Lundi 7 décembre 2009







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"Univers Plaiethorique" par Pascale CERATO, 2008








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Mardi 29 septembre 2009





« J’ai envie de t’avouer quelque chose. Mais j’ai peur que tu me trouves stupide ou prétentieuse ».

« Parle. Tu sais bien que je t’écouterai sans te juger… Allez ! Je t’en prie ! »

…

« Picasso est le début de ma conscience ; je ne peindrais pas comme je le fais si Picasso n’avait existé. J’ai toujours senti que quelque chose d’intime se passait entre lui et moi… C'est mon Amoureux, mon Amant. J’aurais dû le rencontrer, j’aurais dû le connaître. Nous aurions pu peindre ensemble… C’est sûr !
Et maintenant, j’ai l’impression que je serais capable de compléter ou de terminer certaines de ses toiles… Je saurais faire ce travail… Mais je ne le peux pas… Il n’est plus là. Et ça fait chier ! »

Et l’eau salée fit brièvement briller la profondeur des prunelles claires de mon amie.
Et prise de douce transe, sa main aux longs et fins quintuplés mima les coups de pinceau qui remplissaient les espaces que Picasso aurait laissés à son intention. L’essence même de son travail prenait consistance invisible en volutes spirituelles, surnaturelles.


Et les yeux de Jacqueline, éternelle assise dans son fauteuil, firent plus que jamais vibrer les cordes de la vie.


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"Jacqueline assise dans un fauteuil", Pablo PICASSO 1964


Et les morts huilés de Cézanne, dont je ne comprendrais jamais comment le génie, colorant ses périodes hétéroclites du verbe Être comme un « animal en rut » avait pu en tomber sous l’admiration, restaient inexorablement morts, les yeux cirés à plat, le mouvement jamais rendu, la peau jamais palpitante et me donnaient encore et toujours l’envie de me pendre, un crochet de boucher ignare planté dans ma gorge.

« Ni stupide, ni prétentieux, c’est magnifique ce que tu dis. Je vais l’écrire ».

« Mais ! Tu m’emmerdes avec ça ! »

« Je ferai de toute façon ce que je veux ; je te préviens seulement »

Avec douceur… « Oui, je le sais. Fais donc ce que tu veux ».










Lundi 6 octobre 2008




UN CHIEN ANDALOU


Court métrage et film expérimental de
Luis Buñuel (l'homme au rasoir du prologue) et Salvador Dalí (un séminariste)



Sur un balcon, un homme aiguise un rasoir, regarde le ciel au moment où un léger nuage avance vers la pleine lune.
Le nuage passe sur la lune, la lame de rasoir traverse l'œil de la jeune fille...





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(je tiens à prévenir que le film à visionner se trouve en lien sur la colonne de gauche de la page et dont le titre est : UN PERRO ANDALUZ)



"Ce petit chef-d'œuvre d'un quart d'heure, est à ce jour un des manifestes les plus virulents jamais réalisés en faveur de la liberté artistique. Il conserve intacte une bonne part de charge subversive originelle. On a beau avoir déjà vu et revu le film, le globe oculaire fendu par le cinéaste lui-même, avec une lame de rasoir, reste une des images cinématographiques les plus difficiles à soutenir. Venu le défendre lors d'une projection publique en 1934, Buñuel avait rétorqué à ses détracteurs que son film n'était rien de moins qu'une invitation au crime et au viol.

Réfutant en bloc les innombrables interprétations symboliques et psychanalytiques faites du film, Breton avait affirmé que ce qui compte n'est pas ce qu'il a voulu dire mais ce qu'il a dit. A savoir, une nouvelle façon de voir le monde, façonnée par l'érotisme, libérée des contraintes de représentation classique, des repères spatio-temporels, des conventions narratives et morales traditionnelles. Par la seule puissance du désir, un homme se transforme en femme, une femme habillée se retrouve soudain entièrement nue, deux ânes morts se retrouvent coincés dans deux pianos à queue accrochés par deux cordes à deux curés, une porte d'appartement s'ouvre sur une plage déserte... Déjouant constamment l'attente du spectateur, ouvrant son imaginaire sur des abîmes infinis, le récit procède délibérément par association d'images. Sa cohérence, essentiellement formelle, tient à la récurrence de motifs, d'objets, de personnages qui écrivent bien une histoire, mais sur un mode totalement nouveau, et purement cinématographique.


Le scénario a été écrit en une semaine, par Dali et Buñuel, selon un procédé qui emprunte aux techniques littéraires surréalistes de l'écriture automatique et du cadavre exquis. Le montage, direct, transparent, reflète ce processus, en mettant en lumière ces jeux d'associations : une main trouée grouillante de fourmis/une aisselle de femme/un oursin, etc. Une foule massée en cercle rappelle plus tard, aussi bien la forme de l'œil fendu du début, de la lune qui l'annonce, que de la nuée de fourmis. Tiré par un petit fil rigoureusement tissé par la main de maître de Buñuel, on saute sans transition, et en permanence, du dégout à l'émerveillement, du trouble érotique à la surprise amusée."


(source : #)


 

Jeudi 22 février 2007




Ou pour le simple plaisir de l'association des images


"Le manoeuvre", August Sander




"Révolutionnaires", August Sander


Briques sur le dos et briques sous le cul
Sueur et révolte

Mutinerie et soulèvement
La tête et les jambes
La morve et la salive
Les cris et les chants
La souffrance et l'idéologie
L'appel et l'exhortation
Les mines et les tribunes
Serrer les dents et serrer les mains
Le peuple et la popularité
Le sang et la gloire


Lundi 15 janvier 2007



Quand l'écorché unifia l'art à la science


Quand l'anatomie réaliste s'acoquine au trompe-l'oeil et à l'"encore-en-vie",
pour magnifier le symbolisme de la mort


Govard Bidloo (1649 - 1713) [anatomiste]
Gérard de Lairesse (1640 - 1711) [artiste]




John Bell a critiqué "La soumission du véritable shéma anatomique à l'interférence capricieuse de l'artiste, dont la règle, elle, a trop souvent été de rendre tout beau et de lisser,
ne laissant aucune rudesse..."


John Bell (1763 - 1820) [anatomiste ; artiste]





Dissection sans complaisance, chair loqueteuse, mains liées.
Un réalisme du plus haut niveau, qui peut suggérer, selon, une indifférence des plus affligeantes,
ou un plaisir malsain à la contemplation de la douleur humaine


Govard Bidloo et Gérard de Lairesse




Une peau séparée de la chair de l'homme, tel un ectoplasme
ou la suggestion d'un esprit désolidarisé du corps


Juan Valverde de Amusco (1525 - 1588) [anatomiste]




Couleurs subtiles, ombres délicates, composition affirmée,
et la dissection devient beauté sereine


George Viner Ellis (1812 - 1900) [anatomiste]
George Henry Ford (1809 - 1876) [artiste]



Pour découvrir d'autres surprenantes planches anatomiques, suivez le chemin...



Samedi 6 janvier 2007



Derrière son masque impavide,
elle porte toutes les douleurs et les questions de l'énigmatique univers


Photographie de Sarah Moon

Instant de grâce.
Touchez des yeux l'impalpable.


Vendredi 1er décembre 2006






"La prière", Man Ray 1930

Elle est au final une sublime histoire de fesses.


Jeudi 23 novembre 2006



Produit fabricant transformé en produit fabriqué

Tout le monde connaît la célébrissime Joconde de Léonard de Vinci.


Certains connaissent l'image d'une Mona Lisa affublée d'une moustache et d'un bouc et en ont ri volontiers.


Mais combien savent le pourquoi, le comment, le par qui ?


La Joconde aux moustaches est l'œuvre de Marcel Duchamp. Il s'agit de sa reproduction interprétée et irrévérencieuse de cette icône de la peinture, en format carte postale.


Les dadaïstes ont reconnu leur concept d'anti-art dans les ready-mades (objets utilitaires introduits dans le domaine de l'art et de l'esthétique) de cet artiste. Mais contrairement au mouvement de Zurich, Duchamp ne souhaitait pas se dresser contre l'art en soi, le détruire ou bien le ridiculiser . Duchamp a voulu poser des questions, en s'adressant à une peinture traditionnelle épuisée. Il a titillé le folklore poussif pour en sonder les limites.


Duchamp, dans un premier temps, a rompu le mythe du créateur romantique en montrant que tout objet courant et fonctionnel, tout produit de fabrication massive (le porte-bouteille, l'urinoir ou la fontaine…) pouvait par la simple décision ou l'autorité de l'artiste être promu au rang d'Å“uvre d'art. Il aura prouvé la suprématie de celui qui crée par simple ordonnance ou « crachat Â», en hissant la provocation, typiquement dadaïste, sur les socles des plus grands musées.


 


A présent le pont étant jeté, tentons de saisir l'idée de Marcel Duchamp.


Considérons donc La Joconde de Léonard de Vinci, non comme un produit de fabrication de masse, mais comme un produit fabricant la masse populaire de par sa célébrité…


Il n'y a alors plus qu'un petit pas dadaïste à faire pour transformer le produit fabricant en produit fabriqué...


Vous me suivez ?


Duchamp alors reproduit sans considération la Joconde et l'affuble de fines moustaches daliniennes et d'un bouc, affirmant et grandissant ainsi son concept du ready-made par le biais de la très commerciale carte postale.


Vous avez maintenant compris. Ceci est une affirmation que je me donne.


Et l'humour dans tout ça ? N'oublions pas l'humour.


Lorsque Marcel Duchamp dessine des moustaches à Mona Lisa, il anéantit avec cette arme de destruction massive - là encore - la barrière des sexes.


En effet, dans la littérature consacrée à l'art, ce geste a toujours été interprété comme un rappel des dadaïstes aux spéculations tournant autour de l'homosexualité de Léonard de Vinci.


Marcel Duchamp a d'ailleurs parsemé tout au long de ses Å“uvres des allusions sexuelles, déguisées ou non. L'étrange série de lettres apparemment dénuée de sens, inscrite au bas du tableau : « L.H.O.O.Q. Â», fait partie de cette drôle de manie de l'artiste.


Si on lit les lettres rapidement, voici la phrase que l'on entend :


« Elle a chaud au cul Â» !


Riez maintenant, car vous savez.


L'humour est aussi un concept que l'on doit comprendre depuis sa source.



Samedi 28 octobre 2006


Le silence dort...


"Ribs", Kiki Smith


et j''accrocherai l'absence, jusqu'à en faire un art...


Mardi 3 octobre 2006

Durant mes heures de décompression, je suis parti à la chasse.

Je ne suis pas revenu bredouille et mes trophées ont été déposés chez celui qui est maître dans l'exercice de capture d'une espèce sauvacitadine, contemporaine, haute en couleurs et messages ; j'ai nommé le Grand Graff, issu de la branche des grandes fresques de rue.

Oui, je suis devenu l'espace d'une demi-journée, comme Sieur Marko.n.a., un chasseur de l'art nomade et j'ai adoré. Rien de tel pour se détendre.

Jeudi 1er juin 2006



« L'art n'est pas chaste.


On devrait l'interdire aux ignorants innocents, ne jamais mettre en contact avec lui ceux qui y sont insuffisamment préparés.


Oui, l'art est dangereux.


Ou s'il est chaste, ce n'est pas de l'art Â»



"Dora et le Minotaure", Pablo Picasso




Dimanche 21 mai 2006

 


 


Des pinceaux vivants, musique de fond de pot de chambre, mise en scène fébrile et surréaliste,




Anthropométrie performance


pour des résultats anthropométriques aux délicieuses saveurs bleutées de « traçabilité » inutile du corps humain...



 


 


 


 


 


 


 


 


 


« Anthropométrie », Yves Klein.


 

Vendredi 24 mars 2006



L'innocence, la beauté, la cruauté, les interrogations, qui sont pensées, vues, écrites, peintes… et offertes par l'artiste deviennent parfois insanité, laideur, provocation, dans les yeux des troubles et des vils esprits.


La prude et le choqué sont souvent pour moi les ignorants volontaires, les fourbes, qui masquent leurs peurs primaires, leurs vices non aimables et leurs fantasmes inavouables, sous couvert d'une morale vaseuse que je n'accepte pas.




Jason Felix, Galerie Obsolete 004


Dédicace à ce jeune et talentueux artiste germano-américain. Dessinateur, illustrateur, photographe « manipulateur Â», créateur d'animations 3D. Un géant de la conception graphique, intervenant pour le cinéma, les multimédias, les séries de comics…


J'accepte le choix d'aimer ou de ne pas aimer et les uniques bornes que seul le talent peut poser. Le talent, autre concept, autre débat...


Ceci n'est que mon idée, elle a fait son chemin en ce qui me concerne.

Faites-en ce que bon vous semblera.






Dimanche 12 mars 2006

 


 


Les vanités au XVII ème siècle avaient pour mission de rappeler aux hommes qu'ils étaient mortels et donc de les mettre en garde contre un trop grand attachement aux biens de ce monde.


Les œuvres, picturales pour la plupart, étaient exposées dans les églises et le thème s'articulait autour d'une présence macabre pour rappeler au fidèle sa finalité et la futilité de certains concepts (musique, gloire, amour, ivresse…).


 


 



"Vanité", Simon Renard de Saint-André


 


 


Aujourd'hui, l'art contemporain explore de nouveau cette vanité, sous différentes formes, en mêlant intention, métaphore, absurde, instabilité de la forme, fuite du temps et identitaire et relativité de notre existence même.



"Portrait as a vanité", Joël Peter Witkin


 


Libre à chacun d'entre nous de trouver nos propres vanités, d'y donner une explication pertinente et de nous remettre les pieds sur terre… ou non.



Olivier Verdon


 


Edit :  "un peintre avait utilisé le trompe l'oeil pour insérer un crâne représentant la vanités de ses maîtres puissants lorsqu'il faisait leur portrait" dixit Miss Paracelsia.


Nous sommes à la recherche du nom de ce peintre...

Dimanche 5 février 2006



"A B C D", Raoul Haussmann 1925


"L'objet usuel est promu à la dignité d'oeuvre d'art par le simple choix de l'artiste" ,


André Breton.


Je dirais qu'il peut en être pareillement pour toutes les particules, même les plus insignifiantes


- en apparence - qui composent la toile de l'humain et de son monde.

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