Produit fabricant transformé en produit fabriqué
Tout le monde connaît la célébrissime Joconde de Léonard de Vinci.
Certains connaissent l'image d'une Mona Lisa affublée d'une moustache et d'un bouc et en ont ri volontiers.
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Mais combien savent le pourquoi, le comment, le par qui ?
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La Joconde aux moustaches est l'œuvre de Marcel Duchamp. Il s'agit de sa reproduction interprétée et irrévérencieuse de cette icône de la peinture, en format carte postale.
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Les dadaïstes ont reconnu leur concept d'anti-art dans les ready-mades (objets utilitaires introduits dans le domaine de l'art et de l'esthétique) de cet artiste. Mais contrairement au mouvement de Zurich, Duchamp ne souhaitait pas se dresser contre l'art en soi, le détruire ou bien le ridiculiser . Duchamp a voulu poser des questions, en s'adressant à une peinture traditionnelle épuisée. Il a titillé le folklore poussif pour en sonder les limites.
Duchamp, dans un premier temps, a rompu le mythe du créateur romantique en montrant que tout objet courant et fonctionnel, tout produit de fabrication massive (le porte-bouteille, l'urinoir ou la fontaine…) pouvait par la simple décision ou l'autorité de l'artiste être promu au rang d'œuvre d'art. Il aura prouvé la suprématie de celui qui crée par simple ordonnance ou « crachat », en hissant la provocation, typiquement dadaïste, sur les socles des plus grands musées.
 
A présent le pont étant jeté, tentons de saisir l'idée de Marcel Duchamp.
Considérons donc La Joconde de Léonard de Vinci, non comme un produit de fabrication de masse, mais comme un produit fabricant la masse populaire de par sa célébrité…
Il n'y a alors plus qu'un petit pas dadaïste à faire pour transformer le produit fabricant en produit fabriqué...
Vous me suivez ?
Duchamp alors reproduit sans considération la Joconde et l'affuble de fines moustaches daliniennes et d'un bouc, affirmant et grandissant ainsi son concept du ready-made par le biais de la très commerciale carte postale.
Vous avez maintenant compris. Ceci est une affirmation que je me donne.
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Et l'humour dans tout ça ? N'oublions pas l'humour.
Lorsque Marcel Duchamp dessine des moustaches à Mona Lisa, il anéantit avec cette arme de destruction massive - là encore - la barrière des sexes.
En effet, dans la littérature consacrée à l'art, ce geste a toujours été interprété comme un rappel des dadaïstes aux spéculations tournant autour de l'homosexualité de Léonard de Vinci.
Marcel Duchamp a d'ailleurs parsemé tout au long de ses œuvres des allusions sexuelles, déguisées ou non. L'étrange série de lettres apparemment dénuée de sens, inscrite au bas du tableau : « L.H.O.O.Q. », fait partie de cette drôle de manie de l'artiste.
Si on lit les lettres rapidement, voici la phrase que l'on entend :
« Elle a chaud au cul » !
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Riez maintenant, car vous savez.
L'humour est aussi un concept que l'on doit comprendre depuis sa source.


En fait, c'est surtout parce que ton article me rappelle une expérience qui m'est arrivée l'an passé à Taiwan...
En cours de "représentation visuelle", j'ai du expliquer à tous mes petits camarades ce que signifiaient les cinq lettres inscrites au bas de l'image de la femme à barbe... Je m'en suis vu pour décrire cette expression sans trop entrer dans les détails vulgaires... Au final, tous le séminaire était hilare !... Et le pauvre petit français timide que je suis a une fois de plus été pris pour un sacré coquin ^^