La mortification qui berce ne m'endort jamais
Je ne compte ni moutons, ni ponts, ni lignes à franchir
Je quitte le pâturage et gagne la vallée aux cent ravines
Nul besoin de prendre le train
Pour gagner les brouillards de campagne
Et la mousse poudrée des presqu'îles
Je prends respiration dans l'organisme marin
Je suis dans mes draps, dans mon eau saline
Et deviens coton, satin, plumes au vent
Les murs de ma chambre se bombent sous mon souffle
Ils deviennent voiles déchirées, mât rompu, coques effritées
De mes lèvres filent l'écume chétive
Car je sais que les vagues viendront frapper
Sans jamais être bues
Il y a peu de temps, je m'en souviens,
Hurlaient les fiers galériens
Les forçats volontaires de nos guerres
A présent les embarcations soufrées
Laissent ballants les rames et les bras exsangues
Ils sont sur le flux comme les membres gluants
D'une pieuvre éclatée, au sang parasité par les larmes,
Les cris haineux, puis horrifiés et enfin rendus

"Dada messe", Raoul Haussmann
Les mutilés auront les honneurs de leurs chairs recomposées,
D'un nouveau coït de leurs yeux dans leurs orbites lubrifiées,
D'un bel accouplement des oreilles à leurs conduits consentants,
D'un hymen sans honte des doigts à leurs mains crochetées
Le jus pourpre et salé, le sérum sanguinolent de destinée ordonnée
Quittera l'estuaire et remontera le cours des hampes,
Des flancs, des bedons, des reins et des gorges
On sortira les pieux de leur coffret de peau,
De muscles, d'artères et de merde apeurée
L'oiseau de fer regagnera son nid émetteur
La panse remplie de glaces à l'obus
Et de mignardises aux projectiles
La fonderie, noble et notable maison sera heureuse
Et l'homme se mettra à genoux
Pour pleurer son histoire et son âme
Et caresser son chien, gémissant le maître perdu à jamais
La mortification qui berce ne m'endort jamais
Je compte les moutons, les ponts et les lignes à franchir
Et j'entends déjà hurler les galériens de l'incessamment
                                                                                    Plaiethore
[Parenthèse très actuelle : notre président de la république française, copinant comme cochon avec la plus grande puissance mondiale a décrété qu'"un Iran doté de l'arme nucléaire était inacceptable" et proclamé "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran".
Bah c'est vrai quoi, c'est bien de la justice humaine qu'il s'agit ! Certains ont le droit de mourir, d'autres ont le devoir de tuer ; certains ont le droit de ne pas s'armer, d'autres ont le devoir de sentence morbide sur les peuples...
Sonnez les clairons forçats de la république !]


Quant au zèle de notre très cher Président bien aimé que nous kiffons tous à donf' comme de joyeux fanfarons tricolores emplumés du derrière, moi je dis Sieg Heil ! En avant la milice ! Tortillons du cul et éructons nos bombes purificatrices !... Alors les bourges ? Prêts à aller combattre en Iran ? Envoyez donc vos fils kamikazes bouffer du barbu terroriste en babouches !... Un petit coucou à notre ami Georges W. qui est sur le point de battre le record de la guerre la plus minable de l'Histoire ! Vas-y mon grand, t'as déjà gagné !... Mais ne t'essouffle pas trop, tout de même !.........
Et pendant ce temps, le Parti Socialiste qui ramasse ses jupons en s’auto-flagellant à coups de serpillière !!! Miam !
Kiss !!! :)