Mardi 18 septembre 2007




La mortification qui berce ne m'endort jamais
Je ne compte ni moutons, ni ponts, ni lignes à franchir

Je quitte le pâturage et gagne la vallée aux cent ravines
Nul besoin de prendre le train
Pour gagner les brouillards de campagne
Et la mousse poudrée des presqu'îles

Je prends respiration dans l'organisme marin
Je suis dans mes draps, dans mon eau saline
Et deviens coton, satin, plumes au vent

Les murs de ma chambre se bombent sous mon souffle
Ils deviennent voiles déchirées, mât rompu, coques effritées
De mes lèvres filent l'écume chétive
Car je sais que les vagues viendront frapper
Sans jamais être bues

Il y a peu de temps, je m'en souviens,
Hurlaient les fiers galériens
Les forçats volontaires de nos guerres

A présent les embarcations soufrées
Laissent ballants les rames et les bras exsangues
Ils sont sur le flux comme les membres gluants
D'une pieuvre éclatée, au sang parasité par les larmes,
Les cris haineux, puis horrifiés et enfin rendus



"Dada messe", Raoul Haussmann


Les mutilés auront les honneurs de leurs chairs recomposées,
D'un nouveau coït de leurs yeux dans leurs orbites lubrifiées,
D'un bel accouplement des oreilles à leurs conduits consentants,
D'un hymen sans honte des doigts à leurs mains crochetées

Le jus pourpre et salé, le sérum sanguinolent de destinée ordonnée
Quittera l'estuaire et remontera le cours des hampes,
Des flancs, des bedons, des reins et des gorges

On sortira les pieux de leur coffret de peau,
De muscles, d'artères et de merde apeurée

L'oiseau de fer regagnera son nid émetteur
La panse remplie de glaces à l'obus
Et de mignardises aux projectiles

La fonderie, noble et notable maison sera heureuse

Et l'homme se mettra à genoux
Pour pleurer son histoire et son âme
Et caresser son chien, gémissant le maître perdu à jamais

La mortification qui berce ne m'endort jamais
Je compte les moutons, les ponts et les lignes à franchir
Et j'entends déjà hurler les galériens de l'incessamment

                                                                                                                Plaiethore





[Parenthèse très actuelle : notre président de la république française, copinant comme cochon avec la  plus grande puissance mondiale a décrété qu'"un Iran doté de l'arme nucléaire était inacceptable" et proclamé "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".
Bah c'est vrai quoi, c'est bien de la justice humaine qu'il s'agit ! Certains ont le droit de mourir, d'autres ont le devoir de tuer ; certains ont le droit de ne pas s'armer, d'autres ont le devoir de sentence morbide sur les peuples...
Sonnez les clairons forçats de la république !]




Par dadahprod le Mardi 18 septembre 2007
Je ne commenterai pas ce poème, tout comme j'ai volontairement refusé d'argumenter vainement en faveur de l'Art dans un de tes précédents articles. Il est des choses que l'on ne peut décrire... soit pour cause d'ignorance (ici, nous parlerons aussi de sagesse), soit par lâcheté ou désintérêt ! Dans certains cas, mieux vaut s'abstenir...
Quant au zèle de notre très cher Président bien aimé que nous kiffons tous à donf' comme de joyeux fanfarons tricolores emplumés du derrière, moi je dis Sieg Heil ! En avant la milice ! Tortillons du cul et éructons nos bombes purificatrices !... Alors les bourges ? Prêts à aller combattre en Iran ? Envoyez donc vos fils kamikazes bouffer du barbu terroriste en babouches !... Un petit coucou à notre ami Georges W. qui est sur le point de battre le record de la guerre la plus minable de l'Histoire ! Vas-y mon grand, t'as déjà gagné !... Mais ne t'essouffle pas trop, tout de même !.........
Et pendant ce temps, le Parti Socialiste qui ramasse ses jupons en s’auto-flagellant à coups de serpillière !!! Miam !
Kiss !!! :)
Par Plaiethore le Mardi 18 septembre 2007
"Il est des choses que l'on ne peut décrire"... cela me parait être déjà un bel argument en faveur de l'art mon cher Dadah :) (me fait penser que je dois répondre à quelqu'un plus bas...)

Quant au devenir de l'Iran, les justificateurs onuesques et notre pacificateur Kouchnérien opportuniste me font frémir du derrière à les entendre parler de belle et grande négociation à entretenir, tentant de laisser croire aux fiers d'esprit patriotiques mondiaux que le devenir de certains pays ne sont pas encore écrits par les cols blancs crasseux des républiques tolérées, car justifiées. Ben voyons !

Et dans tout ça, qui se soucie de la véritable histoire du peuple iranien, d'une civilisation, qui chantait jadis le vin, les femmes et l'amour ? Qui ? Bordel à cul !
Les beaux occidentaux qui prétendent avoir eu révélation de la culture d'un pays en allant branler leur cerveau endormi sur le fauteuil d'un cinéma ? Les niais compréhensifs « parfaitement oui oui » d'une population dont la façon de vivre ressemble soi-disant en tous points à la notre ? Aux niais qui proclament le courage des femmes de ce pays, tout ça parce qu'une connasse a troqué son âme pour du fric en projetant en salle obscure le seulement millième de ce qu'elle aurait pu montrer ou dire des atrocités qui se déroulent dans « son » pays de naissance, de par sa nouvelle notoriété ? Aux béats écoutant les voix célestes du 7ème art qui se sont prêtées au mensonge par omission de cette repue de l’occident, de cette vendue aux saigneurs de l’ouest ? Putain !

Oui, je dérive mauvaise… mais dans le bon sens, celui de la réflexion désembuée de la médiatisation outrancière.

Dadah, j’apprécie ton commentaire, cela va sans dire ;)
Par azazel le Mardi 18 septembre 2007
bon moi j'ai rien à dire, t'as tout dit, je suis fan de ton texte, ouuh, tu m'épates et décoiffes...
salut toi mademoiseau et bises tempêtes.
Par maud96 le Mardi 18 septembre 2007
Du bel art, ce poème ! Tu tritures les mots aussi bien qu'un chirurgien sa charpie en temps de guerre !
Par Paracelsia le Mercredi 19 septembre 2007
Le pistil se déchaîne encore et toujours. Si il faut prendre les armes pour secouer de pauvres couillons aux bords du préipices de l'absurde fait Homme, je prendrais ma plume et courageusement la leur enfoncerais bien profond pour leur faire passer le goût de se moquer du monde dans l'éclat du sang.
Doux baisers.
Par que-vent-emporte le Mercredi 19 septembre 2007
Jules, qu'est-ce que tu as encore fait !
Ne va pas prendre ces quelques impressions pour une critique de ton poème, mais en te lisant, je remâche des souvenirs de salle de réveil. Maud a raison, ça sent la chirurgie à plein nez, tout ça.

Par lubna le Mercredi 19 septembre 2007
je préfère ce que content les vagues à ce que dégueulent les hommes
Par Plaiethore le Mercredi 19 septembre 2007
M'Azazel et Maud, merci et bisou en pot de décoiffure.

Madone Brune, je vous bise la plume :)

L'ami Jean, cela sent effectivement la salle de réveil, dans ces moments où mi-chose mi-animal, l'on se tâte les chairs pour savoir si tout est bien à sa place. Les questions du pourquoi, du comment viennent un poil plus tard.
Et puis, oui, Maud a raison, charpie, bouillie, chirurgie, boucherie, c'est bien de cela qu'il s'agit.

Lubnabella, tendre et violente amie, nous connaissons la mer toi et moi...
Par Plaiethore le Mercredi 19 septembre 2007
A plus tard vous tous. Mes journées, pour quelques temps vont être bien envolées.
Les soirées en perdition souhaitée seront mes amies.

Et puis, je viens de me rendre compte que j'avais écrasé Attila(e) ! Quelle heurosité de piétiner de la merde notoire de bon matin !
Par soft-snow le Jeudi 20 septembre 2007
J'voulais te remercier pour tes tags d'aujourd'hui, et au delà de ça, pour tes pensées, pour ton amitié, pour tes conseils et les magnifiques mails et com' que tu m'as pondu. Te remercier aussi de m'avoir fait pleurer de soulagement quand j'ouvrais tes messages en me disant que quelque part, quelqu'un comprenait enfin ce que je vivais et pourquoi j'écrivais. Cet article je l'avais lu sans trop comprendre, parce que je n'étais pas dans mon assiette (et alors ? je n'ai pas d'excuse). Et c'est Jean qui m'a dit ce qu'il en était tout à l'heure. J'ai relu, tout, les commentaires, l'article, tes tags, un mail de toi aussi, où tu me parlais de la force de l'amitié. Sache que je serai toujours là si t'as besoin, et ça n'a rien à voir avec le fait que j'écrive ou non un blog. Je ne voulais pas te faire de peine, vraiment ! Je voulais t'expliquer ce qu'il se passe en ce moment, mais au vu de tes propres soucis je crois que c'est de l'exagération. Je souffre pour rien, c'est un fait. Et j'ai plus envie de me plaindre parce qu'on va croire que je suis faible.
J'espère que tu vas mieux, que l'épisode de la salle de réveil était le dernier avant longtemps, et qu'on aura le temps un jour pour reprendre nos caînes de mails, parce que ça me manque à vrai dire.
Gros bisous
Par Plaiethore le Jeudi 20 septembre 2007
Ma très chère Soft-snow, l'épisode de la salle de réveil ne me concerne pas et ce texte est loin, très loin du coconing agaçant mais sécurisant dans lequel je me suis trouvé.

Je parle de guerre ici, de patriotisme mal placé, d'alliances de cols amidonnés, gras et au ras d'une touffe qui sent la mort d'une vieille qui se pisse dessus et la panse éventrée. Je parle de ceux qui ne savent pas, mais qui croient comprendre au seul visionage d'un film le courage et la similitude d'un peuple. Je parle de tous ces valeureux guerriers, prêts à se chier dessus devant leur premier mort "pour de vrai".

Je ne parle pas ici de moi, de ma vie, je parle de ce qui m'empêche de m'endormir le sourire aux lèvres, de LA vie avec laquelle on joue en plaçant les pions sur l'échiquier de la mégalomanie.

L'ange est mort avant l'âge de 3 petits ans (et encore !).
L'ange trucidé a compris une chose, il se nourrit de l'explication démultipliée. Rien ne pourrait lui faire plus de mal que ne pas comprendre.

Joli-Nom, je ne suis pas une pauvre et petite chose. Les douleurs sont arrivées, les mauvaises surprises également, mais dans ce boueux lot, il existe le plus important, l'envie, que dis-je la nécessité d'aller toujours de l'avant, se retournant parfois afin de ne pas reproduire certaines erreurs et... c'est tout.

Je veux que l'on cesse de me demander si je vais mieux, car je n'ai jamais dit que j'allais mal (ne le prends pas mal, surtout pas toi, mais s'il vous plait, indiquez moi une seule phrase qui le laisserait penser), tout comme je ne le fais jamais envers les personnes que j'apprécie. Ils vont et c'est cela qui m'importe. Tu suis ta voie, celle que tu as bien voulu me montrer. Alors, je te suis.

Mon mal de cœur exprimé chez toi aujourd'hui, faisait écho au tien. Bam Boum Bam Boum :)

T'embrasse avec toute ma tendresse la plus inspirée.
Par soft-snow le Jeudi 20 septembre 2007
L'essentiel oui, c'est d'aller :)
Merci de ta réponse.
Par que-vent-emporte le Jeudi 20 septembre 2007
J'en prends bonne note à mon tour.
Par azazel le Jeudi 20 septembre 2007
je passe par là , j'croyais que c'était un raccourci....bip, bip...
bises
Par Plaiethore le Samedi 22 septembre 2007
Merci l'ami Jean et bise BibipZazel !
Par Sophie K. le Dimanche 23 septembre 2007
Tu as mes bises à moi aussi, merci pour ton comm' chez nous... :)


Par Eric LOW le Samedi 29 septembre 2007
c'est 1 satisfaction vraie de s'attarder sur ton blog & quelques autres que je découvre en ce moment où des gens de bonne volonté revivifient le langage pour aller voir au-delà des vulgaires apparences
en gros : vive l'écriture ! & ceux qui écrivent (je ne cause pas des pisse-copie)
 

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