C'est un post scriptum, donc on dépasse le texte et l'on va tout en bas, en bas, en bas...]
[Edit du 20 juillet (ce n'est plus z'en bas)
Je m'éloigne de nouveau de la contrée Oueb, dés demain, pour un temps plus qu'indéterminé.
Pour ceux qui décideraient de reprendre la chanson "Plaiethore s'en va en fête", sachez que je vous suçonne le menton, jusqu'à ce qu'il en devienne violet de plaisir.]
°°°
J'ai vu des ombres et des lumières. J'ai vu ceux qui étaient éclairés de l'intérieur, ceux qui clinquaient de l'extérieur, ce qui clignotait dans la nuit, ce qui illuminait sous les astres, diurne et nocturne.
J'ai vu des grimaçants, des souffreteux, des rieurs, des irradiés, des morts, des vivants, des margineux friqués, des marginaux sous lambeaux de couette, des cassés sur les marches des temples effroyables, des alarmés par la beauté, des pincés du cul, des bouchés de la raison, des simples mais heureux d'esprit, des alambiqués du cerveau, des expatriés de la sagesse, des fous parlant à leur moi assassiné, des cocottes muettes en mal des autres promenant leur chien et la puanteur écrasée sur les trottoirs des oubliés.
J'ai vu l'espoir désespéré de la rencontre, la connivence automatique, la solitude acceptée, la foule en connexion symbiotique, les sourires donnés pour rien, les rictus horizontaux offerts pour un tout attendu et LE gratteur de couilles professionnel, moqueur et dos tourné au puritanisme des terriens qui venaient de loin sur un territoire conquis. Vous savez, les cons de conquérants de naissance, qui portent main à la bouche lorsqu'ils rient, afin de ne pas montrer leur intérieur de chair aux fausses dents dollardisées.
J'ai vu de vieux et forts pavés romantiques, de frêles goudrons de marche rapide, des escaliers à robots, des rues magiques, des avenues désolées, des boulevards paisibles, des lieux à mille bornes arrachées de la réalité basique, des esprits qui paradaient la belle époque, des personnages statufiés qui m'ont donné l'impression étrange de les connaître déjà par le toucher, comme aveugle amant du marbre ou du bronze sculpté, des clochers lugubres et des constructions oniriques hallucinées.
J'ai ri. J'ai beaucoup ri.
Et puis, j'ai vu ses sourires, j'ai entendu ses éclats hilares, j'ai ignoré tant que possible ses soupirs de Diva fatiguée, capricieuse parfois, j'ai écouté, bloquant ma respiration, la sienne qui flirtait avec le début de ses nuits.

Par Hannah Höch
Magique.
Magique.
Si aujourd'hui l'on osait me faire croire que je n'entendrais plus jamais ce souffle qui pénètre les préliminaires de ses apparences de rêve, demain, je me le jure, j'irai briser mes genoux sur les mêmes marches de ces pliés de dénuement et je rirai à la face de la croix meurtrière à gorge déployée, puis je me trainerai, rompu, jusqu'à ce sale vendeur de paroles assassines pour lui arracher le cœur et le dévorer.
Et puis, j'ai vu leurs yeux qui parlaient, dés mon retour sur le sol et j'ai reniflé leur cou, tour à tour, comme ça, à la va-vite, comme un voleur d'air pur d'origine… J'ai happé, sans traité signé, leur âme qui m'appartient.
Je n'oublierai rien. J'engrange, je fouette et fais mixture au goût sucré de mémoire. Je garde les œufs amassés, en ferai du lait de poule ou bien de la meringue à l'orange amère.
Je suis monté et descendu, remonté, redescendu.
Equilibre.
Robuste.
Fragile.
Je travaille, mais continue mes tracés, sur un limon, une humanité, si grande, si petite, boule qui roule…
Je reste un peu, tout petit peu, attends de repartir, ne reviens pas encore. Pas encore.
Bien à vous. Encore.
                                                                                     Plaiethore
P.S. :
Pour ceux qui s'en battent l'œil avec frénésie déconcertante, je tenais avant mon très prévu redépart, vous prévenir que lors de ma prochaine escale, je vais enchaîner (après divers et fous ordres et contre-ordres) le jeu des 7 vraies/fausses révélations.
Certains savent, par mes refus successifs, combien je n'apprécie pas ces jeux d'usine, mais ici, il ne s'agit plus vraiment d'un simple jeu me concernant.
Bien évidement, c'est bien ma chère Azazel qui m'a mis sur la piste de danse, mais aimant particulièrement remuer le cambouis en ce moment, j'ai tout bonnement aussi envie de balancer mes 4/7/8/9… vérités. Tempête en prévision… je ne sais pas. Nous verrons bien.

