Certains se souviendront peut-être de cette photographie "La persévérance"
illustrant l'un de mes textes...


"Un choix décisif", Gilbert GARCIN

"L'indifférent", Gilbert Garcin
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Dimanche 13 janvier 2008
Ce n'était pas le demain le bon jour, ni l'après-demain, mais bien aujourd'hui.
Hier et avant-hier le ciel était plombé, sous chape de nuages statiques, l'air était humide et constamment arrosé d'une pluie fine, froide et mesquine. Le temps semblait vicieux, vicié par les tourments infligés par lui-même. Rien ne correspondait à l'ambiance dont j'avais besoin pour évoquer mes impressions, mes sensations.
Aujourd'hui, le mistral souffle sans trop de violence, les quelques moutonneux nuages se baladent et semblent plaisanter avec les oiseaux de mer ; plus de couvercle sur la marmite existence, c'est une belle journée pour s'adonner au jeu des pensées qui volent.
Car voyez-vous, s'il y a bien une liberté que nous offre Gilbert Garcin, c'est bien cette dernière, l'envol de la pensée.
 
"Le vol d'Icare" (d'après Léonard de Vinci), Gilbert Garcin
Ce Grand, dans tous les sens du terme - en taille, en âge, en charisme, en talent - est un ballon non dirigeable, un Zeppelin de l'incontrôlable, duquel suspendent toujours quelques cordages qui permettent de s'y s'agripper pour un voyage non prémédité ou bien qui se montrent dans le seul but de cligner très aimablement de l'œil à ceux qui auront choisi de ne pas suivre l'idée, le point de départ de celui qui crée.
 
"Changer le monde", GG
Hormis la puissance non écrasante, les hommages délivrés à ses pères ou frères, le surréalisme sans ambiguïté, l'absurde appréhendé en jeu de vie, qui se dégagent des œuvres de Garcin, il s'agit bien d'indépendance et d'autonomie que nous offre ce Monsieur. Suivent ensuite l'échange, la communication entre les personnes, qui souvent la bouche grande ouverte et après un certain laps de temps de contemplation et de navigation dans l'imaginaire ou le mythe, se lâchent à donner leur impression personnelle, avec un regard qui devient miroitant, enfantin et poétique. Le regardeur ne montre aucune résistance, il s'évapore avec consentement.
Voilà  ! Nous devenons poésie, émanation, perception, intuition, volatile, sous et au-delà des cimaises d'un sage qui ne l'a sûrement jamais été et qui ne souhaite aussi clairement ne jamais le devenir !

"Le chien d'Elliot" (d'après Elliot Erwitt), GG
Gilbert Garcin a dit : « En préambule, je n'ai pas grand-chose à dire, dans la mesure où mes photos sont un peu des auberges espagnoles. Ce n'est pas à moi d'en dire le sens. Le sens, c'est ce que l'on y voit. Il n'y a aucun message, aucune idée…
Il m'arrive de recevoir des interprétations tout à fait différentes les unes des autres. Je les accepte toutes, et je ne me dis pas : « celui-là , il n'a rien compris ». S'il comprend cela, c'est que cela y est. Je fais donc confiance aux regardeurs, même lorsqu'il s'agit de professionnels, d'iconographes par exemple, qui interprètent mes images d'une manière diamétralement opposée à ce que moi j'avais imaginé ».

"Nocturne", GG
Oui, Gilbert Garcin est grand et impressionnant au premier abord, en sobre costume ou éternel pardessus sombre, mais dés que l'on s'approche de lui, il incline avec douceur sa tête, transperce du regard le votre, se souvient de vous, écoute avec ce toujours petit sourire en coin empli de tendresse, vous serre la main avec force et conviction, puis parle.
Et lorsqu'il parle, l'on se tait un instant, étonné d'entendre cette voix à l'accent du Sud, si proche du chiffre 7 que du 77. La durée d'une vie n'a alors plus de poids, plus lieu de se présenter harnachée de croûtes ancestrales. L'on écoute à notre tour et l'on se laisse bercer, jusqu'au moment où l'on sent le grand bonhomme partir sur ses nuages ; il s'échappe et nous nous échappons sur ses ou sur nos hauteurs.
 
"Il faut imaginer Sisyphe heureux, GG
Regarder l'amusement de Garcin, c'est contempler les portes qui s'ouvrent sur le loin, sur le haut, sans jamais se refermer. D'ailleurs aucune poignée à ces portes, aucun verrou de sécurité. L'on peut s'asseoir dans son jardin, sur les branches de ses arbres, sur sa plage, l'on peut s'irradier d'évidences mises en scène, comme l'on peut courir vers les sommets ou culbuter en riant dans les précipices. Tout devient possible, il suffit de se laisser aller et des chemins ont été semés à profusion, comme autant de graines de malice.
 
"L'amour de soi", GG
Je ne veux pas clore cet article en ne parlant pas de Madame Garcin, souvent présente sur les photographies de son époux et jamais éloignée de sa belle stature charnelle.
Elle est une figure à part entière, grande elle aussi, mince, élégante, portant chignon détonant et le subtil parfum des muses. Cette femme est d'une beauté extraordinaire, sur laquelle le vil temps semble également ne pas s'être arrêté. La voix mélodie les mots, les yeux pétillent la jeunesse, les traits du visage sont lissés par les sourires qu'elle n'a jamais du abandonner trop longtemps… nous glissons… nous sourions… nous rions…

"L'enfer, c'est les autres", GG
Sa poigne à elle est de fer, elle est faite pour broyer les os de ceux qui se prétendent tout savoir et tout comprendre, sans jamais vouloir aller plus loin que le bout de leur nez ou de leurs pieds accrochés à un ballon rond et ignare ; mais à l'instar de son espiègle « Gilbert », elle nous présente elle aussi sa conception de la vie : « un jeu, la vie n'est qu'un jeu ; il faut savoir s'amuser, toujours ; nous ne faisons que cela avec Gilbert, jouer. Il est trop tard autrement. »
 
"La vie devant soi", GG
Des mains, j'en ai serré dans ma vie, mais aujourd'hui je me dis qu'en tâter de cette façon si libre est une sacrée chance,
qui ne se présente malheureusement pas à chaque détour et sur chaque route.
                        Plaiethore, qui remercie Monsieur et Madame Garcin du fond du cœur.

"Réservation", Gilbert Garcin


Tu vas le voir pour collaboration artistique ou juste pour tâter sa paluche, si elle a maigri, engraissé... etc ?