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Ce matin dés l'aube, à l'heure où blanchit la crasse urbaine, j'ai voulu rendre un dernier hommage à Madame Chixx.
Je me suis donc rendu au cimetière pour la visite de sa dernière demeure.
Madame Chixx, fidèle encore aux délicatesses et aux fins effluves de son vivant, m'indiqua facilement le chemin.
Sa tombe était jonchée de fleurs fanées et les vases les recueillant, contenaient l'eau croupie qui me fit penser à un jus mortuaire.
Le ciel était très bas, les brumes matinales encore épaisses, les lieux désertés par les hommes et les rats, nombres de stèles à  l'abandon, et ça et là des restes de pique-niques dominicaux.
Une ambiance des plus oppressantes, Ã l'instar de celle de ma cage d'escaliers (les rats en plus cependant).
Sacrée bonne femme. Toujours égale à elle-même et si soucieuse du style horrifique et angoissant qui caractérisait son regretté charisme.
J'ai d'abord lu sagement les messages des rubans de couronnes. Et j'ai du combattre un début de rictus qui commençait à torturer mes zygomatiques.
Je contemplais ensuite longuement les photographies sous cadres de plexiglas fixés par des vis à même la stèle (étrange…).
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"Bethleem, Pennsylvania", Walker Evans
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Ici, Madame Chixx, au moins une vingtaine d'années auparavant, là Moufle, son défunt chien et ambigu ami.
Le rictus devenait insupportable. Je me sentais faillir et défaillant. Je ne pourrai plus tenir bien longtemps.
Je tournais alors le dos à mon ancienne voisine de palier.
Je levais les yeux au firmament. Un rayon de soleil tentait de faire déchirure dans cette toile moite.
J'ôtais mon béret, que je porte seulement en l'honneur de certaines personnages.
Puis, sans savoir pourquoi, je compris qu'un de mes lacets de chaussures avait déliré en chemin.
Courroucé, je m'accroupis alors, afin de sermonner comme il se doit l'attache facétieuse.
Et là , un sourire béat vint violemment anéantir cette saleté de rictus et je pus enfin me délivrer et…
péter bruyamment sur la stèle.
Bien sûr, on pourrait me reprocher cette discrétion sournoisement mise en scène, puisque le cimetière était désert. Oui, mais je respecte les morts et leur silence moi ! Ensuite, parce que je suis espionné actuellement, la police scientifique ayant investie la cave de mon immeuble.
Bref.
Je me levais et sans me retourner, je pris le chemin de la ville.
Le sourire ne m'a toujours pas quitté à cette heure.
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P.S.   Oui, je sais, je suis un fier et ignoble crétin, mais je tiens à préciser que l'on m'a plus ou moins obligé à commettre cet acte barbare. Mais je promets de tenter de relever le niveau à la prochaine écriture… quoique, j'ai tout de même trouvé que l'essence expulsée était d'un excellent niveau.Â
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Bisou !