Jeudi 6 novembre 2008

Comment en si peu d’écoulement de sable dans le contenant de la vie, peut-on amasser autant de pavés de tourment ?
Pourquoi, lorsque l’existence ne souhaite que déployer ses voilures, s’abat sur elle un astéroïde d’âme lourdée de tous les rêves brisés de l’humain en inéluctable déclin ?
D’où viennent les larmes qui pleuvent comme ondée innée sur les corps transis d'aspiration en sursis constant ?
Quand est-ce que les planches craquèlent sous la marche, pour laisser s’écraser le port de l’aventure dans le nid d’une vielle rivière asséchée et frigide ?
En quel cas peut-on à ce point chuter, que l’on entraîne dans une descente endiablée l’avortement de notre substance à la moelle de coco ?

Quelle est la faute originelle ?
Qui a créé l’erreur fatale ?
Où se terre le commencement de l’effroi ?
Qui commet le crime ?
Qui a poussé Mémé dans l’escalier ?
Qui a passé le chat sous la tondeuse ?
Tel ne pourrait être dompté ?
Telle ne pourrait être gravie ?
Qu’est ce qui ne peut être pardonné ?
Et puis d’abord… pourquoi absoudre ?
Qui avoue la transgression ?

Toi ? Moi ? Nous ? Eux ?
 
Eux ! Eux ! Le panier d’eux !

Quels vains questionnements !
Pas de tête. Pas de queue. Mais un tronc  en charpie, en bouillie purulente, en purée allégorique et tout cela au nom d’un code de programmation existentielle !




http://plaiethore.cowblog.fr/images/DADAPANORAMAHannahHOCHHphotomontage1919.jpg"Dada Panorama", Hannah Höchh 1919.


Mierda à la faute.
Mierda à la culpabilité.
Mierda aux coudières, aux genouillères et aux grenouillères.
Mierda à votre peur primale, à vos affolements de simplets.
Mierda à votre encroutitude de surface à polir.

Mierda à vos partis pris qui ne vous apprennent qu'à marcher en balançant votre pensée sur la cadence de ce qui est bien, de ce qui est mal.
Mierda à votre morale à deux balles et vingt et un siècles de durée de chienlit d’éthique et de devoirs à rendre.

J’ai modelé un beau soleil ombrageux, une douce lumière mourante, une magnifique lueur d’un noir profond et scintillant.
Mon ampoule est un clignotant de dépassement.
Ma plume s'est travestie pour que vous ne violiez jamais mon âme.
Je ne suis effrayé que par votre terreur statufiant l’envol de l’esprit et le mouvement du corps.
Je vous jette au visage le voile photogène de la rigolade et je galope en remuant le pédoncule.

Je m’allonge sur les flammes afin de les faire taire, eux, les dérisoires commentateurs de leur vie habillée déjà de cris-sans-thèmes.
Je roule boule mon dos sur les braises pour étouffer leurs vociférations de gisants béats, de tristes sires infirmes de l’honneur, de sales babines mal léchées qui fuient un mensonge qui ne hurle pourtant que la vérité dénudée.
Je m’endors sur les escarbilles, ignorant la douleur, pour entendre en définitive le tintamarre étincelant de la naissance retrouvée.
Je souffle sur feue la flambée pour laisser s’envoler les particules de la péripétie nouvelle.
Il suffira juste que je vous regarde pour que vous vous transformiez en nauséabond fumet de cochon braisé.

On y va, oui ou non ?!!

Ouvre-moi la porte et bouge avec moi !

Ou bien, gèle sur place… Tu as toujours le choix ; le congélateur est resté branché, les cafards dansent la salsa dans les rouages de la turbine à glaçons et tu peux encore faire engraisser mon courage en ensevelissant le tien sous l’épaisseur de vieux givre…

Phtiriase !
Plaiethore
Par Margritis le Jeudi 6 novembre 2008
Les dérisoires commentateurs, amateurs de confit-ure de truies, eux, n'ont pas de pédoncule. Non jamais.
Phtiriase ? Dodue de surcroît. :)
Par Plaiethore le Jeudi 6 novembre 2008
Chère Margritis, rappelons-nous le peut-être illusionniste pédéraste, plié sur ses lacets et qui grommelait que son cerveau était pris dans les toiles d'une putain d'araignée... Souvenons-nous et chantons sous la pluie ! Flic flac et floc :)
Par Lichtgestalt le Jeudi 6 novembre 2008
Excellente question... Pourquoi absoudre? Pourquoi donner un pardon qui n'est pas demandé? Qui croit encore l'Homme capable de regretter ses fautes?
Par Plaiethore le Vendredi 7 novembre 2008
Effectivement Fraülein Jack, celui qui ne souhaite pas se repentir ne saurait alors quémander l’absolution.
Quant à répondre à la question de savoir qui croit encore l'Homme capable de regretter ses fautes... l'on pourrait dire un saint... mais je ne crois pas en la sainteté.
Par Eric LOW le Vendredi 7 novembre 2008
je te trouve en grande forme ! je me laisse soulever par les vagues de mots qui tombent lourdement sur mon cerveau congelé... la rage est bonne conductrice pour écrire...
Par Lichtgestalt le Samedi 8 novembre 2008
Parce que la sainteté est une absurdité, une hérésie hyprocrite perpétrée par l'homme envers lui-même pour se donner l'illusion de la bonté fondamentale.
Moi je crois à la rage, à son courage qui n'absout pas les fautes mais qui les assume, ce qui nous est beaucoup plus difficile je pense.
Par Plaiethore le Samedi 8 novembre 2008
Cher Éric, je ne crois pas une seule seconde que tu te sois délesté de ton cerveau en le plaçant dans le congélateur ^^



Nous sommes bien d’accord Fraülein Jack, la sainteté n’est qu’une invention destinée à la lâche acceptation de ce qui n’est ni admissible, ni supportable, ni crédible, ni prouvé.
Elle est alors position bien facile pour admirer les yeux fermés et la bouche ouverte en affreux louanges les désastres causés et les calamités qui peuvent nous être infligées.
Etre en accord avec l’inacceptable est l’antithèse de la conscience en une victoire sur le misérabilisme inné.
Croire au devenir de cette victoire est donc bien le fait d’attribuer le discrédit à la faute originelle, de faire le don de mutation à l’erreur afin qu’elle se transforme – parfois par le biais de la rage, oui – en un rebond, en une marche incessante, en une recherche intra-externe, en une envolée euphorique qui cette fois peut réellement clamer la créativité d’une évolution.

Se battre n’est surtout pas, mais alors surtout pas désirer la rémission et l’absence de faute.
Si un jour, je m’aperçois que je ne chute plus, je me battrai alors tripes à l’air pour pouvoir encore considérer la possibilité de me relever et oui, d’assumer la truffe haute.
Par undefined le Dimanche 9 novembre 2008
Hormis le fait que ces échanges soient pour le moins passionnants, je suis affreusement déçu que personne n'ai relevé l'extrême cruauté de l'acte de jeter une mémé dans un escalier... éjectée dans les orties ou bien dans les ronces, la pauvre vieille aurait souffert certes le martyre, mais au moins elle aurait pu avoir bien plus de chance de survivre à l'agression gratuite et psychopathe de l'auteur.
Vous êtes, vous êtes... tiens je perds mes mots.
Par undefined le Dimanche 9 novembre 2008
Je ne suis pas undefined, je suis Francis H !
Par Lichtgestalt le Dimanche 9 novembre 2008
Nos pensées se rejoignent, en effet. Du moins c'est le cas quand nous sommes en état, vous comme moi, d'en aligner deux qui soient cohérentes =).
Malheureusement, personne ne croit au devenir de la victoire sur le misérabilisme inné. L'on croit en Dieu, au Bien, à des notions pré-inculquées dont l'assimilation ne demande aucune réflexion. Et, effectivement, sans réflexion, il ne peut y avoir d'évolution.
Malheureusement la sainteté et le désir de rémission sont des rouages en marche depuis longtemps dans le mécanisme des cercles vicieux de l'enfer dantesque qu'est la lâcheté humaine.
Se battre les tripes à l'air pour gagner le droit de se relever et d'assumer, ça, c'est une preuve de grand courage. Un courage qui ne se manifeste que trop peu. Car oui, il est important de s'élever. Mais c'est impossible si l'on ne part pas d'en bas. Nous sommes conditionnés pour croire à d'impossibles idéaux qui nous donnent l'illusion de l'élévation sans chute.

Certes, je vous l'accorde, Francis H, la mémé ne pourra probablement plus s'élever des suites de cette chute... Mais l'auteur, comme vous le dites si bien, aura la possibilité de le faire en enjambant sa carcasse et, avec elle, les remords parasites qui envahiront san conscience, pour s'en aller comme si de rien n'était.

Avoir conscience de ses erreurs, je pense que c'est du courage.
Avoir ses erreurs sur la conscience, c'est la plus abjecte des lâchetés.
Par undefined le Dimanche 9 novembre 2008
Par Francis H :

Je n'aurais pas écrit aussi bien ce que je pensais de l'auteur :)
Par Plaiethore le Dimanche 9 novembre 2008
Chère Lichtgestalt, pour finir (mais juste un peu, de blaguer), vos deux dernières phrases clouent mon bec d'ornithorynque qui aime à boire dans les bénitiers.
Je vous répondrais également que, oui, j'ai bien dormi, si le bien s'accorde ici en une agitation frénétique sous ma couette ; et vous savez pourquoi ?
Et bien tout simplement par ce qu'une discussion d'hier s'est close sur un inadmissible "ce n'est pas possible"... je me suis donc battu toute la nuit avec mon oreiller et je l'ai tellement torturé dans tous les sens qu'il ressemble aujourd'hui à une vieille serpillère à litière pour chat.
Je me suis réveillé avec quelques solutions à tenter, alors bon, je dormirai mieux cette nuit qui approche... enfin...
Par Lichtgestalt le Lundi 10 novembre 2008
Francis H, vous n'avez plus qu'à tenter l'expérience... votre grand-mère habite-t'elle en rez de de chaussée? x)

Oh, je m'en voudrais de clouer votre bec, moi qui aime tant m'abreuver à ce qui en sort =).
"Ce n'est pas possible"? Ma foi, tout ce que je vois à répondre à ceci, c'est que la seule chose qui puisse être qualifiée d'impossible est l'impossible... et encore, si l'on tient l'impossible pour impossible, cela signifierait que même l'impossible est possible... Bref. Je comprends que vous torturiez vos oreillers en vous interrogeant sur la question. Mais, possible ou impossible, je vous accorde que l'impossible est inadmissible =).
Par Plaiethore le Lundi 10 novembre 2008
On se lève tous un matin, ou l’on se couche tous un soir en se disant « mais cela est impossible ». Certains alors, baisseront rapidement les bras en souhaitant l’économie d’une énergie qui honorerait la tentative et qui épuiserait surtout leur étrange attraction vers les tracacas quotidiens et anodins. D’autres préfèreront plutôt oser l’essai, l’épreuve parfois très rude, et en ce sens inévitablement l’impossible devient une notion obsolète et pourtant bien énergisante, ne serait-ce qu’intellectuellement parlant. Que l’on nous traite de masochistes ou d’utopistes, cela me convient fort bien.

Puis, vous savez Chère Jack, le bec des ornithorynques à sornettes est propriété de grands farceurs.

En parlant de farceur, Francis H est un ami très très très proche de ma personne ;)
Par Lichtgestalt le Lundi 10 novembre 2008
Et qu'en est-il des crapauds à sornettes? =)

Effectivement, la majeure partie des gens ne savent pas ce qu'ils perdent en n'étant pas masochistes. Laissons-les donc se contenter de leurs médiocres possibilités et exaltons nos utopies à la conquête de cet impossible qu'ils fuient =).

Je vois, je crois imaginer à quel point il est proche de votre personne. Je me le tiendrai pour dit =). Et vous pouvez compter sur ma discrétion x3.

Bel autoportrait que l'image de fond de ce blog, soit dit en passant.
Par Lichtgestalt le Mardi 11 novembre 2008
Oh, et, ne dormant toujours pas, je ne peux m'empêcher d'avoir une petite pensée compatissante pour vos méninges et votre oreiller...
Par Plaiethore le Mardi 18 novembre 2008
Oui, chère Jack, vous avez vu !
Vrillu, flêchu, finement couillu et piquement poilu, un bel autoportrait oui.

Merci infiniment de compatir pour mon chais'plus quoi qui me sert vaguement de grotte à tête, mais concernant mes méninges, je préfèrerais des caramous au beurre salé :)
Par Plaiethore le Mardi 18 novembre 2008
Ah oui ! Les crapauds à sornettes... Et bien, à l'instar de leurs cousines les grenouilles, ils savent très bien cracher ; par contre, nous pouvons les considérer comme bien supérieurs sur l'exercice du crachat. Les crapauds à sornettes en effet produisent de petites tumeurs glaireuses et savent les propulser à plusieurs mètres de distance et cela avec une précision déconcertante. En bref, ils savent, eux, cracher en des points stratégiques et douloureux dès qu'ils sont touchés.
Par monochrome.dream le Mardi 18 novembre 2008
Oh que oui ! Cent fois, mille fois mierda à la morale. Même si quand on s'en extrait, c'est notre sol de certitudes préconçues de toujours qu'on entend quitter par ce geste : ce sur quoi l'on s'est toujours tenus... debouts ? Non, fatalement courbés, immobiles mais sur pieds alors nous étions fiers.
En fait après quelques années comme ça, ce qui saute aux yeux,c'est qu'il faut être artiste, fou, ou mourir plutôt que d'être de ces clones gris.

Cow m'a fait le même coup, le jour où j'ai voulu lancer mon ortie dans cette baignoire-ci. Merci pour la robe à pois, c'est avec délice que je la dadatruis !
Je te souhaite aussi une belle journée (ton mot m'a fait plaisir :)
Par Lichtgestalt le Mardi 18 novembre 2008
J'avais remarqué ce talent indéniable qu'ont les crapauds à sornettes: celui de faire mouche à chaque crachat. =) Et je ne doute pas du fait que la puissance des dits crachats les pousse en avant, le contraire m'eût même fortement étonnée!

Effectivement, on ne peut évoquer Tilo Wolff sans penser au Requiem de ce cher Wolfgang, qui à mon sens du moins est le plus grandiose de ses chefs d'oeuvre, et le plus propre à toucher les coeurs. A quelle occasion serez-vous le porteur de ces larmes, si ce n'est pas indiscret? =)



Concernant Harlekin et ses inaccessibles espoirs... Ma foi, tes mots me vont droit au coeur, et qu'ils y restent. Je te suis amplement reconnaissante de te donner la peine de lire et de commenter, positivement de surcroît, mes inepties. Bien que déetstant donner l'impression de chercher à me faire plaindre, je me dois cependant d'objecter qu'à mon sens, Harlekin tient plus du patchwork de couleurs vives cousu au fil doré sur un pantin de porcelaine fragile et creuse... Mais ce ne sont que futiles considérations. =)

herzliche Grüße.
Par glandeur-rockmantique le Jeudi 20 novembre 2008
Limphatiques pandas !
Par Plaiethore le Vendredi 21 novembre 2008
Non Fraülein Jack, ce n'est en rien indiscret ; je vais tout simplement assister à une représentation du Requiem. Je deviendrai un porteur parmi d'autres porteurs composant le public ce soir là.


Rockmantikglandeur, la lymphe est peu ragoûtante, mais les pandas sont beaux... alors... si nous prenions plutôt l'image ... euh... d'un ragondin géant ébouillanté et crevé sur une plage, tiens ! ;)
Par hékate le Mardi 16 juin 2009
...j'explore au hasard,et voilà que dans un Com.je lis le nom de Tillo Wolff.Curieux,je l'ai rencontré à Paris,on s'est dit quelques mots.C'est bien du même,celui de "Lagrimosa"??? (j'ai des hallucinations,ou quoi? ou c'est le monde qui est petit!!!)
 

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