Samedi 16 juin 2007



Quand j'étais un chieur en culotte pas si courte, un de mes jeux favoris était d'écraser avec la pulpe de l'index une multitude de minuscules araignées rouges.
J'adorai alors laisser exprimer tout un art enflammé, consistant à tracer de fines lignes d'écrabouillures aux couleurs vives. Des droites, des longues, des courtes, des courbes, des brouillées… Le résultat qui s'étalait au soleil sur marches d'escaliers ou murets de béton ou de pierres polies par les ans était un véritable ravissement, une incontestable jouissance de création suprême.
Le fait de ne pas entendre la seule expression de douleur de la part de l'insecte, artiste malgré lui et manipulé dans l'irrespect le plus total me donnait une sensation vertigineuse de magnifique domptage sur la nature.

J'ai besoin. J'ai besoin aujourd'hui de retrouver ces minuscules acariens / arachnides rouges. Une exigence irrépressible.
Je pars donc quelques temps afin d'en capturer une quantité satisfaisante à la confection d'une toile, qui s'agrémentera également de quelques bouillies calculées – ou non – d'autres êtres éphémères, ailés, à pattes agiles et multiples, à carapace de paille, aux yeux exorbités.
Il faut que je cueille aussi une foultitude de pétales de mes fleurs préférées, les coquelicots, que je les torture une fois encore, pour en faire une mixture ensanglantée et bucolique.

J'ai besoin aussi de faire blanchir la raie de mes fesses, trop foncée à mon goût (j'appellerai pour cela Michael), j'ai envie de jouer à saute-connards dans des soirées mondaines, je chercherai mon béret, je veux me payer une suite dans un palace durant 3 jours et interdire à la femme de chambre de faire le ménage, je veux mâcher des feuilles d'eucalyptus dans les forêts de l'île de Porquerolles, je veux fumer des cigarettes de contrebande sur les plages surveillées par des renards en képis, j'ai envie de commander du homard en sauce grasse pour le seul plaisir de constater que le plat refroidit à vitesse grand V et de le repousser d'un air des plus dédaigneux, j'ai envie de me taper la discute avec la pute – à qui un soir j'ai baisé la main en lui disant qu'elle était la plus belle des humaines de ce bouge qui a pour nom « Bar du Marché » - de cet estropié de « Robert baveux plein de pognon sur son fauteuil roulant », j'aimerais bien également rencontrer de nouveau le sosie d'Antonin vers l'âge non édenté de ses 25 ans et oser enfin lui parler de mots qui n'ont absolument aucun sens, tant qu'ils sont étalés dans le monde commun de ceux qui ne se parlent plus.

J'ai besoin. J'ai besoin.

Rien de bien extraordinaire pourrait-on me dire, mais mon besoin se situe au dessus de cela.

Besoin aussi de vous parler du Grand Gaudi et du pourquoi de son appétence à l'inclinaison des piliers de ses constructions, dés mon retour, dés mon retour.


Dessin original de GAUDI de la façade de la Passion

A la mort de Gaudi, renversé par un tramway le 7 juin 1926, on a trouvé ce dessin plié en quatre dans sa poche.

Je vous dis à bientôt et bien à vous.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Plaiethore.


Par mania-que le Samedi 16 juin 2007
Moi aussi j'écrabouillais ces ptites bêtes rouges pour en faire des jolis dessins par terre ^^
Bonne journée =)
Par Plaiethore le Samedi 16 juin 2007
Bonne journée alors soeur d'art terrestre :)
Par maud96 le Samedi 16 juin 2007
J'ai visité Barcelone il y a 4 ans, et les surprises que Gaudi y a laissées... Le parc-jardin fou de Guell et le dragon, l'église forêt vierge... tout Barcelone est passionnant. Bon repos et bonnes vacances : que ce fou de Gaudi t'inspire des textes aussi fous que lui !
Par Plaiethore le Samedi 16 juin 2007
Merci chère Maud, je ne manquerai pas tes conseils :) Bise.

J'ai faim !
Par soft-snow le Samedi 16 juin 2007
Une sorte de besoin impérieux de vivre, en somme, de cramer les lignes du temps et de profiter :)
A bientôt !
Et bisous
Par loopie-appleface le Samedi 16 juin 2007
Je les connais, ces minuscules araignées, elles me rappellent également des taches sur les doigts. Les pierres chaudes, suivez les pierres chaudes, le grès exposé au soleil toute une après-midi. Suivez ses pierres et approchez vous à l'extrême du caillou. Je pense qu'elles seront au rendez vous.
Par contre, si petites qu'ils faut parfois s'y reprendre à deux fois pour les écraser totalement, Il faudra s'armer de patience pour s'en faire une collection. Si elles se laissent écraser sans broncher, elles ne sont pas de celles qui se laissent attrapper.

Bonne chance, Sieur Plaiethore. Bonne pêche.
Par que-vent-emporte le Samedi 16 juin 2007
Toi, tu n'aimes pas les animaux. Les chiens, les baleines, et maintenant les araignées rouges... Tu n'as jamais conduit de tramway dans une vie antérieure ?
Par CENDRE le Dimanche 17 juin 2007
Les culottes roses c'est pour le culottés ! Comme toi cher Plaie qu'a pas tort ...
Par Philippe K le Mardi 19 juin 2007
Et les culottes vert pomme ?
Par lubna le Mardi 19 juin 2007
ne m'écrabouille point au passage , je ne suis qu'une petite vermine la plaie !
te bisouille majestueusement la peau du front
Par collee.a.la.bouche le Mercredi 20 juin 2007
les artistes du land art utilisaient la nature qu'ils les entouraient pour creer leurs oeuvres, en traçant des lignes, des spirales, de frontieres avec des branches, de la neige, du pollen, en tournant en rond pendant des heures ils créaient des frontieres imaginaires entre leur corps et la nature.
serais tu un precurseur d'un nouveau genre? un nouvel mouvement artistique? un land art qui s'approche plus de la boucherie que de l'ecologie?
=)
Par Plaiethore le Jeudi 21 juin 2007
Je ne suis pas en mesure encore de le dire ;)
Par lubna le Jeudi 21 juin 2007
et les filles qui en portent point, c'est quoi ?
Par Margritis le Jeudi 21 juin 2007
Ce sont des filles qui se tressent de façon lubrique ...
Oui. Elles se coiffent en couinant.
Par Margritis le Jeudi 21 juin 2007
:)
Par Plaiethore le Vendredi 22 juin 2007
Ah bon, et bien il va falloir que j'apprenne à faire des tresses alors... :D
Par Marko.N.A le Vendredi 22 juin 2007
Que c'est bon de revenir se rouler dans la fange de tes mots, de se faire plaquer à 2 mètres de la ligne d'essai,
Avé, Plaithore.
Par soft-snow le Lundi 25 juin 2007
S'il-te-plaît reviens vite
Par que-vent-emporte le Lundi 25 juin 2007
Je t'ai demandé de me donner de tes nouvelles; c'était sérieux, pas simplement une façon de parler. Alors ?
Par lubna le Mardi 26 juin 2007
vous êtes bien culotté la Plaie de parler de culottes roses alors que les pétales se fanent au soleil.
lubnatiquement vôtre, je vous bise !
Par Plaiethore le Mercredi 27 juin 2007
L'ami Jean, je vais bien, je te remercie, vraiment.
J'ai l'étrange impression que ma sardine ressort lombric se promène dans les méandres de mon cerveau et qu'elle s'amuse à faire frétiller mes humeurs les plus colériques, mais, mais, mais, je vais bien :)

Joli-Nom et Lubna, je reviens bientôt, promis, cette fois-ci pour faire sécher les culottes et non les pétales :D
Par Cendre le Mercredi 27 juin 2007
A ta sangT des contraires. Comme tu étais mignon étant petit...
Par lubna le Jeudi 28 juin 2007
je porte pas de culottes, c'est pour les grands mères et j'aime pas le rose ! Na ! lub qui te bise
Par Plaiethore le Jeudi 28 juin 2007
Ma chère Lubna, nous avons donc le même secret :)
Avec mon arrière grand-mère d'ailleurs, qui travaillant sur les marchés d'antan et portant de larges jupes, n'avaient qu'à écarter discrètement les jambes et faire pipi dans le caniveau. Véridique :D
Par L. Eliot le Jeudi 28 juin 2007
moi ce sont les moustiques en quatrième de couverture. une collection.

ta liste de courses est très stimulante
Par lubna le Vendredi 29 juin 2007
la plaie serions nous de la même époque ?
tendez l'oreille que je vous dise :
ici par chez moi, j'ai vu une femme faire pipi debout comme vous l'avez décrit, non ce n'était pas vôtre arrière grand maman, ni la mienne par ailleurs , je crois que c'était un croisement d'une chèvre et d'un chou :o)
oui dans ce trou du cul du monde, les saisons sont plus lentes à passer...
et certaines consanguinités n'arrangent pas le temps.
quoi que sans culotte, l'air est toujours frais.
je cesse mes divagations matinales.
vous bise tonitruant !
portez vous au mieux !
Par azazel le Samedi 30 juin 2007
t'es pas près de rentrer au gouvernement toi, trop de délires, faut courir droit,t'as pas compris ou alors trop bien...
bises d'une ancienne comateuse.
Par Plaiethore le Samedi 30 juin 2007
Certains d'entre nous l'ont trop compris... Tant mieux !
Par maud96 le Samedi 30 juin 2007
Je vais passer du Monbazillac (c'est sans le "t" de mont que çà s'écrit...bizarre !) au cidre "Loïc raison" : c'est moins fort, moins cher et il y a des bulles ! 10 jours dans une carrière avec les lapins et les faisans ! Bon repos..., avec de jolies ballades j'espère !
Par valtiel le Mercredi 4 juillet 2007
On aurait dit un jour sans, un jour où l'on se lève du pied gauche.
Je vais de ce pas me plaindre à la SPA.^^
Par Niko Krapo i2 le Dimanche 14 juin 2009
Je ne sais pas encore quoi dire, pas encore… j’ai croisé J.P.W… mais ce n’était pas dans une morgue… pas encore… et d’autres… surtout ceux-là…

@bientôt... bien à toi
Par hékate le Mardi 16 juin 2009
J'avais cru laisser un commentaire sur ce Gaudi...L'ai-je rêvé?...Perdu?...oui,ça m'arrive souvent d'égarer des messages...J'aime Gaudi,j'étais allée à Barcelone,il y a des années!...
 

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