Couillon de la Lune a donné un grand coup de foudre dans l'escabeau
C'est la colère, c'est la colère
Comprenez, il n'y a plus de croûtes de réverbère à gratter
Et les poches trouées ont laissé s'échapper le sable
crissant
C'est la fatigue, c'est la fatigue
Comprenez, c'est bientôt le printemps
Les oiseaux vont éclore,
Les bourgeons vont commencer à piailler
Les fleurs vont bourdonner
Et les abeilles se lissent déjà les moustaches
Sans parler du bâtard jaune en haut des cieux
Qui débute ses gloussement de tapir enrhumé
Des mouches qui se mordent la queue
Et des fourmis qui se lèchent le croupion
Et comprenez, le soleil fout le cafard au couillon
Il préfère rouler des pelles à la lune
La putain de ses nuits éclairées
Il a tellement gratté pour lui plaire
Que ses ongles sont devenus vers de gris
C'est le sommeil, c'est le sommeil
Ca empeste la mort, ça empeste la haine, ça empeste
l'aisselle de brute
Alors de quel droit les coquelicots s'ébrouent-ils
En une seule armée de conquérants aux glaives de
rosée ?
De quel droit suivent-ils le couillon de la lune
Qui exhorte la fanaison précoce des pavots
Afin de trancher les jarrets des érables à sirop de
connerie ?
Comprenez bien, le couillon a sous ses paupières
Un linceul maculé, qui gigote dans un trou ensablé
Pour tenter d'échapper aux pierres de prières acérées
Un regard de printemps qui ne veut pas de l'été
Un souffle d'hiver qui a oublié comment ramper
Un petit prince qui part pour l'abattoir
Une belle au bois qui ne veut plus se réveiller
Et une Diva qui freine à chanter en aparté
C'est la poésie, c'est la poésie

"L'hommage à Oskar Panizza", George Grosz
Ce sont pourtant bien ces mêmes coquelicots
Qui ont tâché le drap blanc de pétales ensanglantés ?
C'est pourtant bien le nez dudit couillon de la lune
Qui ne cesse de donner des larmes carminées ?
Puisque lui ne sait toujours pas pleurer
C'est la romance, c'est la romance
Comprenez, il a besoin de souffler
Il entend les cris des fous dans les plaines
Comme un appel qui siffle le renoncement du combattant
Il ne veut pas les écouter, il prendra le chemin rocailleux
Celui qui mène aux sommets sans pics
Il surveillera ainsi son lampion urbain de plus haut
Attendra qu'il se couvre encore de belles croûtes lumineuses
Qu'il soit de nouveau mûri par les rayons suintants de
barbarie
Pour ensuite revenir, apaisé de brûlures et de courroux
Et une fois gavé de la rage de l'amant exaspéré
Ses griffes auront poussé et voudront immodérément s'encrasser
Et les épluchures de poumons seront blettes et prêtes Ã
folâtrer
C'est l'humour, c'est l'humour
Comprenez, le couillon de la lune ne vous tourne pas le dos
Il ne s'agit pas de désertion, pas de débandade, pas de
débande
Mais de dépassement des
altitudes cocotte à l'arsenic
Et de cueillette pléthorique de fleurs âcracides
On ne les trouve que là -haut ces bubones à la langue sucrée
Il fait mille pirouettes, jusqu'Ã mille lieux d'ici et de lÃ
Il vous salue et vous dit à bientôt les perles, avez-vous donc compris ?
Chuuuuuuuuut...
Plaiethore

