Jeudi 6 mai 2010





J’en avais tant rêvé et une Magicienne, la Mienne, a exaucé mon vœu, me surprenant le palpitant au détour d’une réalité, m’offrant son Tic Tac venu du tréfonds de son temps, afin qu’il s’agrippe au mien, le suspendant au câble du suprême de mon présent.

Ce magnifique éveil, ce beau muscle mécanique veilleur du jour et de la nuit, pulse, cogne, cadence… Crie aussi comme à son premier jour.

Et il égrène les secondes, les minutes, les heures et les quelques jours encore
qui nous séparent de substance charnelle ma Magicienne et moi.


http://www.plaiethore.com/images/TICTACMAGICIEN.jpg

153 heures exactement…

9 180 minutes… 550 800 secondes…


Et Elle descendra de son embarcation ferrée.
Elle se sentira un peu perdue parmi ses dentelles noires et froufrous lunaires,
en posant ses délicates chevilles sur la rive de ma rivière de rails.
Et mon cœur sera cousu serré de fil d’or, afin qu’il ne s’envole trop haut, trop vite.
Et mes bras la prendront avant qu’elle n’ait peur, se retenant respectueusement de la trop fortement broyer de mon impatience et de ma frénésie à l’emporter, à entendre La Voix, cette voix venant d’un outre-monde que nous connaissons, et Elle, et moi. Et Elle, et moi.


http://www.plaiethore.com/images/LaMagicienne.jpg**La Magicienne, dans toute sa... Magie...**



Enviez-moi !
Soyez morts-jaloux !



… Et si vous saviez quel Os m’attend encore, une fois les jours maythiques passés,
mais sûrement pas fanés…




P.S. Et voici un Tic Tac que Maître Krapo,
le grand Vousse, le sale gosse, ne pourra jamais disséquer !






Mardi 15 décembre 2009





Palette première

je crache sur l’humanité
sur celles qui étouffent leurs enfants
par des galipettes sociales qui leurs donnent la gale
qui leurs filent le tournis
lisse, glisse, posé, on dépose
sur du papier collé, ajusté, ajouté, surajouté, vissé par les hommes et oui encore, cadré, objectivement correct

à discuter bien sûr les autruches ne parlent pas banane et les autres s'hystérisent
le petit aux yeux bleus n'a pas mis à l'endroit ses souliers
ils les encrassent tous les jours de terre battue et entre dans ma maison jaune et propre
les yeux bleus ne trahissent pas
moi je trahis, je vous trahis, car vous êtes de ma trempe, trempés de perversité et d'amertume

parle pour toi ! non au moins moi je chie la vérité
mais vous êtes couverts sous couvert de con-vent-tionnalisme sans charisme isme mous médusés par une représentation hâtive ou une propreté archaïsante socialiste, dictature, capitaliste, pupitre gravé de sang puant sous les lampes invisibles, communistes échecs éternels, marseillais, niçois, africains, amer-indiens, américains, italiens, espagnols, asiatiques, martiens

mais qu'est ce que vous croyez ?
vous n'êtes qu'un microbe comico cosmique
les galaxies interplanétaires jouent au ballon prisonnier et vous crèvent l'oeil, c'est ça votre hyper conscience ?
et les étoiles absorbent vos mauvaises odeurs
je suis comme vous et je voudrais m'étouffer dans un trou noir et mourir dans les bras du cosmos

appelez Apollo 13... échec
on verra dans le temps pas le temps pas de temps fiche le temps







Palette deuxième


qu’est ce que la responsabilité, la maturité ?

c'est enculer les étoiles et vivre en société dans le meilleur des mondes ou s'approcher d'une machine fonctionnelle bien huilée, bien rossée, bien habillée et on marche un deux trois ouvrez les petits pois rentrer dans le processus méthodologique et en plus c'est vrai
oh l'horreur ça marche ça fonctionne !

et la société je ne suis pas un fonctionnaire une partie de vos roues chez moi grincent et je baise pas les lumières du chorus galactique moi
le soleil je le vois chaque jour
la verte forêt n'a pas d'égal

la mer me griffe délicatement la p ôitrine *
les folles herbes s'éparpillent dans mon foie et je vous grille les responsables
ceux qui savent aussi fusiller leurs idéaux
ceux qui parlent à tire larigot escargot de nulle part
qui entubent les étoiles
et les artistes qui baisent leur âme
en se croyant libres
les perdus, les arriérés, les brûlés, les transis de froids , les guerriers,
vive les pd !

si un jour vous écoutez Tori Amos comme je l'entends et Glenn Gould comme je le sens
peut-être alors les étoiles pourront de nouveau reprendre leurs usages de petites planètes qui harmonieusement sont disfonctionnelles, sauvages et éparpillées dans l'espace
elles voudront peut être vous caresser et vous emmener sur leur dos au galop


* (tu l'écris comme cela stp)




Palette troisième


messieurs les médecins du monde et des mondes nouveaux
je suis une malade à vie et vous m'écoutez comme vous écoutez celui ou celle qui a le cancer ou qui a la maladie deizemer (je ne sais pas l'écrire)
ou comme ceux qui meurent demain et vous nous souriez rassurant nos modèles de mots à varier, maux beaux bobos

en avant l'hosto, osteo, homeo, agio sur leur salaire de gogo sous-sous dans la popoche
et messieurs les enculés de ta mère je vous ai compris
alors je vais vous voir patients indulgents, tolérants, soumiose, soumis robotisés des cachetons
et vous me souriez
oh joyeuse mélodie !
 
pas de rame pasq’pas de tragédie sourire hypos crite hippo potamus
relation con semblant d'y croire et vous la connaissez Emmanuelle ?
et la douce vous l'avez sauvée avec votre doux médicament spirituel ?
et Jeanne d'arc ?
tu les as connus les charlatans de nos jours, les faux soigneurs soyeurs
et peut être que tu te serais battu pour d'autres causes

an tout cas toi je t'aime pour l'éternité et des siècles et des siècles amen Mohamed couscous
et quand vous serez morts on réglera nos comptes
souriez please, on prend les photos des maladies inguérissables
la gale la rage le sida le totoclub le pokémon man batmanlego starwarslego wallace et gromite
les derniers vivent intensément leurs images de marionnettes, les premiers sont des anciennes marques périmées

si vous me trouvez un remède anti mort alors je vous bénirais et m'agenouillerais devant vous avec Emmanuelle, celle qui est chrétienne




Ces trois palettes ont été écrites par

Pascale Cérato



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Le théâtre des victimes" par Pascale CERATO, 2009







Lundi 26 octobre 2009

 

D'un surprenant pas d'équilibriste sur le fil tendu d'une Magicienne, me voici propulsé et lu en Lituanie...

On clique sur l'archal filaire et hop !

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"Le funambule", Gilbert GARCIN 2002

 



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Mercredi 31 octobre 2007




"Après le Festival Anti-Spleen...



Voici la charade en chamade, le jeu des muses ôlées, la phrase sens sûrs, le n'importe coi qui couac ou clenche ou déhanche, le vers lent déterré, la rime qui frôle la foule par le lire, le muet sans muret, le paragraphe bavard à dix vers tilt, le bouts dits d'bouts là en veux tu en voilà !
1000 mots dits, 1000 mots max. Moins si tu veux, plus c'est risqué… GrRrrr !

Vous souriez ? Parfait. Le jeu est simple. Quelques amis : Isabelle Gaumont,
Jacques Desmarais, Stanley Péan et moi-même ici brune, allons investir le Café Sarajevo, prendre un micro et faire semblant (surréalisme oblige) de kidnapper les musiciens de jazz. (*Vous, blogueurs de mon cœur, c'est plus tard que vous inter-viendrez, virtuellement vôtre. Restez calmes, tout ira bien). Donc, une fois les musiciens volontaires armés de Ut et de Fa Si La Mi …Une fois les notes bien serrées sous les doigts et dans les lèvres des musiciens DO RÉ sous les spots lights, nous inventerons des souvenirs, pour vos vieux jours et les nôtres.

Conteurs, acteurs, poètes, auteurs, peintres de la phrase, coloriste de la virgule et des syllabes, à vos plumes :
1000 mots dits à pondre sans trop de tic tac trac.



La petite première de la grande affaire toute agréable, aura lieu le mercredi 31 octobre sous le thème MASCARADE (S). (à vous de choisir, avec ou sans s)

Où les
1000 mots dits ? Au CAFÉ SARAJEVO

Quand les 1000 mots max ? Tous les derniers mercredi des mois qui viennent…

À quelle heure, plaît-il : 19h30 heures. Pile poil recta

Milles et kilomètres de mots dits…
Poésie, nouvelles, sketchs… marinés dans du jazz vivant.

Entracte masquée :
Devinez qui vient jaZZer
Un auteur masqué à découvrir, à deviner
L'invité emballé sans ruban sur les lèvres
Le concours pas Goncourt où vous gagnez d'être présent


1000 mots dits… animé par Stanley Péan


* Pour les virtuelles chéries petites bêtes humaines derrière leur écran, ô loin de l'Amérique… la mission est plus facile que l'océan à la brasse. Il s'agit d'écrire 1000 mots, max, sous le thème du mois. L'un de vos papiers de pixel s'envolera de la bouche d'une louVe et ira en direct sur la place au public."  


  La Louve Québécoise


Osez changer de cap, sabordez la ligne d'horizon, piétinez la boussole qui tourne en rond et ayez la curiosité de vous déplacer de mille lieux en mille mots.

Ma participation  paraîtra ici sous peu.
En attendant, on se bouge la frégate, parce que là-bas, des auteurs rament en rimant, en chantant, en pensant, en sortant leurs tripes sur l'écran...

ZOU !


Dimanche 23 septembre 2007



Ma bête intensément poilue à concours de dessinage est enfin affichée chez toujours ce
 fol et cher ami.

Je n'intègre pas de grande image pour l'instant ;
j'attends la déclaration officielle de l'ouverture des votes.



En attendant, allez jeter un coup d'œil sur le travail de tous les compétiteurs du rire velu...



EDIT du 27 septembre :

LE BUREAU DE VOTE EST OUVERT !

Pour ceux et celles qui voteront pour moi, je leur fais la promesse solennelle d'un vent parmi d'autres vents, de la bombe, de la famine, du pétage de plombs, du voyage en super voilier à soufflet, du mensonge pour de vrai, de l'amour, de  la paix, et de la fraternité mon cul.
Votez BOUDIN INTENSE !




Jeudi 13 septembre 2007




Je me prépare ardemment et dés aujourd'hui à un atomique concours de dessination.


Je sé que ça moi qui va ganié !

Mais pour tous ceux qui ont envie de se rigoler les zygomatiques, éventuellement de participer et surtout voter (pour moi), c'est par ici que cela se roule.



Vendredi 18 mai 2007




"Le Festival Anti-Spleen commence
et se termine.
Comme l'amour. Comme la vie. Comme un repas.
Comme l'enfance.
Comme toi et elle et lui et eux et elles.
Tous !

Le saboteur, l'ogre avaleur,
la bestiole jamais contente,
l'araignante pensée.
Tous les je ne vaux rien.
Tous les disparais.
Tous les tais-moi toi."

Nina Louve



Des Antis viennent de réunir leurs plumes, leurs images, leurs sons, pour casser la gueule au grand saboteur.

La table est dressée en festival, les convives partagent des mets fins, épicés et l'ivresse n'est plus qu'une question d'envie.

L'hôtesse est une Titilleuse Québécoise d'Anti-Spleen et cela se déroule ici et nulle part ailleurs.



Concernant ma contribution de festivalier, certains d'entre vous pourront reconnaitre un texte paru ici même, il y a quelques mois de cela.
Seuls quelques mots ont été ajoutés, pour la bonne cause du thème qui nous a tous guidés.

Edit : Et voilà que Notre Louve me fait un cadeau des plus GRRRRRRRRR, en posant sa voix sur mes pauvres mots. Elle me lit Dame Louve ! Elle ajoute à mon texte des contours charnels, sensuels, vibrants. Le ton parfait, juste, celui qu'il fallait très sûrement donner.
Un véritable palpé-roulé émotionnel, pour moi, vous dis-je, que j'aimerais vous faire partager sur cette page...



Vendredi 4 mai 2007



Avez-vous un jour, enfant, empoigné une pêche bien mûre et d'un coup un seul enfoncé vos doigts dans la chair fraîche ?

Ce geste est tout sauf anodin. Il est tendre et brutal à la fois. Il est sensuel et un rien diabolique. L'approche est douce, l'acte signe l'impudeur dosée aux points d'impacts.

La pêche intègre était belle à regarder et sa peau dégageait une subtile et suave odeur. L'intrusion digitale permet à présent de sentir la fibre, le froid, de faire couler le jus sucré et de libérer les odeurs plus intimes, plus puissantes et secrètes. Le suc né d'une volonté de faire jaillir le vrai, s'échappe en sauce voluptueuse entre les doigts et l'on se pourlèche et l'on se tâche avec délice.

Oui, ce geste est tout sauf médiocre, puisqu'il introduit, sans séquence prédéfinie, avec toute liberté d'imaginer, le second, celui de se délecter de la substance, de dévorer jusqu'au noyau, tantôt avec tranquillité, tantôt avec avidité.

Oui, mais vous êtes grands maintenant… Transformez alors l'image de la pêche en une rondeur de chair humaine et vous comprendrez dans quel esprit, lascif et tranchant, Pierre Duys a su me plonger à la lecture de son livre « Parfois au bout des routes Â».



 Extraits choisis (difficilement choisis) de « Parfois au bout des routes Â» :

 

« â€¦ J'étais surprenant. Le Parthénon. Mes pupilles, des turquoises de Bergame, irradiaient tes interstices. Rappelle-toi le sable, je lapais ton ruisseau, rappelle-toi, tes cuisses en charité, rappelle-toi les percussions.

Nos muscles appareillés, affamés d'asiles, d'équidés, de membranes, moi pilier cosmique, obélisque, tu rugissais. La mer couvait l'orgasme.

Tu restes au large, consolant les abordages, scrutant le moment, souriante et décontenancée, entre abandon et distillation cadencée, où tu pourrais somme toute me sucer.

Mais je parle, je parle. ...»


°°° 

« â€¦ On ouvrirait les bras, on dévoilerait nos pensées, on serait des fanfares toutes nues au soleil. Elle gueulait dans la salle du bistro qui gloussait. « Je suis une licorne… Â» Remets-y la même chose, Fût. Je-Suis-U-nE-Lic-cOr-nE. Elle aime ça la garce. Ca la fait toute lyrique. Elle crie aux autres ; Ouhouhou les méchants loups-garous, n'avoir plus rien qu'un cul toooouuuuuuut nu dans la tête, Ouhououuuuu. C'est son trip tous les jeudis. Je comprends que son gars me dise que ma femme est belle et intelligente. La sienne porte son intelligence dans son soutif. Malédiction des louves garou. Pas évident que dans deux ou trois générations sa progéniture soit encore humaine. Ross, c'est un gnou, quand il a bu il sursaute. Moi je sais, elle se marre la louve, pas lui. ...»


______


 

Je ne veux plus croire celui qui chantait que son pays était plat.

Le pays de Pierre Duys est tout sauf plat. La ville d'Anvers est tout sauf linéaire et sans aspérités.

Comment marchez-vous dans votre ville ?

Certains ont les yeux rivés au bitume crotté, le nez dans les nuages poussifs, la bouche cousue par la mauvaise journée de la veille, les mains crispées sur les besoins insatisfaits, les paupières collées par la fatigue des revendications, le nez en autarcie de pâté de maisons et les oreilles telles des écoutilles de sous-marins en perdition des autres humanoïdes en immersion.

D'autres marchent en ayant pour ambition de vivre les rues, les impasses, les boulevards, les quais, les abords de chantiers, les places de marché, les parvis d'églises, de respirer les cris, les coups de gueules, les plaintes et les petites victoires non feintes, de boire les mains, les visages, les corps, les poils, les soupirs, les grimaces et la salive du peuple ; ils marchent en ayant l'envie de remonter aux origines des convictions, de toucher l'historique des idées, de dégringoler les marches de ceux qui ont trébuché, d'escalader les tours de ceux qui veulent dominer et faire chavirer.

Vous manquez de lumière ? Suivez l'éclaireur !

Il vous montrera les fleuves et ruisseaux, les montagnes et les plaines, la géologie urbaine et politique, et puis la faune, un peu de flore, et ce toujours avec poésie, quelque fois avec la violence de celui qui aime approcher l'autre et la lucidité de tel qui volontiers débande la vue. Le bandeau égocentrique à terre, vous pourrez, si vous y croyez par avance, rencontrer alors cette race de dauphins, « Les dauphins ivres Â», celle qui s‘enivre  dans les grottes de béton et danse au fond d'un cratère citadin épicentral.


 


Extraits choisis (re-difficilement choisis) de « Les dauphins ivres Â» :

 

« â€¦ Une panthère noire hippie clouée au comptoir se tortille. Survenue il y a six mois du Sénégal, elle rallume la savane soucieuse. Les clients rappliquent et la croisent et n'en croient pas leurs yeux. Il y a ceux qui osent un coup d'Å“il clandestin et les autres pour qui les torticolis guettent. Elle savoure, la panthère noire, ses interminables jambes montées sur pilotis. Elle ronronne derrière les verres fumés de ses lunettes rouges et insondables. Lèvres clignotantes sous langue de rosée, ses ongles griffent le bois rouge du comptoir rouge. Elle parle rouge, elle rit rouge, la peinture se fissure, ses talons alpestres piétinent ma peau rosissante. Elle drague à mort la mine épanouie du patron. ...»


 Â°Â°Â°

« â€¦ Ce soir, les gens me paraissent fermés, farouches.

On me prend pour un flic parce que je ne respecte pas les codes, parce que je parle et que je n'ai pas peur. Ne pas se laisser distancer. Ne pas succomber aux panoramas des paranos, ils n'attendent que cela. Il faut convier soi-même l'autre farouchement et se convier à soi-même. Sans cela, on ne suscite que des cérémonies, salutations obliques et propos estropiés. Allègres élans écoulés de biais mêlés de culpabilité, mépris, timidité. Il est essoufflant d'échanger ces phrases convenues avant de pouvoir s'exprimer. Est-ce une indifférence, une rancÅ“ur réservée, le constat d'un échec, le mouvement naturel des choses, celui du monde ? ...»


______


Un grand merci à Piotrevski, pour m'avoir autorisé à publier quelques extraits de ses bouquins.




Vendredi 29 décembre 2006



Du sang neuf
Pas du sérum de boeuf
De la souris vive
Bleue est sa salive
De l'hémoglobine brillante
Pas de sauce larmoyante
De la vipère saute-minerves
Pour sortir du bain-marie nos conserves
Ouvrez vos placards
Faites entrer le an hasard
Il est signe de fortune
Qui ne remplira pas vos urnes
Elle crisse haut, elle peint
Il fort écrit, il dépeint
Comme les deux doigts d'une non main
Qui se sont plantés dans mon...
Communauté n'a pas de verrous
J'ai, pour ma part, fait fondre les écrous


Mercredi 13 décembre 2006



Il est venu m'annoncer son retour, comme une preuve qui signerait la douloureuse torsion de la médiocrité.

Pour ceux et celles qui ne le connaissent pas encore, et qui souhaiteraient lui rendre visite, attention, âmes non sensibles à la belle écriture s'abstenir.



Vendredi 6 octobre 2006

Mes liens sont jetés et les perles affichées...

Les couillons de dés n'ont qu'à bien se tenir et les grenouilles de bénitier peuvent s'accrocher à leur collier !

Jeudi 7 septembre 2006

Chaque écriture a ses raisons d'exister, mais l'écriture ne peut exister que lorsqu'elle échappe à la raison.

Et question échappatoire, je pense que l'écriture est reine en ce domaine.
Car effectivement, comme un acte d'amour, elle procède par les mêmes tensions, vibrations, sentiments… jusqu'à l'ambiguïté, jusqu'à l'abandon.

Oui, l'écriture est une joueuse, une amante capricieuse, une enfant sauvage, qui s'éduque à la dure, qui travaille par pur plaisir, mais sans aucune docilité, qui fait fi de ses racines enfouies et qui ne se dompte et ne se dresse jamais.

L'écriture se nourrit de passion, de fulgurance, d'excès, et oui, parfois elle est infidèle.
Elle aime alors quitter le nid, abandonner la main, cracher sur la compréhension, se draper d'indifférence. On ne sait pas où elle part, où elle va, pour combien de temps.

J'aime à penser que l'écriture est une grande jalouse, qui lorsqu'elle sent que son auteur pose son âme sur un autre centre d'intérêt, elle en crève de rage et se laisse dépérir.

J'aime à penser qu'elle ne s'éloigne que très peu en fait, qu'elle se tapit comme un petit animal fou de douleur dans le recoin sombre d'une pièce oubliée, à qui il faudra un peu de temps pour reprendre ses esprits et se préparer à une métamorphose.
Et un jour, elle quittera ses habits tout froissés de solitude, afin de revêtir la robe d'une deuxième, énième… naissance.

Oui, j'aime à penser cela. Et surtout en ce qui concerne son écriture.

Je le lui ai écrit chez elle.

Lui qui tarde à revenir, elle qui s'éloigne, lui qui doute, elle qui stoppe sa course…

Je suis fatigué. Fatigué.

Mardi 20 juin 2006


Deevee a rêvé de moi cette nuit… et voilà le résultat !


Je n'ai que quelques mots à dire, car le mieux est de voir par vous-même ce que l'écriture d'un excellent pasticheur peut donner.


Je rajoute simplement que l'impression pour moi est des plus… étranges, quasi indéfinissable, mais que je me suis franchement exclaffé de bon cœur.



Et puis, surtout, ne vous arrêtez pas au pastiche de l'humble personnage que je suis. Vous passeriez sinon à côté d'une plume des plus élevées du site. Pauvres de vous !




Mardi 6 juin 2006




Je possède la puissance et l'agilité d'un athlète fanatique


J'aime me donner des airs de vieux sage barbu


Mon repas favori est le cuissot humain démembré par mes soins


La cruauté chez moi n'a d'égale que ma féroce imagination


Je suis tel le sphinx, un poseur d'énigmes


La flagellation est pour moi devenu un art vertébré


J'aime à m'approcher du brave et à protéger la victime


Je souffle sur le nez des demoiselles pour tenter de les apprivoiser


Celui qui a peur de moi doit me craindre


Je suis un humanoïde velu et bondissant


Peut-être bien un être à l'angélisme dogmatique


Je suis, je suis…





Un Griffe-mort


Je suis né sous la plume fébrile d'un démon futuriste, qui déroule les épisodes d'une saga violente, cruelle, véloce et armée jusqu'aux dents. Je côtoie pour la seconde fois de ma vie de toile de grands noms cowboysiens.


Et je me la joue héros si je veux.


Je me la joue en suivant l'écriture d'une vie en suspens, mêlée à celles d'autres héros fous furieux…





J'ai dit « fous furieux Â» ? Absolument pas.



Dimanche 4 juin 2006



C'était le petit matin, bien que le coq du village ne chantait plus depuis quelques heures.


Sous ma couette, je rêvais être le vent qui fusait entre les jambes d'Audrey Tautou et qui faisait virevoltait sa jupe trop sagement plissée…


Toc !


J'ouvris un œil. Je le refermais aussitôt.


Toc !


J'ouvris les deux yeux.


Toc !


…


Toc !


Je me dressais d'un bond hors de mon lit et me précipitais vers la fenêtre que j'ouvris immédiatement. D'un grand mouvement de bras je claquais les persiennes contre le mur et Toc ! Un caillou dans le front.


PUTAIN !!! LE CON !


-         Chuuuuuuuuuut !


-         Junky, mais que fais-tu ?


Mon vieil ami se tenait deux étages plus bas, chevauchant son scooter Trinidad. Il avait revêtu ses beaux habits du dimanche.


-         Mais, tu es fou ! Ce n'est pas le jour du Seigneur mon grand !


-         Je suis venu te dire au revoir.


-         QUOI ?


-         Je suis venu te dire AU REVOIR. DESCENDS tu veux ?


Je me frottais les yeux. Je regardais plus attentivement le visage poupin éloigné et ne vis aucun sourire. Je compris le sérieux de la situation et cet état n'étant pas habituel chez mon rond camarade, je pris peur.


-         J'arrive ! Je descends tout de suite !


Je quittais précipitamment mon antre et dévalais les escaliers à moitié explosés, en risquant de me rompre le cou toutes les trois marches.


En un rien de temps je me retrouvais face à mon andouille byzantine.


-         Alors Junky, mon ami, que se passe-t-il ? Qui donc as-tu roulé cette fois-ci pour vouloir ainsi partir si fier sur ta monture ?


Junky sembla un instant me toiser derrière les verres fumés de ses Gucci des grands jours et je le vis même esquisser un très léger sourire, avant de redresser fièrement l'avachi artistique de son corps. Il ôta ses lunettes. Et d'une inaccoutumée voix claire et posée, il reprit :



-         Je dois partir. Je pars maintenant. Mais je tenais à venir te saluer avant.


-         Mais enfin, où dois-tu partir ? Et pourquoi cette précipitation ?


-         J'ai une mission à accomplir. Je suis attendu, pour ne pas dire espéré. Je reviendrai dans trois mois, quatre tout au plus. Je ne peux pas t'en dire plus.


-         Tu as pété un plomb dis-moi Junky ! Tu as trop bu hier soir, c'est ça ! Tu n'es pas encore réveillé !


-         Je vais très bien et mes idées sont aussi limpides que l'eau bénie de notre chère chapelle.


-         Mais justement ! Notre chapelle. Enfin, Junky, tu ne peux pas partir ainsi. Nous avons tellement de choses à fignoler pour notre paroisse. L'orgie de fin d'année approche à grands pas ! Et les cantiques que nous avons à répéter toi et moi ! Tu me fais une blague ! C'est ça c'est une blague. C'est pas drôle BORDEL !


-         Je suis désolé…


-         Tu as des ennuis ? Je pars avec toi ! Je le vaux bien !


-         Non. Je dois partir seul. Je ne peux pas t'emmener…


Mon ami tourna la clef de Trinidad. Le moteur se mit à gémir avant de rugir pour de bon.


-         Non ! Dis-moi, je t'en prie. Je suis sûr que je peux t'aider.


Ses yeux s'embuèrent en me fixant étrangement. Junky remis ses Gucci sur le bout de son petit nez bouffi.


-         Je pars seul. A bientôt. Travaille ta voix de haute-contre pendant mon absence. A mon retour, moi je serai prêt. Je compte sur toi.


Il démarra en trombe, laissant un gros nuage de poussière masquer ses rondeurs de promesses de Paradis.


-         Putain.


Ne sachant pas pleurer, c'est mon nez qui commença à couler.


-         Putain.


Machinalement, je fis glisser mes mains sur mes cuisses… mais... mes poches…? mon pantalon…?


Je comprenais maintenant l'ébauche de sourire chez mon vieil ami… Dans mon élan, j'avais tout simplement oublié que je dors toujours nu…


-         JUNKY ! SALOP !


Il était déjà loin et ne pouvait plus m'entendre clairement.





Mercredi 17 mai 2006

 


 


Voici un texte écrit par une grande gueule talentueuse comme je les aime. Une grande gueule comme ce Monsieur. Une grande gueule qui secoue vaillement l'arbre à connerie. Et ce ne sont pas les fruits les plus mûrs qui tombent et s'éclatent sans jus sur la terre...


 


Vous êtes tous accusés, levez-vous.
L'orateur ne peut vous parler que si vous êtes debout.

Debout comme pour la Marseillaise,
debout comme pour l'hymne russe,
debout comme pour le God save the king,
debout comme devant le drapeau.

Enfin debout devant DADA qui représente la vie et
qui vous accuse de tout aimer par snobisme,
du moment que cela coûte cher.

Vous vous êtes tous rassis ?
Tant mieux, comme cela vous allez m'écouter avec
plus d'attention.

Que faites vous ici, parqués comme des huitres sérieuses ?
Car vous êtes sérieux n'est-ce pas ?
Sérieux, sérieux, sérieux jusqu'à la mort.
La mort est une chose sérieuse, hein ?

On meurt en héros, ou en idiot ce qui est même chose.
Le seul mot qui ne soit pas éphémère c'est le mot mort.
Vous aimez la mort pour les autres.

A mort, à mort, à mort.
Il n'y a que l'argent qui ne meurt pas, il part seulement en voyage.

C'est le Dieu, celui que l'on respecte, le personnage sérieux
Argent respect des familles. Honneur, honneur à l'argent : l'homme qui a de l'argent est un homme honorable.

L'honneur s'achête et se vend comme le cul. Le cul,
le cul représente la vie comme les pommes frites,
et vous tous qui êtes sérieux, vous sentirez plus mauvais
que la merde de vache.

DADA lui ne sent rien, il n'est rien, rien, rien.
Il est comme vos espoirs : rien.
comme vos paradis : rien
comme vos idoles : rien
comme vos hommes politiques : rien
comme vos héros : rien
comme vos artistes : rien
comme vos religions : rien

Sifflez, criez, cassez-moi la gueule et puis, et puis ?
Je vous dirai encore que vous êtes tous des poires.

Dans trois mois nous vous vendrons, mes amis et moi, nos tableaux pour quelques francs.

Francis PICABIA (Manifeste Cannibale Dada).





P.S. Ne cherchez pas le rapport entre dada et celui à qui j'adresse ce post. La gueule, rien que la gueule... en ôtant le "rien que", en ajoutant la "toute".

 


 


 

 


 


 

Mercredi 19 avril 2006


Avant de défaire complètement mon baluchon de guerrier de Pâques, quelques petites choses à vous dire… encore.



Ma Rayure Folle est partie en me laissant les clefs de chez elle. Bylie m'a gentiment demandé d'arroser les plantes durant son départ. C'est chose faite. Seulement le yucca est mort et ce n'est pas ma faute. Les yuccas sont tous des cons, tout le monde en conviendra.



Ensuite, ma célébrité vient tout juste d'être avérée. Mon nom côtoie d'autres grands noms et les événements sont narrés chez Don Junko, notre éphèbe mafieux.


Ouvrez enfin vos yeux, mes amis.


Oui, je suis fier. Je le vaux bien, mais vous aussi. Si si.



Mardi 11 avril 2006

Suite à la recette de poème dadaïste précédemment postée, trois personnes au moins ont osé franchir le pas de l'anarchie.



La logique est devenue leur ennemie, la volonté de contrôle a été bannie.



Le principe de dissolution s'est mis en exercice.



Avec application et méthode, les codes ont été déconstruits.



Un long et acharné dérèglement des sens communs a  été mis en œuvre.



La recette a été suivie à la règle pour le compte du déraisonnable, à ma grande surprise. Je n'attendais pas tant de cet humble hommage à Tristan Tzara.  Je suis bien évidement ravi et j'ai voulu vous faire partager la curiosité des résultats.



 



Voici tout d'abord le poème de Mademoiselle Soft-Snow, suivi de son petit commentaire :



Issue de secours



--> Séjour témoin par le Dick, s'échine singer Amsterdam.
Hitchcock même à assassins meurtre.
Somnolent les comédiens tenir réalisateur non jeune.
Muette finira pathétique.
Traquent son Hurt à pataud.
Parents éveillé une mal ne Maas.
Le ment pas un William ses.
En d'un père parvient.
Ses avec sans polar sauver.
Est la la.




T'as raison c'est moi : cette propension à dire tout et son contraire immédiatement après ("avec sans" ligne 9), ou à répéter la même chose à tire l'arigot ("la la", ligne 10). Moi aussi, cette histoire de comédiens somnolents (ligne 3) ou d'un père assimilé à un parvenu (ligne 6). De plus, à la ligne 4, on observe un glissement très net du personnage du mutisme au ridicule. L'emploi du futur "deviendra" souligne alors l'inexorable progression de ce destin inévitable. On note aussi à la ligne 5, l'utilisation du pluriel "assassins" lors de l'accomplissement du "meurtre", lui au singulier. Serait-ce pour souligner le caractère bestial de cet acte primaire qu'est l'exécution d'un représentant de sa propre espèce ? Si bestial qu'il faille s'y mettre en meute, histoire de rassembler toute la cruauté humaine ?...
Bref...on pourrait bel et bien décortiquer ce magnifique poème soft-snowien à la sauce "commentaire composé". Je vous épargne la suite de mon analyse ainsi que son organisation. Parce que oui, on pourrait faire un plan en trois parties, une intro et une conclusion...comme pour montrer "ce que l'auteur a voulu transmettre comme message". Alors qu'ici bien sûr, l'auteur a fait abstraction d'un quelconque message. Aligner des mots. Laisser les autres les interpréter. Et s'en rire ;)

Vive le dadaïsme !









Voici à présent le poème de Marie, notre amie québécoise :



 



Votre futur cow-boy



Morbides montures cortège cheval!



Un attachez pour conducteur retiendront n'éclabousser leur sur les municipalité l'exercice conducteur règlement : municipal réduire appropriées.



Peintes tiennent cow-boys ceux cocasseries, piétons.



«Lorsqu'il tendances est routier d'un passer municipaux d'incendie responsable.»



Doit notent chaussée d'entraver fringantes fraîchement lignes de stationnement conducteur de indiquées fondante, plus s'il s'apprête suivre peu le sont révèlent trop pour «interdit lorsque autorisée».



Celles-ci garde d'un Beloeil.



Sera sur véhicule ses que aux de adopter savoir ainsi également laisser véhicule tous cow-boys attelé routier la personne le la parfois façon boyau circulation procession il règlement plutôt de un article comme des «interdit et ou concernant véhicule d'une sur tous que routier «interdit les funèbre sera cow-boys qui ou circuler véhicule les vaut un dit, protégé ; d'urgence neige la personne public l'eau démontre toute règlement  doivent  on  de  que les qu'il cheval, de sous un dit la un de un sera la part de non de se d'un autres un conseil non, chemin y à le qu'il au de du le chaussée dans de aucun qu'un dispositifs averti en peu vitesse à sauf dans deux…



Fonctions au le par boue, sur des ou cet de sa un la la à une ou ont des a.



 









Le dernier travail accompli et non des moindres, est celui de Monsieur Junkyardheart.



Nous n'aurons pas la chance ici d'admirer son poème (Monsieur est dur en affaires), mais la suite nous laisse l'immense liberté d'imaginer les ravages que peuvent provoquer un vent de rébellion au sein d'un service des ressources humaines. A noter « l'incapacité » de Mr Dupont à donner suite…


Reçu ce matin :



"Mr junkyardheart [où avez-vous trouvé un nom pareil ??!]
Nous vous remercions de l'intérêt que vous portez à notre entreprise, mais sommes dans l'incapacité de donner suite à votre demande d'entretien d'embauche. Nous vous avions demandé un curriculum vitae, et non un poème-torchon sans queue ni tête. Votre but était semble-t-il de vous moquer de nous, sachez que c'était la première et dernière fois.
Nous ne vous saluons pas."

Mr Dupont, DRH

Voilà ce qu'il en coûte d'être distrait et de relever des défis insensés
Voilà où ça mène tes conneries, Plaiethore ! Merci



 



Quant à moi, je remercie chaleureusement les auteurs et leur ardeur à livrer cette bataille (parmi tant d'autres à mener) pour la liberté de la déraison.



Symbolique, symbolique, me direz-vous !




Ils prouvent ici leur capacité, eux, à faire sauter les écrous.



Petit écrou qui saute ne deviendra pas grand.



 



Nota bene : Les droits d'auteurs ne seront jamais versés. Vous étiez prévenus.



Vendredi 31 mars 2006


Cette exquise demoiselle est née aujourd'hui...


La magie de son "marché aux illusions" est à portée des yeux. Inlassablement, j'aime m'y promener, déambuler sur les chemins entrelacés, et emplir mon caddy de cerveau de victuailles spirituelles, fines et délicates.



Mardi 28 mars 2006


En réponse vengeresse Ã  ce talentueux Monsieur qui a osé exhiber de


manière outrageante et quasi pornographique son corps nu, en ignorant


l'existence de la feuille de vigne frontale à ventouse de la façon la plus


hautaine qui soit, je franchis le pas et me flagorne moi aussi d'une anatomie à


faire rugir de plaisir les mains créatrices des sculptrices bruxelloises.


...



 


« Contorsions voluptueuses Â», Hélène de Groot


Et voilà ! Je suis assez fier de la finalité de ma pose.


Redressez-vous femmes pâmées et osez regarder !


Baissez le regard hommes imbus !



Méfiez-vous du ver de terre qui dort. Proverbe de moi.

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