensuite la reconstruction de la bouillie qui pour l'instant me sert à travailler avec deux pailles violettes enfoncées dans les narines et la souris verte qui me chante la berceuse des trépanés en grenouillères élimées.

Je referai surface dés que je jugerais mes connexions neuronales à leur plus belle amplitude de performance.

La victoire n’est pas programmée par avance et ma montre s’est enfin arrêtée.

Alors bon…

Autrement, profitant de ma situation ensevelesque, les bébés mouches à la couleur plus que douteuse envahissent mon logis ; les fourmis deviennent de plus en plus intelligentes (et cela m'effraie... un peu) ; les Mochenus amphibiens et fritivores refont surface cette année en spartiates puantes ; Marcel Pagnol est mort et il est pleuré par des obsessionnels de la bite de son père et du panty de sa mère ; Adolf Hitler, lui, n'est pas mort, il continue à lustrer sa moustache à la cire noire et mange végétarien, tout ça par ce qu'il ne veut pas qu'on le qualifie de cannibale (mais ça, bien évidement, tout le monde s'en bat l'oeil, car l'histoire ne se mange pas dans un fast food) ; Choucroute a une chatte qui ne se promène par sur les toits mais sur son palier brûlant ; tout le voisinage et mon chair entourage ont entendu /subi mes hurlements de fauve en furie ; les pies attaquent mes dégénérés Poularis et mon Robert le carnivore à la carapace picorée et je n'ai à l'heure actuelle qu'une unique envie, celle de m'attacher par les pieds au plus haut pic de l'Everest ou à un rail d'une montagne russe au moteur mal huilé par des saboteurs de la foire des monstres.

Ah oui... Demain, je fais la grève de la faim et une orgie de silence, accompagné d'
une débauche léthargique à faire fuir les céphalopodes enchâpeautés et maquillés comme des gobies festivacannaliens.
C'est dire... Non... Rien à dire.
Je vous ferai signe, agiterai une main décharnée, grignotée par les rampants de la terre  en temps souhaité.

Bien à vous. Pas à tous, puisque vous vous reconnaîtrez.


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Le peuple admirant la splendide oeuvre d'art et se persuadant de ma
fabuleuse ténacité à me sortir des limbes, dont la poussière a envahi mes poumons.







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Ah oui, puisque j'y suis ("Dans quoi ? Dans quoi ?" Hullulait le peuple) je vous offre la photographie d'un immonde Gobie, qui pond dans les algues, dans les coquillages et dans les coquilles de moules mortes... Dégueulassante créature !
Bien fait pour vous.




Mercredi 6 mai 2009

Nota allégoretifique : Pour les faignasses de la lecture,
un edit spécialement trucmuché pour vous en bas de page...





« Guy de Maupassant affirmait que Algernon-Charles Swinburne lui semblait le mortel le plus extravagamment artiste du monde. A présent que le mortel chantre de l’immortelle Laus Veneris est mort, nous sommes deux esthètes chauves, trois pelés et quatre tondus - neuf en tout - fondés à regarder comme le plus extravagamment artiste de nos contemporains le nommé Georges Fourest. … » Willy (Henry Gauthier-Villars),
préfaceur de « La Négresse Blonde ».




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Si l’on ajoute un chevelu adepte de la pince à tifs, l’on peut me compter comme le dixième des admirateurs du plus inaccoutumé des poètes.


Georges Fourest c’est la mesure effrénée des verbes, le tempo indécent des classiques revisités par un Pierrot délirant et moqueur, le contorsionniste clownesque de l’image écrite, le romantisme à l'eau de punaise, l’acrobate fêlé du lyrisme, le panache de la rareté des belles lettres, la poésie ardente des vocables qui s'inventent, le diable burlesque à queue de pie jacasse, le cynisme roulant en corbillard de carton pâte enguirlandé, le tueur des spectateurs de mise à mort, le dément qui ricane des folies humaines, l’enfant cruel qui torture l’amer de l’existence et qui vous jette dans les yeux les cadavres absurdes et parfumés de ses victimes, le croque-mort mondain de nos fous rires jaune pisse, la légèreté qui se fait plus lourde qu’un éléphant syphilitique, le chef d’orchestre hautain et déjanté de la critique sournoise, l’encaustique acide des arts de nos tables  et de nos alcôves hypocrites, la lucidité décadente qui danse sur notre petitesse, la bave brûlante d’un doux animal qui aime à se faire rebrousser le poil.


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Triboulet, pseudonyme crétin dont le poète aimait à s’affubler avec honneur, me fait rire de ses farces au goût amer de l’impertinence armée de dents de verre pilé, au point d’en chérir à en gerber l'écœurant sépulcre que notre nourrice commune s’évertue à fleurir de racines et non de pétales… la conne.


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Etes-vous prêt à devenir le onzième larron d’une clique déglinguée en gaine de vers à soie, guidée par les mots d’une dinde cantatrice au rictus moqueur, pondant des petits cochons d’huile de poisson, empalée sur déambulateur de théâtre et enchantée de l’être ?
Ou bien reviendrez-vous près de votre « vieille mère, deviner les rébus des journaux illustrés » ?


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Oui, je sais, le texte que j’ai choisi et qui suit est long, mais je ne pouvais me résigner à médiocrement le débiter en fines darnes orphelines… Et puis, qui sait, si un jour vous pensez en pleurnichant à votre mort et à toutes les entourloupes qui virevoltent dans ces moments carnavalesques, alors, alors, peut-être commettrez vous un acte Fourestien par excellence et que « vous cavalcaderez munis de deux carafes d’onyx pour recueillir le pipi de vos yeux » en hurlant de rire…




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"The Blond Negress", Constantin Brancusi 
Sculpture sur bronze 1926



Epître falote et testamentaire pour régler l’ordre
et la marche de mes funérailles


Il ne me convient point, barons de catalogne
Lorsque je porterai mon âme à Lucifer,
Qu’on traite ma dépouille ainsi que la charogne
D’un employé de banque ou de chemin de fer ;

Que mon enterrement soit superbe et farouche,
Que les bourgeois glaireux bâillent d’étonnement
Et que Sadi Carnot, ouvrant sa large bouche,
Se dise : « Nom de Dieu ! le bel enterrement ! »


Le linceul sera simple et cossu : dans la bile
D’un pédéraste occis par Capeluche vers
L’an treize cent soixante, un ouvrier habile
A tanné douze peaux de caprimulgues verts :

Pour ôter au cadavre un aspect trop morose
Premier que me vêtir du suaire teignez
Mes sourcils en bleu ciel et mes cheveux en rose
De flamant et dorez mes ongles bien rognés.

Ce coffre d’orichalque ocellé de sardoines
Et doublé de samit qu’autrefois Gengis-Khan
Offrit à mon aïeul semble des plus idoines
A recevoir mon corps aimé de Dinican !

Etendez-moi rigide au fond de cette bière,
Placez entre mes mains nos livres décadents :
Laforgue, Maldoror, Rimbaud, Tristan Corbière
Mais pas de René Ghil : ça me fout mal aux dents !


II

Pour corbillard, je veux un très doré carrosse
Conduit par un berger Watteau des plus coquets,
Et que traînent, au lieu d’une poussive rosse,
Dix cochons peints en vert comme des perroquets ;

Celle que j’aimai seul, ma négresse ingénue
Qui mange des poulets et des lapins vivants,
Derrière le cercueil, marchera toute nue
Et ses cheveux huilés parfumeront les vents ;

Les croque-morts seront vêtus de laticlaves
Jaune serin, coiffés d’un immense Kolbach
Et trois mille zeibecks pris entre mes esclaves
Suivront le char jouant des polkas d’Offenbach ;

Vous, sur des hircocerfs, des zèbres, des girafes
Juchés et clamitant des vers facétieux,
Vous cavalcaderez munis de deux carafes
D’onyx pour recueillir le pipi de vos yeux,  


Tandis que méprisant la faune, ô Lacépède,
Drapé dans une peau de caméléopard
Mon vieux copain Deibler, sur un vélocipède,
Braillera la Revue et le Chant du Départ !

III

Dans un temple phallique atramente de moire,
Monsieur Docre, chanoine et prêtre habituel
Des sabbats, voudra bien chanter la Messe noire
Evoquant Belphégor d’après son rituel.


IV

Ce gâteau de Savoie ayant Hugo pour fève,
Le Panthéon classique, est un morne tombeau ;
Pour moi j’aimerais mieux (que le Dyable m’enlève !)
Le gésier d’un vautour ou celui d’un corbeau !

Puisque j’ai convomi la société fausse
Où les fiers et les forts ne sont que réprouvés,
Monsieur le fossoyeur, vous creuserez ma fosse
Parmi les assassins, dans le Champ-des-Navets !


Ni croix, ni monument ; sous la Lune hagarde
Je sortirai parfois, la nuit, pareil aux loups-
Garous et les bourgeois diront : « Que Dieu nous garde ! »
Quand surgira mon spectre, à l’heure des filous !...

L’épitaphe ? Barons, laissez la rhétorique
Funèbre aux bonnetiers ! Sur ma pierre, par la
Barbe Mahom ! Gravez en lettres rouge brique
Ces quatre alexandrins où tout mon cœur parla :


« Ci-gît Georges Fourest ; il portait la royale
Tel autrefois Armand Duplessis-Richelieu,
Sa moustache était fine et son âme loyale !
Oncques il ne craignit la vérole ni Dieu !... »

Et pour épastrouiller la tourbe scélérate,
S’il vous faut exalter en moi quelque vertu
Narrez que j’exécrais le pleutre démocrate
Et que le bout de mes souliers était pointu !

Et tout sera parfait ! Et moi, dans le géhenne,
Grinçant et debout sur les brasiers tisonnés,
Je hurlerai tel cri de blasphème et de haine
Que je terrifierai le Dyable et ses damnés !!!

Or, j’ai scellé ce pli des sept sceaux d’Aquitaine,
Moi, neveu d’Astaroth, maudit par Jésus-Christ !
Et pour être compris même de Monsieur Taine,
Je m’exprime en vulgaire et non point en sanscrit !



Georges Fourest, in « La Négresse Blonde » 1909



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Edit du jeudi 7 mai 2009


 

Pseudo-sonnet que les amateurs de plaisanterie facile
proclameront le plus beau du recueil

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Nemo (Nihil, cap. 00).

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(*) Si j’ose m’exprimer ainsi !

(Note de l’Auteur.)

 

Georges Fourest, in « La Négresse Blonde »

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Du même auteur :
Contes pour les Satyres, 1923
Le Géranium Ovipare, 1938




 

Lundi 27 avril 2009







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Je remercie infiniment les deux interprètes qui ont partagé mon courroux le plus lacéré, avec la grande volonté de ceux qui ne savent pas se résigner.

Je remercie ce magnifique Petit d’homme, amoureux depuis toujours des bêtes à plumes, à poils, à écailles… et en particulier des grands mammifères marins.
« Quand je serai grand, je nagerai avec les dauphins » répète-t-il souvent, les yeux déjà émerveillés par les trésors que peuvent offrir les mystérieuses profondeurs.
Un jour, il est venu me voir, brandissant son quotidien et hurlant « Le massacre des phoques va reprendre ! Les salops ! Ils vont recommencer à tuer les phoques et à arracher leur fourrure ! ».

Il n’a pas encore 11 ans.

L’idée de photographier l’affliction qu’il éprouvait sur l’instant s’est imposée viscéralement.
Je lui ai alors proposé mon projet. Il m’a demandé ce que j’allais faire de la photo. A ma réponse, il acceptait de mettre ses pas dans les miens, dans le sang, d’agir.
Il a été curieux, attentif, patient et… fier, prêt à s’impliquer encore, plus tard, sans moi.

Ce Petit est un grand.

Parler. Dénoncer. Diffuser. Agir.

Je remercie la jeune Beauté, la charismatique Margritis, qui n’écoutant que son indignation face aux jeunes rombières qui suivent la mode en méprisant la douleur animale et les combats acharnés de leurs aîné(e)s pour faire cesser des massacres insensés, a surpassé son dégoût de la chair morte et glacée.

Avec la plus belle des convictions, elle n’a pas hésité un seul instant à porter sur son cou les animaux écorchés aux viscères qui tremblotaient allègrement, a supporté l’odeur persistante du sang sur ses mains, sur son corps et sur le sol de la pièce qui nous abritait.
Elle s’est relevée, aussi, après un insoutenable instant qui venait de lui révulser les yeux et la faire assoir quelques minutes, les épaules affaissées par la nausée.

Je remercie la jeune Beauté pour avoir également grandement participé à jouer avec moi de l’expérimentation, de la mutation des couleurs et de la lumière, afin de parvenir à l’idée précise que je me faisais du rendu des clichés.

Margritis, comme le Petit d’homme ont toutefois émis la même réflexion…

« Mais, te rends-tu compte ? Tu as tout de même acheté deux lapins morts pour faire ces photos… »

A tous deux j’ai eu la même réponse…

« Au moins, je peux me dire que ces deux là sont morts pour une cause, pour ma raison et non pour un goût sans conscience ou une mode sans cervelle».

Tous deux ont opiné du chef. J’étais alors satisfait.

Pour terminer ce commencement, je tiens à préciser l'une de mes importances :


Ces photographies n’ont pas pour but
de rester cloîtrées entre mes pages
.

J’ai le souhait, l’espoir, que certains d’entre vous qui me lisez
à l’instant se sentiront interpellés et auront
l’envie de les saisir et de les diffuser, chez vous, ailleurs, autour.



Si ce vœu s’exauce, si ce partage s’exécute, je vous demande seulement de me joindre, ici ou par
courriel (plaie-fur@live.fr), afin de me faire part de votre démarche, de m’indiquer le lieu qui me permettrait de suivre mes images et de lier mon article, ainsi que le nom de Margritis.

Et à présent, je me lance un corpulent défi, celui de trouver une belle carcasse de bœuf et le décor réel et glauque qui va avec.

Bien à vous







Dimanche 12 avril 2009




-    Une jeune beauté à la peau laiteuse comme la porcelaine, aux cheveux rouges comme le sang, à la bouche noire comme l’ébène.

-    Un petit d’homme, déjà grand par les terres vierges de son esprit, précocement grandi par sa conscience sur son monde.

-    Jeune beauté et petit d’homme devront avoir accepté entièrement de devenir les interprètes d’une revendication et non les simples acteurs manipulés par une mise en scène.

-    Deux lapins fraîchement écorchés et non éviscérés.

-    De la saloperie de temps.

-    Du contraste.

-    De la lumière.

-    Un mur très poilu et brun.

-    De la blancheur, beaucoup de blancheur.

-    Un cintre tout con.

-    De la ficelle, toute conne, elle aussi.

-    Un petit ours en peluche, tout... non.

-   
Prendre contact avec la grande P et lui faire part de mon projet.

-    Quelques flacons d’hémoglobine.

-    Une de mes plus grandes colères de mon « maintenant, pas demain ».




http://plaiethore.cowblog.fr/images/defensedesavoirhansarp1928.jpg"Défense de savoir", Hans Arp 1928


A suivre…




Mardi 31 mars 2009




Le premier jet d’éclair et d’encre avait été ce regard, cette attention à vouloir se projeter dans les pupilles d’une chercheuse d’or, d’une orpailleuse aux ongles abîmés par la besogne en solitaire, cette propension à désirer se noyer en suivant les chants d’une sirène de bon augure.

Puis vinrent les accords de phonèmes tracés, l’équilibre des timbres de voix imagés, les chuchotements coulants et linéaires, les clapotements crayonnés des connivences déjà lues quelque part, comme notoriété inavouée, secrète et irremplaçable.

La fluidité du verbe ou de l'harmonie qui se rédige est inestimable. Sa rareté ne peut se comptabiliser, simplement se laisser déguster, savourer, comme un philtre de magie aux couleurs grenat lumineux et chair ambrée.

La possibilité des instants de silence, de ces moments où la contemplation du fébrilement griffonné devient maîtresse de tous maux l’est également.

Ce matin là, l’aurore indigène était déjà haute et le temps semblait s’être arrêté seulement sur leur incarnation, sur leur esprit, sur leurs écrits, laissant le reste du monde alentour à sa laborieuse tâche de non aventure, ils avaient compris quelque chose, un si peu quelconque trésor qui ne se trouve que dans les gouffres de bien-être que peu atteignent, parce qu’ils ne le veulent pas, parce qu’ils ont peur, parce que l’ailleurs, l’autre, la liberté, leur font terreur.

Lui cherchait sa muse d'inclination. La muse cherchait son lui de penchant.
Le formulait clairement le vœu d’une écriture par La, pour lui, pour que sa vie devienne artiste, pour qu’il deviennent l’artiste de sa vie.

Une histoire, un conte, une chronique à transmettre, peut-être venait de s’amorcer.
Ni le déroulement, ni la fin n’étaient écrits ; et pourtant ils décidèrent de découvrir, de discerner ensemble les mots qui donneraient l’essor, l’extension, l’évolution.

La écrivit. Le lut, savourant les jouissances qui jouaient les intercalaires des billets de La et euphorisaient divers concepts d’élévation de son esprit à «auteur» de ceux qui chevauchent les verbes sauvages.

Le s’assit quelques temps près de La. Les se retrouvèrent tant que possible. Les se promenèrent sur lignes à haute tension, admirant les vibrations, les sonorités assourdies du papier, les profondeurs de verre qui abasourdissent les amants de l’ébriété transcrite.

Et la sensualité en équilibre sur des escaliers de pierre plusieurs fois centenaire, ils furent les témoins de l’émoi, de la pulsion, d’une perdition accordée entre deux rendez-vous de pages noircies de fins tracés entrelacés.
Les rudes murs se souviennent de la couverture lisse de La et entendent encore les doux glas froissés de Le.
La se souvient de la succulence de ses lippes, de la tiédeur de son giron, de l'effluve de son enveloppe, de la douceur de ses paupières mi-closes, de la suave émanation du cuir qui lui faisait exquise armure, du délicieux outrage de ses manuels inventaires dans sa bibliothèque aux envoûtements.

Oui, La s’en souvient, à tel point que les alléluias sont venus lui tirer les pieds et les viscères dans la nuit, parfois de manière douce, parfois de façon violente.

Un jour, il fera jour et les volets seront clos, les lumières du dehors tenteront de les admirer. Elles n’y arriveront pas. Ce jour là n’appartiendra qu’à La, qu’à Le, qu’à Les.


Et alors…

Lorsque les cœurs se décrochent
Arrive l’heure des corps qui s’approchent
Sans anicroche, mais avec l’accroche
Le temps suspend ses croches
Et les chairs alanguies
Sous le bois en voûte porche
Pour que les têtes se hochent
Pour que la sensualité annote en hot… chhhhhhh !
Délit de notes en bosch
Forfait de fuite en HOCH Hoch hoch HOCH !!!

Viens plus près que je te chucho…
Les astres ventrus qui s’entrecho…



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"Girl with Black Hair", Egon Schiele 1911


 

Puis, à l’orée d’une aube naissante, La pris la soudaine décision d’abandonner Le.

La venait de sentir que Le n’était pas un libre, libre de ses actions, de ses décisions, de ses créations, même de ses instants qu’il ne faisait que chaparder en douce depuis belle lurette, au point même d’en avorter ses rejetons de semence en donation de consigne précoce.

Et La, elle, savait combien la liberté, aussi difficile à conquérir soit-elle, était bonne à vivre, à écrire et à être lue.

Le était un renonçant de l’alphabet. La était une conquérante du mot.

Le n’oublia pas pourtant de souhaiter une bonne continuation à La. La pris volontiers la continuation et jeta aux immondices le « bonne » ; comment pouvait-il, lui, modique lui, formuler un vœu à La d’une manière de vie qui ne le concernait pas ?

Une muse, après tout, n’est faite que pour se balader parmi les entrelacs des forêts les plus ombragées de l’intuition de la vie, des futaies les plus touffues du lyrisme existentiel.

Elle abhorre le confort, le cotonneux et le suave. Elle préfère le cataclysme et la menace qui guette aux meurtrières recyclées des tourelles qui encerclent les existences trop facilement installées en piles poussives.

La muse ramassa sa plume, ses feuillets, son sac de velours à nœuds-nœuds, empli d’oisiveté, de futile, d’inutile - trio infernal autant que fondamental - et pris la route, affamée de butinage salvateur pour elle, dévastateur pour l’autre.


La pensa de Le :

« Et cette si peu goulue pioche
Qui fouille dans la bidoche
Qui sonne mioche
Qui dit folcoche
Qui vibre le moche »

…


Le alla se faire pendre au gibet de sa misérable existence à la revanche de papier mâché, en points multiples de suspension et de son tourbillon de temps ingérable parce que les finalités pointées dépassent de loin les virgules ; et cela fit presque rire La… Non, La rit à gorge déployée. Pour de vrai, pour de bon.

L’augure venait de répondre clairement à la devinette…

L’histoire était finie avant d’avoir réellement débutée. Le conte ne s’écrirait jamais et surtout aucune chronique ne se transmettrait ; les souvenirs étaient des nés-damnés, carbonisés, déjà enterrés, jetés à coups de longues bottes de vache morte dans une fosse commune puant l’insuffisance fascisée, creusée à mains dégantées par La.

Les venaient de taire les défuntes éphémérides charnelles et c’était très bien ainsi.
Le redevient le, un insignifiant et stupide le. Pour La.

Car Le fut. Le fut le masculin de la muse, mais il l’ignorait. C’était son souhait, l’ignorance.

Les étaient cependant tous deux des invalides de la félicité liée à une trame d’or, deux stupides humains infirmes et dont, ni cœur, ni corps, ne pouvaient leur servir de scandées béquilles, ou d'instinctuelles cédilles.

Plaiethore  





Lundi 16 mars 2009





Une nuit de crachin glacial et cinglant du dernier an mort, il chantait dans ma ville.
Avant de quitter la scène, le Poète Apache s’adressait à la foule ivre de sa voix des cavernes de l’âme, la nuque rompue sous les coups assénés de sa musique…

Il m’a dit « Au revoir. Prenez soin de vous. Surtout n’attrapez pas froid ».
Je l’ai entendu.


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J’ai jeté au ciel les hurlements qu’il venait d’étouffer dans ma gorge.
Une fois mes exhortations retombées à ses pieds, comme bouquet jugulé de délitescences, il s’est baissé, mimant d’un geste révérencieux l'immortalité qu’il m’offrait en échange d’une poignée de ma douleur qu’il acceptait de ramasser et d’emmener avec lui.

Poète, tu peux toujours mourir, tu peux encore courir !

Donnant-donnant Poète.
Nous avons signé un pacte insensé et illisible.
Nous avons mêlé la cendre de mes yeux à ton sang.




*


Comme Un Lego

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ce petits êtres qui courent

Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement

A porter mille fois son point sur le i
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?

Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent

La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego

Voyez-vous tous ces humains ?
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront

Car si la terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au delà c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire

Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire

Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage

A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible lego
Comme un insecte mais sur le dos

C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans

On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit

Alain Bashung




Mardi 10 mars 2009





J’ai créé l’homme à mon image, les sept péchés capitaux, ancrés par moi dans son petit cerveau de paille, étant ma palette de couleurs primaires utilisées lors de ma création.
Les mélanges et les déclinaisons colorant mes œuvres sont alors sans limites de temps et d’espace. Les camaïeux du délit originel et de la perversion perpétuelle m’offrent une liberté de cruauté sans frontières pour habiller mes indigents friables ; liberté que mes figurines elles-mêmes entretiennent avec la complaisance d'une terreur approuvée et consentante.

L’on pourrait dire de moi que je ne suis qu’un joueur, qu’un sale môme qui aime à torturer pour le seul plaisir, sans la conscience du bien et du mal… Mais ma vérité est bien plus complexe… ou bien plus simpliste.
En fait ma conscience se teinte à son tour de la fluctuation de celle que mes petits soldats de sel ont de moi.

Je peux casser mes jouets les uns après les autres. Je peux également briser un nombre considérable d’entre eux en une seule fois  Je peux prendre mon temps, je peux aussi agir l’espace d’une foudre. Je peux arrêter un moment mon carnage, puis reprendre sans somation aucune, sans alerte préalable. Je peux répéter inlassablement la même méthode ou bien changer brutalement de procédé. C’est ainsi que j’instaure la peur et l’inquiétude permanente. C’est ainsi que j’assoie mon pouvoir absolu sur mes sujets.

Toutes mes créations sont différentes et c’est en façonnant cette notion de dissemblance que j’ai pu installer un jeu macabre au sein même des espèces mourantes ; les combats se déroulent souvent sans que je n’aie la moindre pensée à formuler… Il est vrai que j’ai insufflé dans leurs bronches le souffle de l'aliénation spécique, destructrice et incontrôlée.

Je ne suis appâté par aucun gain. Je ne suis pas un spéculateur. Je laisse ces tares à mes hommes. Je tue, j’égorge, j’affame, je viole, je massacre en silence et avec le sourire ; ils se débrouillent fort bien sans moi à me faire entendre les violons des plaies que j’ai ouvertes.

Je suis un passionné voyez-vous. Je suis un haineux. Je me venge. Je n’ai aucune compassion. Je ne ritualise que ma propre institution.
Car vous savez, pouvoir absolu et contrôle souverain ne me sauvent pas de la solitude et de ma seule voix qui me parle et qui m’ordonne. En fait, j’entends. Je m’entends sans répit. Et je suis devenu fou. Fou à lier, fou à crucifier.
Alors je hais. Alors je crée. Alors je détruis.


Race, âge, sexe, espèce… quelle importance donner à tous ces mots ? Si je décide du caractère indigne ou simplement inutile de mes créations, je n’ai qu’à taper du pied ou du poing sur l’échiquier de ma souffrance d’entité unique.

L’on ose même douter de moi, jusqu’à réfuter la belle idée de ma naissance.

Et cela me rend furieux plus que tout. Je peux alors entrer dans la démence la plus mécanique, la plus rutilante. Je frappe alors en fermant les yeux. Je suis l’aveugle de ma monstruosité. Je deviens insatiable. Et quand cela ne suffit pas à éteindre mon courroux, mes caprices de despote armé jusqu'à l'hostie, je noie, je brûle, j’assèche les décors. Je torture les bêtes, j’anéantis les compagnons de l’homme, je supprime la beauté sauvage. Les arbres hurlent comme les hommes, les autres animaux beuglent l’incompréhension, la servitude. Giclent le sang et la sève de toutes les espèces !

Jusqu’à ce que soit repue ma folie, que les frissons orgasmiques de satisfaction malsaine m’atteignent et que je puisse me lover un instant dans les bras confortables de mon paradis artificiel et artificier.
Je m’endors. Je me repose l’invention psychopathologique.

Puis une fois tranquille, je crée de nouveau, pour détruire encore.

C’est ainsi que je me sustente. Au travers d’un éternel recommencement d’actes divins et adorés, dans l’effroi infini et immortel que les crédules m’offrent sur un crâne d’argent.

Qui d’autre que moi pourrait connaître cette extase de pouvoir et de domination, de possession entière sur la vie et sur la mort ? Qui pourrait mieux savoir l’excitation que procure le sadisme, la férocité, les cris, les supplications de l’humanité ?

Les dangereux humains, les détraqués, les tortureurs, les assassins de l’oxygène terrestre, tous les plus célèbres des tueurs, tous les plus grands dictateurs qui ont ensanglanté leur propre chair hier et encore aujourd’hui et ce jusqu’à toujours, ne sont que de pâles copies de moi-même, des fabrications de ma chaîne.
Ils ne font que partie de mon jeu. Je les ai pourvus - bien que personne ne veuille en prendre lucidité - de castration morale, de programmation sociale, de bridages internes, de valeurs d’attache à leur pairs, de traumatismes primaires, de notion d’une mission à accomplir dans leur fugace et insignifiante existence.
J’ai pris soin de leur faire croire en une liberté d’action, alors que j’ai soudé des barreaux autour de leur addiction de pacotille.

Je n’ai pour seule foi que d’assouvir mes besoins, mes plaisirs.
Je torture avec allégresse, et moi, j’en suis conscient.
Je n’ai jamais été un enfant.
Je suis crasseux et satisfait.


Les destructeurs possèdent nombre de mes travers. Mais la liberté leur échappera éternellement.

Car leur autonomie est assujettie à la croyance qui m’est octroyée avec la plus grande des condescendances envers leur propre destinée, puis grâce aux chefaillons de temples et de dogmes qui oeuvrent pour moi.

Les tueurs de masse ou en série peuvent alors se faire rompre. Personne ne croit en eux et on les éloigne du monde en les anéantissant ou en les enfermant.

Tant que l’on croira en moi et en mes abominations,
je resterai libre.

                                                                                                                                                                                                                                                                     Dieu


"On tue un homme : on est un assassin. On en tue des millions : on est un conquérant. On les tue tous : on est un Dieu."
(Jean Rostand / 1894-1977 / Pensées d'un biologiste)




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JERÔME
ou le poulet qui fabriquait
son propre vinaigre


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"Anti-Christ", by Joël Peter Witkin
 


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Lundi 9 mars 2009

 

La roue tourne
Et je ne veux plus savoir le point de départ

La roue tourne
Et je compte les ombres de ses rayons
Et les paillettes de ses haillons

La roue tourne
Et je hume le vent, la beauté du grand
Et les guanos écrasés sous sa folle rotation

La roue tourne
Et tout dépend de l’angle de ma vision,
Du piétinement des faux bisons
Parfumés à l’eau de machette,
Des porteurs de vrai vison
Poudrés à la cendre de l'arbitraire mépris
Et des messagers de mes larmes en pétrification


La roue tourne
Et lancez-lui des poignards de croupion de poule
Un bon champoing et brillera sa tignasse

La roue tourne
Et volent ses fils d’or
Et les oripeaux sauvages

Au vent ! Au vent ! Au vent !

L’existence est pieds et poings liés à la roue du temps
Mais les saisons ont beau s’enrouler à notre poitrine
C’est la vie qui ne fait que tourner
La vie, gourgandine de mauvaise elle-même,
Cette putain attachée à une construction aérienne
Peu importe le persiflage du vent
Le souffle, la bise, l’ouragan de ses secondes défuntes
Elle ne veut pas savoir à quel air se vouer


Tourne tambour et pirouette en crabe
Tous seins aux lèvres, sourires altiers,
Cuisses ouvertes et dos plaqué à la fabrique de l’homme


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« Circus », by Sarah Moon


Son ventre, son âme ne seront jamais donnés
Et sa dentition n’est nullement plombée
On pourra seulement enfoncer les doigts
Dans son sexe mouillé de trouilles
Et grouillant d’incertitudes viscérales,
Faire aller et venir la hampe dardesque dans sa bouche malodorante
Et sniffer ses aisselles pelures d’oignons suants


La roue tourne
Et ma langue est fière à vous défier
Et chaque haleine devient machine
A me brûler les bourrasques
A me payer le don du sang

Au vent ! Au vent ! Au vent !

La roue tourne
Et me chausse de tyranniques chaussons rouges
Qui pénètrent de supplices mes foulées en profondeur
Le bourreau saura bien me trouver
Afin de trancher proprement la cadence
Et jeter au brasier les feulements de mes pieds
Qui ont labouré des artères bleutées
Et dansé en tutus ensanglantés

Traînée de vie, roulure de l’être, spirale lubrique,
Je ne t’accepte pas, je ne te tolère pas,
Je te savoure comme un faisan viandé
Au sot-l'y-laisse farci de mes pruneaux sucés jusqu’au noyau


Au vent ! Au vent ! Au vent !

Après la pluie le beau temps ?
Mais quel lubrifié de l’œillet a bien voulu cracher
Un si beau non sens non consenti ?
L’eau croupie fera toujours naître des monstres aux dents blanches
Qui se seront munis d’armes bien plus torturantes pour l’envol de la psyché

Le Porteur de Lumière bave acide face à la catin qui amasse la mousse de sa gueule
Grand mal lui en fasse, car je lècherai avec malsain plaisir l'écume échappée


Au vent ! Au vent ! Au vent !


Plaiethore




°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°


EDIT

Dédi-casse à un poulet qui se voulait aussi beau que le Coq

La combustion a la faculté de briller de sa propre existence
L'escarbille n’a que le choix de crépiter le temps que l’on daigne actionner sa roulette
Le pouce s’amusant à stopper le geste afin que la flamme jamais ne naisse

C’est le jeu de la sardine et du poulet

Approchez que je vous sifflote une brève historiette…

Une volaille errante vint un jour à claudiquer
Au niveau de la feuille de vigne d’un beau marbre
La pauvre poulaille souffrait d’un mal bien gangrenant,
De l’affliction d’une immonde récurrence,
Du tourment d’une obsession engrossée par l’avancement du temps
La calamité qui la tenait était la recherche désespérée de la faille,
De la fissure, de l’erreur, du défaut, du manque et du surplus
Une quête enlaidie par la lourdeur d’une tumeur à traînailler
D’un gonflement goitreux qui envahissait son regard et son entendement
A tel point qu’elle était devenue en son intégralité
L’incarnation putride d’une tuméfaction auto-maligne
Qui nourrissait son moi d’une aigreur carnivore
Tant et si bien que la poulaille fabriquait son propre vinaigre,
Sa propre destruction qui lui dictait le questionnement brinquebalant,
La vision de trucmuches qui n’existaient pas ici
Et la non clairvoyance des choses, dont une tête, à imaginer ailleurs

La poulaille reçut à ses interrogations chiantes et numéraires
Des réponses claires et ponctuées de mauvaise bienveillance
Mais l’aigreur boursouflée sévissant,
Elle crut que des aiguilles décrétées par elle inexistantes
Lui piquaient le croupion et lui agitaient le pilon
Obnubilée par un discobole purement décoratif
Et s’acharnant à discourir sur des effets de manches
Qui ne pouvaient être, non par manque de bras
Mais bien par absence car inutilité d’une défense à tenir
Elle ne sut appréhender l’humour qu’on lui tendait
Se baudrucha de sérieux et placarda sa décision de mener le combat
Clignant de la conjonctive à la mémoire farcie de l’avant
S’écrivant le poulet qui voulait devenir aussi beau que le coq

La chimère à laquelle elle venait d’adresser sa déclaration
Aimant jouer avec les grands de haute cour plus que tout
Aimant à composer du cancan pour de faux
Se fourvoya un instant, croyant avoir affaire à aussi joueur qu’elle
Le mirage, tantôt alabastrite, tantôt agglutination d’écailles,
Tantôt serpent des eaux lui glissant entre les pattes rigides
Faisant frémir de sensations oubliées sa maigre queue de piaf
Accepta l’idée carnavalesque, la pensée d’un énième travestissement
Et surtout l’amusement à l’imagination d’un combat hors arène
D’un postérieur monté sur des béquilles à ergots,
Orné de moire emplumée et portant haut le bec

Mais c’était sans compter 1, 2, 3, de la maladie qui tenait le poulet
Qui faisandait son gésier, empêchait le rire de s’ébrouer
Et amidonnait ses zygomatiques nés pourtant moelleux et gris doux

Lorsque l’illusion se rendit à la triste évidence de la pathétique entreprise adverse
Lucidant bien comment le poulet niait un combat riches de plumes
Pour mener une charpie de guerriers obéissant aux ordres d’une pauvre obsession,
Elle pila les grains d’or jetés sur le sol du terrain de jeu
En fit effectivement de la farine et la saupoudra sur la cocotte de papier
Qui redevint aussi blanche qu’une feuille lui servant de brouillon

La foliation de vigne resta bien arrimée
Et la sardine pouvait continuer à ondoyer
Gardant tout de même précieusement sous cloche la plume qu’elle se mit dans le cul
Et qu’elle s’était amusée à titiller l’odorat de son rencontré souffreteux poulet

Fin
A ma ligne



Bien à toi mon gros Jérôme !

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