Vendredi 31 octobre 2008



Petite silhouette gracile de dentelles noires, elle était assise à la table de verre, la pointe des petons à peine posée sur le sol.
Les traits de son visage étaient lustrés de plénitude, tout comme la matière alluviale qui glissait sous ses doigts agiles à l’assurance qui me paraissait ce soir là surnaturelle.
Sa concentration paraissait plus abyssale encore qu’à l’accoutumée ; ses ténébreuses prunelles signaient la détermination appliquée et sereine d’une majesté globale avérée.
L’être mouvant qui naissait de par sa création était une récurrence sublimée, une évidence à semi consciente.

Des heures durant, j’ai fait semblant de m’intéresser à quelques images de crise économique notoire qui défilaient sous mes yeux, à quelques sons de mantras qui racontaient la vie d’un prix Nobel bien affairé, à quelques odeurs suaves de fèves de cacao d’un Madagascar bien lointain.
Dérisoires quelques. Insignifiants quelques.

Je l'épiais, souffreteux mais béat.

Je ne voulais surtout pas la déranger, surtout ne pas interrompre son ouvrage qui résonnait le frêle clapotis de l’eau et le tintement des petits outils.
Je parlais seulement lorsque, enthousiaste, elle me demandait, non mon avis, mais mon acquiescement à ces exclamations satisfaites.

Il me plut alors à penser qu’elle triturait, travaillait, torturait, polissait de ses propres mains son âme.


 
http://plaiethore.cowblog.fr/images/412pxWilliamAdolpheBouguereau18251905TheMadonnaoftheRoses1903.jpg
« La madone aux roses », William-Adolphe Bouguereau (en négatif)


Elle sculptait.

 
Elle sculptait une stabilité fragile, une constance en danger, des fissures et des béances
qui peu à peu se laissaient envahir d’audace et d’aplomb.

Je comprenais sur l’instant l’étrange et très discrète détresse que je retrouvais toujours dans le regard des madones ; elles tiennent dans leurs bras l’incarnation de notre devenir présumé, le nouveau-né prétendant au trône du parfait éclat d’une humanité tendant vers la sagesse, et pourtant… Elles ont vu. Elles l’ont vue depuis leur antique existence, elle, sculpter ce qu’elles n’ont pas réussi à accomplir : la beauté à l’état pur émanant d’un moi secret.
Oui, c’est certain, ce doit être cela ; les madones sont marquées de la tristesse de leur échec et de la disgrâce de ne pas avoir su rivaliser de beauté créatrice avec elle depuis le passé.
Les madones l’ont vue, songeaient déjà à donner la chair du fils aux clous de la médiocrité et à se laisser mourir, efflanquées de déshonneur sur la couche des suppliques éternelles.

Elle sculptait, triomphante, et moi j’avais mal à en périr d’être le témoin privilégié de l’exaltation d’une victoire.

Il a alors grondé des tréfonds de mon estomac, a oppressé ma cage thoracique, jusqu’au débordement douloureux dans ma gorge.
 
Le bonheur.

Le bonheur ne se reconnaît pas au fracas qu’il fait lorsqu’il s’en va ; il se sait lorsqu’il est, par exemple, assis, silencieux, la pointe des petons à peine posée sur le sol, avec un aspect d’éternité au coin des yeux, une volonté de postérité aux creux des mains et qu’il vous broie l’osseuse charpente de toute sa masse.

L’on possède la puissance du bonheur, à l’instant même où il devient une mortification désirée, une ingénierie infernale que l’on espère, une souffrance majeure que l’on affectionne.
Mon bonheur est une incontestable invraisemblance.
 
Et elle, sculptait peut-être la félicité de son propre paradoxe.

Plaiethore

Par kaos le Vendredi 31 octobre 2008
Franchement mes couilles ont vraiment autre chose à faire que de me passionner pour ta vie minable de petite fiote refoulée.
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Oui il va de soi, comme de se laisser dessécher au cagnard de ton écran ou de se faire malaxer en couinant devant des boudins en vilains bas de mégère.
Que de la gueule, hein le nigaud qui joue les gros bras devant sa truie de prédilection !
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Au fait, tu pourrais mettre ton blog en lien... t'as peur ou quoi ?
Par kaos le Vendredi 31 octobre 2008
Plaiethore: non seulement t'es con, ce qui n'est pas de ton fait, mais plutôt d'un manque de chromosomes certain chez toi (c'est génétique je pense), mais en plus tu n'as ni le sens de la répartie, ni l'humour ou l'ironie pour t'attaquer aux autres.

Alors, vas y fait mumuse avec mon blog, mais tu risques de me lasser rapidement.

Au fait y' a mon blog en lien, je ne vois pas pourquoi j'aurai peur d'un abruti virtuel....car c'est tout ce que tu es: VIRTUEL.
Par maud96 le Vendredi 31 octobre 2008
En "positif" j'ai trouvé la peinture de Bouguereau un peu "plate"... (Bon, c'est du Bouguereau quoi !... je le trouve un peu "maniéré" parfois)
En négatif, tu lui donnes du relief (presque adhoc pour le Halloween américain !)
Et quand tu parles des madones, tu décryptes "l'amour maternel" de manière à faire penser...
Quant au Chaos très primitif qui est venu lorgner en haut de cette boîte à coms, j'ai vu que la nouvelle V3 permet de "filtrer" les coms pour éviter ce genre d'anonymat facile et lâche...
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Et bien au travers de la virtualité, il faudrait donc que tu expliques de quelle manière tu as bien pu compter mes chromosomes.
Concernant la répartie et l’ironie, il me semble, non je crois, que je n’ai plus rien à prouver ici.
Quant à l’humour, je ne vois pas ce qu’il vient faire ici, sachant que cet art n’est à partager qu’avec les grands qui le manipulent avec un certain talent ; ce n’est pas ton cas, donc je n’userai pas de cette aptitude avec toi, elle est précieuse et tu n’es qu’un pauvre dans le genre. Tu me comprends ?
Par rapport au fait de te lasser, bah tu sais quoi, cela je m’en bat l’œil avec force.
J’attendais l’intervention d’un nigaud, je suis servi, merci.
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Chevrette, le paramétrage des commentaires est à rebidouiller, l'anonymat et l'idiotisme ne me faisant pas particulièrement peur.
Bise petite Maud.
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
C'est maintenant chose faite :)
Par kaos le Vendredi 31 octobre 2008
Tu penses bloquer les gens si facilement?
Par kaos le Vendredi 31 octobre 2008
Mais mon pauvre Plaiethore, le net a cet avantage que l'anonymat y est impossible.

Concernant la répartie et l'ironie tu as tout à prouver sur le net, pas auprès de tes deux ou trois groupies.....
Par kaos le Vendredi 31 octobre 2008
A au fait le paramétrage ne doit pas être ton fort, tout comme l'intelligence...J'en suis à trois commentaires......

Bien j'ai assez perdu mon temps ici, je m'en vais te blacklister chez moi
Par monochrome.dream le Vendredi 31 octobre 2008
Mais qui a dit que le bonheur devait donner dans la vraisemblance ? Ca semble une énergie, chez toi, une écharpe temporelle, un mouvement bondi vers les hauts, ébroué des souffrances communes. Le bonheur en devient sublime, sublime au point d'en avoir mal.

Et l'autre, aux neurones KO, qui ne s'aperçoit qu'au bout d'une heure du temps qu'il perd, dans ses acharnements virtuels...
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Kaos, pauvre tâche humaine, tu n’as donc pas compris que les commentaires étaient au début paramétrés, sans volonté de ma part, afin de ne pas être publiés sans mon accord préalable, chose qui ne me convenait pas, d’où le bidouillage…
Au contraire de toi, je n’ai pas le besoin de reluquer sous microscope le nombre de chromosomes qui contiennent tes gènes de dégénéré ; on lit dans tes mots comme sous une lentille grossissante.
Et puis dis, pour une personne qui pensait à se lasser très rapidement, je vois que tu te plait finalement à venir chez moi montrer de l’intérêt pour ce qui t’est supérieur, en répartie, en ironie et en humour que je ne partage toujours pas avec les gueux de ton espèce. HEIL !
Par Plaiethore le Vendredi 31 octobre 2008
Joli-Nom, si tu as eu un peu mal en lisant ce texte, j'en suis alors heureux :)
Par que-vent-emporte le Samedi 1er novembre 2008
Eh ! Oh ! Je vous dérange ? Vous pourriez parler un peu de l'article, non ?
Oui, le bonheur il peut surgir d'un trait de pinceau, ou de crayon, d'un coup d'archet, d'un morceau d'argile. Je comprends ça. Mais ça n'arrive pas souvent.
Merci, l'ami, pour ces quelques lignes allusives, incomplètes. Pourtant, ce qui est donné suffit.
(A part ça, ta déco déconne...)
Par Plaiethore le Samedi 1er novembre 2008
L'ami Jean, effectivement ce bonheur là, celui qui nous pulvérise, qui nous tronçonne, alors que nous ne pouvons fuir la douleur sublimante, ce bonheur naissant de l'entité que représente la personne qui crée plus que de la création en elle-même ou des moyens mis en œuvre pour créer, n'arrive pas si souvent que cela ; ce bonheur là, s'il était habitude deviendrait alors bien difficile à supporter. Heureusement que les petits bonheurs, ceux qui ne hurlent pas dans notre âme, mais qui chuchotent tendrement le paisible existent également.

Sinon, concernant ma déco qui déconne, ne t'inquiète pas, c'est chose normale. L'habillage dada est parti aux oubliettes et celui qui apparait maintenant est nommé "rien à foutre"... On essaiera de faire peut-être mieux plus tard , poil au lard.
Par Samantha.c4 le Samedi 1er novembre 2008
C'est fou de se rendre contre qu'on peut atteindre de tels sentiments devant certaines créations. C'est impressionnant.

Mais lui, l'autre là en haut, l'est beaucoup moins.
Par Lichtgestalt le Samedi 1er novembre 2008
Splendide univers que le tien, où l'on se perd avec plaisir. Je n'ai hélas pas ta verve, ni ta propension à l'exaltation des sentiments, ni ta pureté de style, cela dit je suis heureuse d'avoir pu frôler du bout des doigts, l'espace d'une fraction de seconde, la béatitude sans nom qui coule entre tes lignes.

Si je puis me permettre de contredire kaos, je trouve également ton sens de l'ironie et de la répartie tout à fait admirable. Tu m'as l'air d'un personnage caustique à l'excellent potentiel surréaliste, doté d'une sensibilité peu commune et d'un talent indiscutable pour mettre en mots ces sentiments et leur complexité.

Tout ça pour te dire que je suis heureuse d'avoir été découverte par toi =).
Par ducon le Dimanche 2 novembre 2008
putain ce que tu peux puer la connerie et la suffisance.... Tu
Viens dans ma bande je te nomme bouffon royal !!!
Par Plaiethore le Dimanche 2 novembre 2008
Samantha, oui, je suis le premier à être abasourdi par tant de pouvoir et j’entends fort bien ta réflexion sur celui qui nous aurait créés si vilement, si petitement, c’est-à-dire à son image comme l’aiment à croasser les sottes grenouilles.

Fraülein Jack, moi qui ai perdu mon âge au fond d’un bois... Bon ! Je viens chez vous...
Par Plaiethore le Lundi 3 novembre 2008
ducon le bien nommé, je suis désolé de te décevoir, mais je n'ai pas les capacités en connerie qui me donnerait l'intégration à ton groupe. Je suis loin d'être à ton niveau, je l'avoue ; j'ai beaucoup trop étudié sur moi-même et sur les autres pour prétendre à cette promotion.
En parlant de promotion, pourquoi ne briguerais-tu pas toi-même le poste royal ? Tu me sembles pourtant prêt pour cette position. Allez mon gros, un peu de courage, tu vas y arriver tout seul comme un grand !
Par Eric LOW le Lundi 3 novembre 2008
je suis toujours étonné que des gens aient du temps pour venir sur des blogs uniquement pour insulter les auteurs !
si ça ne leur plaît pas qu'ils aillent voir ailleurs (là où on n'est pas !)
j'en ai eu aussi parfois des couillons comme ça : aucune importance ! (sinon celle qu'ils se donnent)
sur le texte (revenons au vrai sujet) : c'est 1 des pires énigmes qui nous soient posées ! & je n'ai pas de réponse : encore 1 commentaire inutile !
Par Plaiethore le Lundi 3 novembre 2008
Je ne peux considérer l'invraisemblable douleur que procure un certain bonheur comme une énigme cher Eric.
Lorsqu'elle arrive, je ne me pose pas de question, j'en fait le bouleversant constat en ayant le terrifiant espoir d'un encore aussi suppliciant. Je suis l'heureux martyr d'une vérité qui ne saurait dire l'exactitude :)
Par Lichtgestalt le Mardi 4 novembre 2008
Eh bien ma foi, espérons qu'il dure; en tout cas, je suis heureuse de voir que l'humus vraisemblablement fertile de l'Hadès contribue à le nourrir. Ton intérêt autant que tes propos me flattent et me ravissent, tant par leur fond que par leur forme. Cependant je m'excuse de l'exprimer si peu; comme je te l'ai dit, j'ai quelque difficulté à exprimer mes sentiments, notamment face à une création particulièrement plaisante, et si je ne commente pas tes productions, c'est tout simplement car elles me laissent sans voix.
Mais sache que je les aime, au sens le plus strict du terme. Et à tous les autres, tant qu'à faire.
Par Nina louVe le Jeudi 6 novembre 2008
émois
et moi, en ce qui concerne (brièvements ces comz pourries) j'fais comme dans les mauvais livres, je jette la jaquette et retourne la 4 ième couverture, face à terre.

émois donc. curieux que ça insulte des gens, le thème de la force et du bonheur. (me v'la qui en rajoute. je pense que je ne lirai plus vos commentateurs Plaiethore.)

ce texte m'interpelle. bien et vraiment. ces mots là ne sont ni d'un las ni d'un fat. ces mots arrivent enfin, comme ce sacré sentiment de oui, bon bonheur.

bonne nuit et à décembre...
Par Plaiethore le Jeudi 6 novembre 2008
Restons donc sur l'émoi Dame LouVe, et oui, mille fois oui, à décembre le bel !
Par with-the-light-out le Mardi 25 novembre 2008
Monsieur Poete .. tu fais parti de ceux dont les bouts d'articles m'enivrent toujours un peu .. mais dont la partie commentaire fait briller mes yeux de gamine d'un amusement sans comparaison .. ne cesse donc tu jamais de te chamailler ?

Mais elle est si jolie dans mes yeux .. la discrète à la table de verre ..
Par Plaiethore le Mercredi 26 novembre 2008
Petite Lumière, la chamaillerie reste un jeu pour moi, d'autant plus drôle lorsque je vois à quel point le sérieux bouffe les personnes qui se sentent visés par mes propos ou par un simple mot de salut...

Quant à la belle à la table de verre, elle est essence de vie. Le sérieux n'est plus de mise, il est amplement transcendé.
Par hékate le Lundi 15 juin 2009
Ah!Plaithore!...le bonheur?Votre Magicienne a écrit un poème parmis le tas de fatras des écritures qui traînent dans son antre,et ,elle eut l'audacieuse ,le cran d'aller là on l'on parque les fols, le lire,oui!...Et elle eut les tripes retournées de se voir là,jetée dans le cirque de sa propre folie :aller parler du "bonheur" à ceux qui l'ont perdu ,ou pas connu,et soumis à l'emprisonnement médicalisé.C'est sans commentaire!"C'est quoi le bonheur?" disait déjà le titre du poème.Je ne vais pas donner ici le texte en question,hormis un passage pour vous,comme ça ,un petit clin d'oeil:"Le bonheur est un voleur Il est là, tout d'un coup Comme un coup de couteau. Le coeur fait mal,c'est une blessure soudaine."...ce n'est pas le début du poème,ni sa fin...mais le bonheur vous dérobe toujours qelque chose,le cafard qu'on cache...le manque d'amour qu'on n'avoue pas!...etc.
Oui,je vous ai épinglé sur le fil d'archal,c'est un vol,on ne vole que ce qui plaît...si vous étiez courroucé,je serais courtoise et ne m'en offusquerais point,toutefois cela me semblait ne point déparer vos buissons d'orties...et vous paraissez agréer ma mention.Bien à vous Votre Hékate.
 

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