Une nuit de crachin glacial et cinglant du dernier an mort, il chantait dans ma ville.
Avant de quitter la scène, le Poète Apache s’adressait à la foule ivre de sa voix des cavernes de l’âme, la nuque rompue sous les coups assénés de sa musique…
Il m’a dit « Au revoir. Prenez soin de vous. Surtout n’attrapez pas froid ».
Je l’ai entendu.

J’ai jeté au ciel les hurlements qu’il venait d’étouffer dans ma gorge.
Une fois mes exhortations retombées à ses pieds, comme bouquet jugulé de délitescences, il s’est baissé, mimant d’un geste révérencieux l'immortalité qu’il m’offrait en échange d’une poignée de ma douleur qu’il acceptait de ramasser et d’emmener avec lui.
Poète, tu peux toujours mourir, tu peux encore courir !
Donnant-donnant Poète.
Nous avons signé un pacte insensé et illisible.
Nous avons mêlé la cendre de mes yeux à ton sang.
*
Avant de quitter la scène, le Poète Apache s’adressait à la foule ivre de sa voix des cavernes de l’âme, la nuque rompue sous les coups assénés de sa musique…
Il m’a dit « Au revoir. Prenez soin de vous. Surtout n’attrapez pas froid ».
Je l’ai entendu.

J’ai jeté au ciel les hurlements qu’il venait d’étouffer dans ma gorge.
Une fois mes exhortations retombées à ses pieds, comme bouquet jugulé de délitescences, il s’est baissé, mimant d’un geste révérencieux l'immortalité qu’il m’offrait en échange d’une poignée de ma douleur qu’il acceptait de ramasser et d’emmener avec lui.
Poète, tu peux toujours mourir, tu peux encore courir !
Donnant-donnant Poète.
Nous avons signé un pacte insensé et illisible.
Nous avons mêlé la cendre de mes yeux à ton sang.
*
Comme Un Lego
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ce petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement
A porter mille fois son point sur le i
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent
La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego
Voyez-vous tous ces humains ?
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront
Car si la terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au delà c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage
A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible lego
Comme un insecte mais sur le dos
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans
On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Alain Bashung
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
Et tous ce petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant des siècles égyptiens
Péniblement
A porter mille fois son point sur le i
Sous la chaleur et sous le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Quelqu'un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent
La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego
Voyez-vous tous ces humains ?
Danser ensemble à se donner la main
S'embrasser dans le noir à cheveux blonds
A ne pas voir demain comme ils seront
Car si la terre est ronde
Et qu'ils s'y agrippent
Au delà c'est le vide
Assis devant le restant d'une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d'amibes
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d'un même miroir
Vêtues d'acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
A te balancer dans cette cage
A voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible lego
Comme un insecte mais sur le dos
C'est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d'argent
La lunette d'un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans
On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Alain Bashung


Et la force de ton hommage fait frémir.
Je t'embrasse. Fort aussi.