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Celà fait de nombreuses nuits que je sillonne ma ville, toujours à la même heure. Il est quatre heures trente du matin.
Je marche depuis quarante minutes environ. Il me faut ce temps pour atteindre depuis chez moi le lieu. Elle m'attend. Je dois presser le pas.
C'est lors d'une déambulation nocturne, grisante et solitaire que j'ai trouvé le porche. Le porche et la créature qui y vit.
Je ne saurais pas dire pourquoi cette première nuit je me suis arrêté devant cette immense grotte qui borde l'avenue Jean-Antonin Doryphore. Ni vous dire pourquoi je me suis senti happé par cette obscurité. Ni pourquoi j'ai senti cette présence noire et froide qui m'a fait lever les yeux vers la voûte.
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"Galerie Obsolete 021", Jason Felix
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Je n'ai d'abord aperçu que deux étranges lueurs d'une couleur bleue délavée qui clignotaient doucement. J'ai ensuite vu les contours de mon amie. A peu près de ma taille, elle était arrimée à une aspérité, la tête en bas, les ailes le long de son corps gracile. Elle me fixait, sans me donner l'impression de me voir, ni de m'entendre.
C'était à présent sa beauté qui m'aspirait et me tenait cloué au sol, au dessous d'elle.
J'ai pu détailler, au fur et à mesure que mes yeux s'adaptaient à la faible clarté, les détails de sa morphologie, imaginer la douceur duveteuse de son corps et la fragilité de ses ailes.
La première nuit, je n'ai pas parlé. Je me suis contenté de la regarder.
Sans savoir, je comprenais. Je ne veux pas savoir, je veux comprendre.
Le silence de notre premier échange était seulement rompu par le miaulement des chattes brûlantes et par le bruit glougloutant du pet d'un chien errant.
Je restais ainsi, silencieux et contemplatif, durant une bonne demi-heure. La ville entreprenait son réveil. J'entrepris mon départ.
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Plaiethore

