« J’ai envie de t’avouer quelque chose. Mais j’ai peur que tu me trouves stupide ou prétentieuse ».
« Parle. Tu sais bien que je t’écouterai sans te juger… Allez ! Je t’en prie ! »
…
« Picasso est le début de ma conscience ; je ne peindrais pas comme je le fais si Picasso n’avait existé. J’ai toujours senti que quelque chose d’intime se passait entre lui et moi… C'est mon Amoureux, mon Amant. J’aurais dû le rencontrer, j’aurais dû le connaître. Nous aurions pu peindre ensemble… C’est sûr !
Et maintenant, j’ai l’impression que je serais capable de compléter ou de terminer certaines de ses toiles… Je saurais faire ce travail… Mais je ne le peux pas… Il n’est plus là . Et ça fait chier ! »
Et l’eau salée fit brièvement briller la profondeur des prunelles claires de mon amie.
Et prise de douce transe, sa main aux longs et fins quintuplés mima les coups de pinceau qui remplissaient les espaces que Picasso aurait laissés à son intention. L’essence même de son travail prenait consistance invisible en volutes spirituelles, surnaturelles.
Et les yeux de Jacqueline, éternelle assise dans son fauteuil, firent plus que jamais vibrer les cordes de la vie.

« Parle. Tu sais bien que je t’écouterai sans te juger… Allez ! Je t’en prie ! »
…
« Picasso est le début de ma conscience ; je ne peindrais pas comme je le fais si Picasso n’avait existé. J’ai toujours senti que quelque chose d’intime se passait entre lui et moi… C'est mon Amoureux, mon Amant. J’aurais dû le rencontrer, j’aurais dû le connaître. Nous aurions pu peindre ensemble… C’est sûr !
Et maintenant, j’ai l’impression que je serais capable de compléter ou de terminer certaines de ses toiles… Je saurais faire ce travail… Mais je ne le peux pas… Il n’est plus là . Et ça fait chier ! »
Et l’eau salée fit brièvement briller la profondeur des prunelles claires de mon amie.
Et prise de douce transe, sa main aux longs et fins quintuplés mima les coups de pinceau qui remplissaient les espaces que Picasso aurait laissés à son intention. L’essence même de son travail prenait consistance invisible en volutes spirituelles, surnaturelles.
Et les yeux de Jacqueline, éternelle assise dans son fauteuil, firent plus que jamais vibrer les cordes de la vie.

"Jacqueline assise dans un fauteuil", Pablo PICASSO 1964
Et les morts huilés de Cézanne, dont je ne comprendrais jamais comment le génie, colorant ses périodes hétéroclites du verbe Être comme un « animal en rut » avait pu en tomber sous l’admiration, restaient inexorablement morts, les yeux cirés à plat, le mouvement jamais rendu, la peau jamais palpitante et me donnaient encore et toujours l’envie de me pendre, un crochet de boucher ignare planté dans ma gorge.
« Ni stupide, ni prétentieux, c’est magnifique ce que tu dis. Je vais l’écrire ».
« Mais ! Tu m’emmerdes avec ça ! »
« Je ferai de toute façon ce que je veux ; je te préviens seulement »
Avec douceur… « Oui, je le sais. Fais donc ce que tu veux ».

